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Moyen-Orient

#MosqueMeToo, le hashtag qui dénonce le harcèlement sexuel dans les lieux de culte musulmans

© Mahmud Hams, AFP | Chaque année, environ 2 millions de musulmans participent au pélerinage de La Mecque, dont un peu moins de 50 % sont des femmes.

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 12/02/2018

Sur Twitter, les témoignages de femmes musulmanes se multiplient. Sous le hashtag #MosqueMeToo, elles témoignent du harcèlement sexuel dont elles disent avoir été victimes notamment lors du hajj, le pèlerinage religieux à La Mecque.

Après #BalanceTonPorc et #MeToo, c’est #MosqueMeToo (#MosquéeMoiAussi) qui devient viral sur les réseaux sociaux. Lancé par la journaliste américano-égyptienne Mona Eltahawy, le hashtag est devenu le cri de ralliement de celles qui disent avoir été victimes de harcèlement sexuel pendant le hajj, le pèlerinage qui rassemble chaque année à La Mecque, en Arabie saoudite, quelque deux millions de pèlerins venus du monde entier. Parmi eux, un peu moins de 50 % de femmes.

>> À voir : Tacler le harcèlement, un hashtag à la fois

"J’ai partagé mon expérience après avoir été abusée sexuellement pendant le hajj en 1982, quand j’avais 15 ans, dans l’espoir d’aider les femmes musulmanes à rompre le silence et le tabou autour de leur expérience de harcèlement sexuel/abus pendant le hajj/oumra ou dans des endroits sacrés. Utilisons #MosqueMeToo", postait-elle sur le réseau social, le 5 février.

Son tweet n’a pas tout de suite déchaîné la Toile, ne générant que 417 retweets. Mais au fil des jours, les témoignages de femmes ayant subi des assauts pendant pèlerinage ou ans d’autres lieux saints de l’Islam, s’accumulent sur le fil.

"Je me suis sentie incroyablement violée, incapable de parler"

"J’ai été harcelée sexuellement quand j’avais 21 ans et que je faisais le tawaf [tour rituel autour de la Kabaa], juste là, dans l’endroit le plus sacré ! Le fait que ça se soit passé là, dans cet endroit censé être le plus saint et sécure des sanctuaires, m'a tellement affectée que je ne m’en suis jamais remise", a twitté une certaine @ZRaeesy, le 9 février.

"Une de mes amies a été attrapée pendant le hajj et quand elle s’est plainte, un autre pèlerin lui a dit de laisser tomber", a twitté Aisha Sarwari, une éditorialiste féministe pakistanaise. "Les musulmanes, comme toutes les autres femmes, subissent des harcèlements, mais quand cela a lieu dans un cadre religieux, on leur demande de se taire au nom d’une cause plus grande. C’est à la fois injuste et oppressif", poursuit-elle.

Le témoignage de la jeune femme d'origine pakistanaise Sabeeca Khan a aussi largement contribué à libérer la parole. Dans un long message posté sur son compte Facebook – aujourd’hui inaccessible –, la jeune femme raconte son traumatisme. Elle dit avoir senti quelqu’un lui pincer les fesses "de manière très agressive". "Je me suis sentie incroyablement violée, incapable de parler. Je savais que ça ne servait à rien de dire quelque chose parce que personne ne me croirait, à part peut-être ma mère." Son post a été partagé plus de 2 000 fois.

Ces différents témoignages ont déclenché une déferlante de messages de soutien et de solidarité, mais aussi, cela va sans dire, colère, insultes, menaces, mises en cause et accusations de mensonge.

Des dénonciations qui ne sont pas nouvelles

Combative, Mona Eltahawy, la première derrière #MosqueMeToo, a recensé sur Twitter la série de réactions négatives générées par son appel. "Je recense toutes les réponses. 1. Tu es trop moche pour être agressée. 2. Tu es payée pour dire ça. 3. Tu cherches juste à être célèbre. 4. Tu veux juste de l’attention. 5. Tu veux détruire l'islam. 6. Tu veux juste salir l’image des musulmans. 7. Tu es une pute. Etc etc etc."

À 50 ans, Mona Eltahawy semble bien décidée à ne pas se laisser démonter cette fois. Car ce n’est pas la première fois qu’elle dénonce les abus dont elle a été victime à La Mecque. Celle qui présente comme "musulmane et féministe, mais féministe laïque", avait déjà rendu son expérience publique en 2013, sur le plateau d’une émission de télévision égyptienne. Interviewée par la journaliste Reem Magued, elle avait raconté son agression autour du Kaaba, cube vers lequel se dirigent les prières. "On m’a agressée au moment d’embrasser la pierre sacrée, ça a été un choc…Je n’ai pas pu le dire à mes parents pendant des années. Tout ce que j’ai pu faire, c’est crier."

>> À voir : "Mona Eltahawy : le combat d'une femme arabe"

Des accusations qu’elle a réitérées ensuite dans son essai coup de poing sur la situation de la femme dans le monde arabe, "Foulards et hymens". La journaliste et productrice canadienne, Zarqa Nawaz créatrice de la série télévisée "La petite mosquée dans la prairie", comédie très regardée au Canada, avait elle aussi dénoncé des abus dans son livre "En riant sur tout le chemin de la mosquée". Mais jusqu’à aujourd’hui, leurs témoignages n’avaient pas trouvé d’écho. C’est chose faite.

Première publication : 11/02/2018

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