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FRANCE

Vers un printemps contestataire pour Emmanuel Macron ?

© Anne-Christine Poujoulat, AFP | Le patron de la CGT, Philippe Martinez, en tête du cortège de la manifestation contre la réforme du code du travail, le 19 octobre 2017, à Marseille.

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 16/02/2018

La CGT a annoncé, vendredi, qu’une manifestation nationale des cheminots se tiendrait le 22 mars, laissant planer le risque, pour le gouvernement, d’un mouvement social qui pourrait prendre de l’ampleur durant le printemps.

Emmanuel Macron a échappé en septembre à une rentrée sociale mouvementée que lui promettaient la CGT et Jean-Luc Mélenchon, avides de contester les ordonnances réformant le Code du travail. Le printemps sera-t-il plus mouvementé ? Au lendemain de la remise au Premier ministre du rapport Spinetta, qui propose plusieurs pistes pour redresser le transport ferroviaire, dont certaines particulièrement explosives, le leader de la CGT, Philippe Martinez, a annoncé une "manifestation nationale" des cheminots le 22 mars.

"Quand on est attaqué, on se défend", a-t-il déclaré sur France Inter, vendredi 16 février, assurant que les cheminots "ne laisseront pas casser leur outil de travail". Philippe Martinez a également laissé entendre que la manifestation pourrait s’accompagner d’une grève, en prévenant que dans ce cas "il n’y [aura] pas de train et on ne [pourra] plus se déplacer".

>> À lire : Le gouvernement veut "tout mettre sur la table" pour réformer la SNCF

La date du 22 mars n’a pas été choisie au hasard. La journée de mobilisation des fonctionnaires contre la réforme de la fonction publique se tiendra en effet le même jour. Une manière pour la CGT de veiller à ce que convergent les mécontentements de différentes catégories de Français.

"Après l’échec des manifestations de septembre qui se voulaient interprofessionnelles, on voit que la tendance est au repli corporatiste, avec des secteurs d’activité qui mènent des actions directement liées à leurs propres problématiques, analyse Stéphane Sirot, chercheur au Cevipof et spécialiste des mouvements sociaux, contacté par France 24. S’il n’y a pas de convergence pour le moment, la multiplication de ces mobilisations entretient toutefois un climat social dominé par une impression de mécontentement."

Neuf mois après l’élection d’Emmanuel Macron, les sources de mécontentement sont en effet plus nombreuses qu’en septembre. Au-delà des cheminots et des fonctionnaires, la réforme de l’accès à l’université et la réforme du bac ont été contestés. Les transporteurs routiers, les gardiens de prison, les personnels des hôpitaux et des établissements pour personnes âgées (Ehpad) ont aussi manifesté. Et 68 % des Français, selon un sondage BVA/La Tribune publié le 14 février, estiment que les mesures fiscales entrées en vigueur au 1er janvier ont réduit leur pouvoir d’achat.

"Depuis 1995, toutes les mobilisations ont été vouées à l’échec"

À la différence des manifestations de septembre contre les ordonnances réformant le Code du travail, l’opposition politique dans son ensemble voudra également tirer profit du mécontentement des Français.

Les réactions au rapport Spinetta sont, de ce point de vue, tout à fait parlantes, chacun y trouvant des raisons de mettre en garde le gouvernement. Florian Philippot (Les Patriotes) a qualifié les conclusions du rapport de "concentré de recettes ultra-libérales conformes aux exigences de l’Union européenne". Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) a dénoncé une "privatisation du transporteur". Christian Estrosi (Les Républicains) a averti qu’il n’était "pas question d’accepter de fermer des petites lignes". Et les sénateurs communistes ont estimé que le rapport Spinetta proposait "d’en finir avec toute notion de service public et d’intérêt général".

>> À lire : Les personnels des Ehpad au bord de la rupture

Ce contexte provoquera-t-il une mobilisation massive des manifestants ? Pas sûr, répond Stéphane Sirot, pour qui la construction d’un grand mouvement généralisé semble aujourd’hui compliquée. "Cela tient à trois raisons : le monde du travail n’est plus homogène, le paysage syndical est très éclaté et divisé, et depuis 1995, toutes les mobilisations ont été vouées à l’échec, souligne le chercheur. Un mouvement prospère sur un besoin mais aussi sur une envie de se mobiliser. Or, la répétition des échecs met à mal cette envie."

Reste que les cheminots et les fonctionnaires sont deux catégories professionnelles qui se mobilisent davantage que la moyenne et dont le pouvoir de nuisance peut être important. Et comme le rappelle Stéphane Sirot, "il suffit parfois d’un rien pour qu’un mouvement prenne de l’ampleur".

Première publication : 16/02/2018

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