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JO-2018: le bobsleigh, porte d'entrée aux Jeux d'hiver pour des nations rares

© AFP/Archives | La pilote de bobsleigh jamaïcaine Jazmine Fenlator-Victorian lors d'une séance d'entraînement pour les JO, le 8 février à Pyeongchang

PYEONGCHANG (CORÉE DU SUD) (AFP) - 

Brésil, Nigeria, Jamaïque: à Pyeongchang, le bobsleigh a de nouveau ouvert ses portes à des nations rares aux Jeux d'hiver, mais le niveau est désormais bien plus élevé que celui présenté par les célèbres "Rasta Rockett" jamaïcains à Calgary-1988.

Les compétitions débutent dimanche, avec la première et la deuxième manche du bob à 2 messieurs, pour se terminer le 25 février, jour de la cérémonie de clôture avec le bob à 4 messieurs, et au milieu le bob à 2 dames.

En l'espace de trois décennies, on est passé de la nouveauté et l'inattendu bob jamaïcain à Calgary, au Canada (popularisé au cinéma par le film "Rasta Rockett" en 1993), à des équipages venus de pays sans grande tradition de neige ou de glace, mais qui se rapprochent du niveau mondial, à Pyeongchang.

A l'image des deux pilotes des bobs jamaïcain et nigérian, respectivement Jazmine Fenlator-Victorian (11e à Sotchi-2014 avec Lolo Jones alors qu'elle courait pour les Etats-Unis) et Seun Adigun, qui sont passées par la formation américaine, avant de représenter un autre pays aux Jeux.

Toutes deux ont décidé de s'aligner en Corée du Sud pour le pays d'origine d'une partie de leur famille, emmenant avec elles l'expérience emmagasinée aux Etats-Unis.

Présent en 2002 à Salt Lake City avec le Brésil, Edson Bindilatti lui aussi souhaite faire évoluer les mentalités sur ces participations exotiques et sympas il y a quelques années, et les faire passer pour des concurrents plus sérieux.

- 'Du potentiel partout' -

"Nous avons compris qu'il fallait passer un autre message. Maintenant, toutes les équipes mondiales nous respectent. Nous ne sommes pas là pour amuser la galerie, mais pour obtenir des résultats et bousculer les idées reçues", avait-il expliqué à l'AFP avant de partir pour la Corée du Sud.

Symbolique mais pas anodin, le surnom de l'équipage est passé il y a quelques temps de "Frozen bananas" ("Bananes congelées") à un plus sérieux "Blue Birds", ("Oiseaux bleus"). Le temps des Rasta Rockett est bien lointain.

"Maintenant, vous avez des sportifs jamaïcains et nigérians qui arrivent. Le monde nous rattrape enfin et se rend compte du potentiel partout. C'est génial de faire partie de cela", a estimé Aja Evans, pousseuse du bob à 2 américain piloté par Jamie Greubel Poser, deuxième temps du premier entraînement samedi.

En revanche, le message à la jeunesse de leur pays reste toujours celui d'un inaccessible à portée de mains.

"C'est important pour moi que des petites filles et des petits garçons puissent voir des gens qui leur ressemblent, parlent comme eux, ont la même culture, ont ces cheveux bouclés un peu fous et les portent naturellement, ont la peau brune, que ces gens soient inclus dans différentes choses dans ce monde", clame Fenlator-Victorian.

"Quand vous grandissez et que vous ne voyez pas cela, vous pensez que vous ne pouvez pas le faire. Et ce n'est pas juste. Alors en rentrant en Jamaïque, je veux que mes compatriotes jamaïcains s'aperçoivent qu'ils peuvent le faire, qu'il n'y a pas qu'une seule façon de sortir de la pauvreté et de se faire un nom".

L'île des Caraïbes est entrée dans l'histoire du sport grâce à ses athlètes, et notamment Usain Bolt, légende de l'athlétisme mondial, et octuple champion olympique parti à la retraite l'année passée.

© 2018 AFP