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Afrique

Le Cameroun instaure un couvre-feu par crainte d'une attaque des séparatistes

© Pius Utomi Ekpei, AFP | Des douaniers camerounais sur un pont suspendu faisant office de frontière entre le Cameroun et le Nigeria, le 1er février 2018.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 10/02/2018

Par crainte d'une "attaque imminente" de séparatistes au Cameroun, le gouvernement a instauré un couvre-feu dans ses régions anglophones. La crise qui agite ces zones depuis plus d'un an s'est peu à peu muée en conflit armé.

Le Cameroun a instauré un couvre-feu pendant une semaine dans ses deux régions anglophones en raison de menaces d"attaques imminentes" de sécessionnistes, selon une note interne émise samedi 10 février par le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo.

Le document décrète "l'instauration d'un couvre-feu total entre 20 h et 6 h" du matin dans les deux régions anglophones du pays, frontalières du Nigeria, où le gouvernement camerounais suspectent les séparatistes d'avoir établi leur base arrière.

Résistance sur Internet

Sur les réseaux sociaux, la nébuleuse sécessionniste camerounaise menace depuis plusieurs jours de troubler les célébrations du 11 février, date du référendum qui a réuni francophones et anglophones camerounais en 1961 et que Yaoundé a transformé en 1966 en "fête de la jeunesse".

Lors de son discours, le président Paul Biya a appelé les jeunes à être des "internautes patriotes" et à ne pas devenir "des relais naïfs pour des pourfendeurs de la République" sur les réseaux sociaux, où les séparatistes appellent régulièrement à un soulèvement.

Conflit armé

Les régions du nord-ouest et du sud-ouest regroupent les habitants anglophones, soit 20 % de la population camerounaise. Elles sont secouées depuis plus d'un an par une profonde crise sociopolitique, qui s'est peu à peu muée en conflit armé de basse intensité.

La situation sécuritaire dans les zones anglophones du Cameroun s'est considérablement détériorée depuis l'annonce fin janvier de l'extradition de 47 séparatistes arrêtés au Nigeria, dont leur leader Sisiku Ayuk Tabe.

Avec AFP

Première publication : 10/02/2018

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