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Economie

Correction, krach ou "bear market" : des gros mots pour grands maux boursiers

© Spencer Platt, AFP | La Bourse de New York a baissé de plus de 10 % depuis lundi 5 février.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 10/02/2018

La Bourse de New York a perdu un peu plus de 10 % en une semaine. Un chiffre qui peut sembler impressionnant, mais qui est encore loin de constituer un krach boursier. Explication des différentes séquences des bourses en baisse.

Krach, "bear market" (marché baissier), panique, ou encore correction. Depuis lundi 5 février, les qualificatifs pleuvent pour désigner les turbulences boursières qui secouent les marchés financiers mondiaux, à commencer par la Bourse de New York.

La semaine a débuté avec le spectre d’une crise financière alors que Wall Street enregistrait lundi la pire perte, en points, de son histoire. Rapidement, le cours s’est stabilisé, éloignant le risque d’une débâcle généralisée, mais une nouvelle contre-performance, jeudi 8 février, a rebattu les cartes.

Difficile de concevoir, pour l’œil non averti, que, malgré les records à la baisse que Wall Street a enregistrés, analystes, banquiers et économistes persistent à parler d’une simple "correction"et non d’un krach, qui correspond une chute violente et rapide d’un indice boursier.

>> À lire aussi : "Bourses : VIX, 'l'indice de la peur' qui affole Wall Street"

Il y a, en fait, une simple explication technique à cela : les conventions boursières veulent qu'une baisse comprise entre 10 % et 20 % soit considérée comme une "correction", sans krach boursier à l’horizon. Malgré les titres alarmistes des médias, les chutes cumulées de lundi et jeudi à la Bourse de New York ont été de 10,3 %. Rien à avoir, par exemple, avec le krach de 1929, lorsque le Dow Jones avait dégringolé en deux jours de 25 %.

Le spectre du "bear market"

Le terme de correction est d’autant plus approprié qu’il existait effectivement une situation à corriger. Les marchés financiers avaient été calmes depuis trop longtemps (365 jours sans une baisse de plus de 5 %) permettant aux actions des entreprises cotées d’atteindre des hauteurs trop déconnectées de la réalité de leurs chiffres d’affaires. L’écart entre leur valeur boursière et leurs revenus n’avaient pas été aussi important depuis l’éclatement de la bulle des subprimes, a établi le prix Nobel d’économie américain Robert Schiller.

Mais une correction peut rapidement se transformer… en "bear market". Et c’est la crainte actuelle des investisseurs. Ce terme correspond à un "consensus vendeur" ou, pour le dire autrement, à la décision d’une majorité des acteurs du marché qui se débarrassent, au même moment, de leurs actifs. Pour l’observateur non initié, c’est la panique boursière. Qui se transforme en krach, s’il se produit en très peu de temps.

Un "bear market" débute lorsque la Bourse chute de plus de 20 % sur une période de deux mois. Ces phénomènes sont rares et peuvent entraîner des crises de grandes ampleurs. La banque d’investissement en a compté 25 depuis le krach de 1929. Le plus célèbre de ces dernières années a duré de 2007 à 2009 (crise des subprimes), lorsque la Bourse de New York a perdu 50 % de sa valeur en deux ans et que la crise financière s’est abattue sur la planète.

Pour que la situation actuelle se détériore ainsi en "bear market", il faudrait que le Dow Jones chute encore d’environ 10 % d’ici à début avril, par rapport à son niveau actuel. La semaine qui vient de se terminer a prouvé qu’une telle dégringolade est bien vite arrivée.

Première publication : 09/02/2018

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