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Ces jeunes Américains fer de lance du mouvement anti-armes à feu

© Rhona Wise, AFP | Emma Gonzalez, 18 ans, a pris la parole lors d'un rassembement anti-armes à feu samedi 18 février à Fort Lauderdale (Floride).

Texte par Françoise MARMOUYET , Claire MUFSON

Dernière modification : 21/02/2018

Depuis le massacre du lycée de Parkland (Floride), de jeunes américains, pour la plupart survivants de la tuerie, se mobilisent pour le durcissement des législations sur les armes. Ce jour-là, 17 personnes, majoritairement des lycéens, ont été tuées.

Ils s’appellent Emma Gonzalez, Cameron Kasky, ou encore Lane Murdock et ont, pour les plus âgés d’entre eux, à peine plus de 18 ans. Depuis le massacre perpétré dans un lycée de Parkland, en Floride, le 14 février, où 17 personnes – majoritairement des lycéens – ont été abattus par semi-automatique, ils sont les nouveaux visages du mouvement anti-armes à feu aux États-Unis.

Ces adolescents, pour la plupart survivants du massacre, tentent d’initier une mobilisation contre la législation sur les armes à feu dans leur pays, où le port d'armes est autorisé par le deuxième amendement de la Constitution. Depuis la fusillade, ils se sont exprimés dans de nombreux médias américains, ont pris la parole lors de rassemblements, et s’activent sur les réseaux sociaux sous la bannière #NeverAgain ("Plus jamais"). Il ne suffit pas de prier pour que cela ne se reproduise plus, clament-ils, il faut changer la loi pour faire cesser les tueries de masse. Cette mobilisation pourra-t-elle faire évoluer la législation américaine ? Elle semble, en tout cas, avoir plus d’impact que d’autres auparavant.

Une délégation de lycéens doit ainsi être reçue mardi 20 février au Capitole de l’État de Floride, à Talahassee, pour rencontrer des élus locaux la veille d'une manifestation.

Emma Gonzalez, rescapée de la fusillade de Floride, s'adresse aux politiques américains

La chaîne de télévision CNN organise mercredi un débat sur les armes à feux diffusé dans tout le pays, auquel participeront des camarades de classe des victimes, ainsi que des parents et des responsables politiques de Floride.

Par ailleurs, les survivants ont annoncé l'organisation d'une grande manifestation à Washington le 24 mars pour réclamer le vote rapide d'une loi renforçant la réglementation sur les armes à feu.

"Honte à vous"

Ces survivants de la tuerie de Parkland, camarades des lycéens tués, sont en première ligne du mouvement. Et, parmi eux s’est distinguée Emma Gonzalez, 18 ans, dont l’image a fait le tour du monde. Le 17 février, lors d’une manifestation à Fort Lauderdale (Floride), son discours poignant et plein de colère a ému la foule et fait le tour des réseaux sociaux.

Cheveux ras et visage aux traits encore enfantins, elle s’est adressée aux responsables politiques américains. "À tous les hommes politiques ayant reçu des dons de la NRA [National Rifle Association], honte à vous", a-t-elle lancé, après avoir fustigé Donald Trump pour avoir reçu le soutien de l'association pro-armes à feu pendant la campagne présidentielle de 2016.

"Si le président me dit en face que c'était une terrible tragédie (...) et qu'on ne peut rien y faire, je lui demanderai combien il a touché de la National Rifle Association. Je le sais : 30 millions de dollars", a dit rageusement la jeune fille de 18 ans. Elle était cachée dans l'amphithéâtre du lycée quand Nikolas Cruz, ancien élève de l'établissement, a ouvert le feu dans les couloirs.

Mercredi, sur CNN, elle aura notamment face à elle le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, vivement critiqué pour avoir accepté des millions de dollars de financement politique de la part du lobby des armes.

Parler haut et fort

Peu après le massacre, Cameron Kasky, un lycéen en classe de première au lycée de Parkland, est lui aussi apparu dans de nombreux medias pour dénoncer les lois américaines. Avec deux autres amis du lycée, il a fondé le groupe Facebook "Never again", pour rassembler les témoignages et les marques de soutien aux élèves de Parkland. Sous le hashtag #NeverAgain, les citoyens américains expriment désormais leur indignation et en appellent à un changement de législation.

Le jour de la fusillade, David Hogg a quant à lui sorti son téléphone portable pour faire témoigner ses amis cachés à ses côtés dans un placard pour échapper à la tuerie. Sur ces courtes vidéos publiées sur le Net, des jeunes réclament déjà une révision des lois sur le port d’arme.

À l’autre bout du pays, d’autres adolescents ont pris la parole. Lane Murdock, une élève de 15 ans qui vit dans le Connecticut, à une trentaine de kilomètres de l'école élémentaire Sandy Hook, théâtre du massacre de 20 enfants et six adultes en décembre 2012, a lancé une pétition en ligne. Objectif : appeler les lycéens à manifester pour commémorer le 19e anniversaire de la tuerie de Columbine (12 élèves et un professeur tués en 1999), le 20 avril prochain. Plus de 73 000 signatures ont pour l’heure été récoltées.

"Ces jeunes sont nés dans un monde meurtri par l’attaque de Columbine et sont rompus aux exercices de sécurité et aux comportements à adopter en cas d'attaque (…) Avec leurs amis, ils se sont demandés si cela pouvait se produire dans leur établissement et qui était susceptible de passer à l’acte. Aujourd’hui, cette génération est presque adulte. Et quand un tueur abat 17 personnes dans leur lycée de Parkland, la première réponse de nombre de ses camarades n’est pas de faire son deuil en silence, mais de parler haut et fort (…) pour prendre part au débat national sur les armes à feu", analyse ainsi le New York Times.

Plus de 13 000 homicides par arme à feu depuis 2015

Andrew Patrick, chargé des relations presse pour la “Coalition contre les violences par arme à feu", voit dans ce nouvel activisme l’opportunité de faire pression sur les législations qui ont court dans les différents États américains. "Ce mouvement de lycéens s’ajoute à une longue liste de mobilisations, comme celle de la communauté LGBT après le massacre d’Orlando, qui sont en train de construire une coalition pour vaincre le lobby des armes à feu et faire des États-Unis un pays plus sûr", a-t-il confié à France 24.

Donald Trump a-t-il entendu la colère et la détermination de ces adolescents ? Le président américain a en tout cas fait savoir, le 19 février, qu'il soutenait un renforcement du contrôle des antécédents des acheteurs d'armes à feu.

Depuis le début de l’année, 18 fusillades ont été recensées dans des établissements scolaires aux États-Unis. Près de 13 000 homicides par arme à feu ont été perpétrés depuis 2015, et plus de 4 400 de ces victimes avaient moins de 24 ans, indique le Centre fédéral de contrôle et de prévention des maladies (CDC) dans son dernier rapport sur la mortalité aux États-Unis.

Première publication : 20/02/2018

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