Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Côte d'Ivoire : l'eau coule à nouveau des robinets à Bouaké

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Élections anticipées en Turquie : Erdogan est-il toujours l'homme fort du pays ?

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Devenir Français, mode d'emploi

En savoir plus

VOUS ÊTES ICI

À la découverte du sanctuaire Pélagos en Méditerranée

En savoir plus

TECH 24

Handigamer : le jeu vidéo pour tous

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Présidence Macron : l'avalanche de réformes

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Métamorphoses du monde : le multilatéralisme menacé

En savoir plus

FOCUS

Footballers binationaux : le choix du drapeau

En savoir plus

#ActuElles

Roxanne Varza : "C’est le moment pour les femmes de s’investir dans le numérique"

En savoir plus

JO-2018: Le halfpipe, un sport qui fait vraiment mal

© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives | Le Français Kevin Rolland en finale du Grand Prix d'Aspen (Colorado) en ski halfpipe, le 12 janvier 2018

PYEONGCHANG (CORÉE DU SUD) (AFP) - 

Des genoux qui craquent, des tibias qui cassent, des épaules qui se disloquent, des sponsors qui s'envolent et des proches qui ne veulent plus voir ça: le ski halfpipe est une discipline extrêmement dangereuse, où les médailles sont plus rares que les séjours à l'hôpital.

Les skieurs halfpipe sont-ils masos ? En tous cas, leur rapport à la douleur et à la blessure n'est pas précisément celui de Monsieur Tout le monde.

"A partir du moment où on fait du halfpipe, on sait qu'on va se mettre des tartes, ça fait partie de notre vie", explique le Français Kevin Rolland, qui partira mardi en quête d'une deuxième médaille olympique après celle de bronze ramenée de Sotchi en 2014.

"Et si je fais le bilan de ma carrière, avec toutes les tartes que je me suis mis, je touche ma tête mais j'ai eu beaucoup de chance. Je me suis fait les deux ligaments croisés mais c'est les seules vraies blessures que j'ai eues", ajoute-t-il, oubliant qu'il a failli manquer les Jeux à cause d'une énorme entorse de l'épaule il y a 10 jours à l'entraînement.

- Petits bobos -

Mais admettons qu'il ait eu "beaucoup de chance". A quoi ressemble alors la carrière de quelqu'un qui n'en a pas eu ? A celle d'Anaïs Caradeux, elle aussi en course cette semaine sur le halfpipe de Pyeongchang.

"J'étais à Sotchi pour une médaille mais je m'y suis blessée. Et après j'ai enchaîné quatre ans de galères et de blessures. J'ai perdu tous mes sponsors et j'ai eu beaucoup moins de moyens d'entraînement. Je ne suis jamais revenue au niveau où j'étais avant Sotchi", explique la skieuse de La Clusaz.

"Ça a commencé par une commotion cérébrale, puis je me suis éclaté le cartilage du genou gauche et j'ai été opérée. Je suis revenue, je me suis fait les croisés du genou droit avec ménisque et cartilage. Je suis revenue et j'ai fait une nouvelle commotion. Suite à ça, j'ai eu des problèmes avec mon genou toute la saison suivante et j'ai dû me faire réopérer. Et derrière, je suis revenue, j'ai eu une contusion osseuse, encore au genou droit, puis une nouvelle commotion cérébrale en novembre. Là je viens de me blesser au genou, j'ai passé tout le mois de janvier sur mon canapé", énumère-t-elle comme un enfant compterait ses petits bobos.

"Je n'en ai pas eu trop non plus, je ne suis pas tous les jours à l'hôpital, même si ma mère en a marre de s'occuper des papiers d'assurance", plaisante-t-elle avant d'admettre que "depuis quatre ans, le ski ne (lui) a pas apporté beaucoup plus que des problèmes".

- 'Tellement géniaux' -

Alors pourquoi continuer à prendre ces risques, les mêmes qui ont récemment valu 62 points de suture au visage au snowboarder américain Shaun White qui lui, au moins, peut faire fructifier financièrement trois titres olympiques ?

"Un sportif de haut niveau n'est pas bien dans sa tête. Tu sacrifies ta vie de famille, tes finances pour certains. Mais tu es mordue d'un sport, tu te dis que tu as la chance de vivre de ta passion et que tu n'as pas le droit de lâcher. Les bons jours sont tellement géniaux que tu continues", explique Caradeux.

Thomas Krieff, le deuxième Français engagé, en est même à trouver des vertus à la blessure, un an après une rupture des ligaments croisés des deux genoux, doublée d'une fracture du plateau tibial gauche.

"Je me suis arrêté huit mois, huit mois et demi. J'ai repris petit à petit. C'est assez sympa parce que c'est un réapprentissage et tu te satisfais de plein de petits progrès. C'est vachement bon pour la tronche et tu redécouvres le plaisir. C'est presque un mal pour un bien de se blesser."

Un peu masos, vous dites ?

© 2018 AFP