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Yaël Braun-Pivet appelle à "réinventer" le système carcéral

© AFP/Archives | Dans la prison des Baumettes le 6 novembre 2017

CASABIANDA (FRANCE) (AFP) - 

"Il faut réinventer le système carcéral" français actuel qui "ne marche pas", a jugé vendredi la députée LREM Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois de l'Assemblée nationale, lors d'une visite de la prison "ouverte" de Casabianda en Corse.

La députée est à la tête d'un groupe de travail, composé également notamment des députés Modem Erwan Balanant et LREM Caroline Abadie présents vendredi en Corse, qui réfléchit depuis novembre à des solutions alternatives pour réformer le système carcéral français. Des propositions seront faites d'ici la mi-mars dans le cadre de la loi de programmation de la justice.

"On veut essayer d'individualiser la détention" en fonction des peines et des profils des détenus "qui ne nécessitent pas tous d'être dans des prisons à sécurité renforcée", a expliqué à l'occasion de cette visite Mme Braun-Pivet, qui est également avocate et veut défendre "le rôle de la prison de mise à l'écart des personnes dangereuses pour la société" mais aussi son "rôle de réinsertion".

"On veut s'occuper des victimes de demain, des surveillants: dans ces prisons (ouvertes, ndlr), il y a très peu d'incidents, pas de violence", a de son côté souligné Erwan Balanant, rappelant qu'en France en 2007 "59% des détenus ont récidivé dans les cinq ans". "Cette désinsertion coûte énormément à notre société", a-t-il ajouté, dénonçant "un cercle vicieux criminogène".

Les trois députés ont visité vendredi la seule prison française dite "ouverte", à Casabianda, sur la côte orientale de la Corse, sans barreaux, murs d'enceinte ou miradors et où les détenus, qui travaillent aux champs, ont la clé de leurs cellules.

Surnommé "le Club Med des pointeurs" (des délinquants sexuels, en argot) par ses détracteurs, ce centre de détention qui accueille 71% de délinquants sexuels, s'étend sur 1.500 hectares d'espaces forestiers et agricoles. 85 des 124 détenus, sur 194 places que compte la prison, travaillent sur le domaine agricole, guident les brebis du pâturage à la traite dont ils ont la charge, font de l'élevage porcin, cultivent des olives et des immortelles -petites fleurs à l'odeur épicée- qui sont ensuite commercialisées.

Une trentaine de gardiens officient à Casabianda où les détenus ont accès à une plage, jouent à la pétanque ou au tennis et ont notamment le droit d'avoir un chat dans leur cellule.

© 2018 AFP