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Moyen-Orient

Syrie : Erdogan assure à Macron qu'Ankara "ne convoite pas le territoire d'un autre pays"

© AFP (archive) | Le président Macron avait mis en garde, mercredi 31 janvier 2018, la Turquie contre toute velléité d'"invasion" de la Syrie.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 04/02/2018

Le président turc a affirmé à son homologue français, qui avait mis en garde la Turquie contre toute velléité d'"invasion" de la Syrie, que les opérations turques dans ce pays visaient uniquement à lutter contre des "éléments terroristes".

Lors d'une conversation téléphonique, le président turc Recep Tayyip Erdogan a tenu, samedi 3 février, à rassurer son homologue français Emmanuel Macron sur la nature des opérations de l'armée turque en Syrie.

Selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle turque Anadolu, il a notamment assuré au président français qu'Ankara "ne convoitait pas le territoire d'un autre pays". Il a ajouté que l'opération en cours "ne visait qu'à nettoyer" la région d'Afrine, dans le nord de la Syrie, "des éléments terroristes", telles que les Unités de protection du peuple (YPG).

L'armée turque et des rebelles syriens ont lancé, le 20 janvier, l'opération "Rameau d'olivier" visant à déloger de l'enclave syrienne d'Afrine les YPG, accusées par Ankara d'être la branche en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie, les États-Unis et l'Union européenne (UE).

La mise en garde de Macron

Le président Macron avait mis en garde, mercredi, la Turquie contre toute velléité d'"invasion" de la Syrie, des propos qui avaient suscité l'ire des responsables turcs. Pour les Occidentaux, les YPG ne sont pas un groupe terroriste et elles se sont même révélées être de précieuses alliées dans la lutte contre les jihadistes de l'organisation État islamique (EI).

En réponse, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu avait fustigé cette mise en garde, affirmant que la France et d'autres pays n'avaient "pas de leçons à donner" à la Turquie.

"Nous ne sommes pas la France, qui a envahi l'Algérie", avait-il ajouté. "Les pays comme la France, sur ces sujets, n'ont pas de leçons à nous donner."

Sept soldats turcs tués samedi dans le nord de la Syrie

Sur le terrain, la journée de samedi fut la plus meurtrière pour l'armée turque depuis le lancement de cette offensive en Syrie. En effet, sept soldats turcs ont été tués, samedi, dans le nord du pays, dont cinq dans l'attaque d'un char, a annoncé l'armée turque dans un communiqué. Les cinq militaires étaient tous dans le blindé quand celui-ci a été touché, dans le nord-est de la région d'Afrine.

Elle avait auparavant fait état de la mort d'un soldat, samedi, dans des affrontements avec des combattants kurdes et d'un autre dans une attaque dans la province frontalière turque de Kilis. En incluant les décès de samedi, quatorze soldats turcs ont perdu la vie depuis le 20 janvier.

L'armée turque affirme avoir riposté avec des frappes aériennes, détruisant des refuges et des caches d'armes.

Ibrahim Kalin, porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, a ajouté, samedi, lors d'une rencontre avec des journalistes à Istanbul, que l'opération se déroulait comme prévu, mais qu'il n'y avait pas à ce jour de calendrier établi.

Si Ankara assure que quelques 900 combattants des YPG ont été tués en quinze jours d'opération, un chiffre qu'il n'est pas possible de vérifier de façon indépendante, des analystes et observateurs sur le terrain affirment que la Turquie n'a à ce jour pris le contrôle que de quelques parcelles de territoires autour de la frontière, sans approcher de la ville d'Afrine.

Avec AFP

                 

Première publication : 04/02/2018

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