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Moyen-Orient

Bataille d’Afrin en Syrie : les forces en présence

© George Ourfalian, AFP | Des combattants kurdes dans la région d'AFrin, le 20 février 2018.

Texte par Françoise MARMOUYET

Dernière modification : 22/02/2018

L’offensive turque contre l’enclave kurde d’Afrin, en Syrie, entre dans son deuxième mois. Quelles sont les forces qui s’affrontent sur le terrain, et quelle est la position des différents acteurs du conflit ? France 24 fait le point.

L’offensive turque destinée à déloger les YPG ("Unités de protection du peuple"), une milice kurde, de l’enclave d’Afrin, dans le nord de la Syrie, entre dans son deuxième mois, sans issue rapide apparente. Elle a démarré le 20 janvier, lorsque Ankara a lancé une opération militaire terrestre et aérienne dans cette zone. La Turquie, aux prises avec un conflit kurde sur son propre territoire depuis 1984, considère en effet la présence des forces du YPG dans cette région proche de sa frontière comme une menace pour sa sécurité.

Surtout depuis que la coalition internationale anti-jhadistes, sous commandement américain, a annoncé, le 14 janvier, travailler avec ses alliés des Forces démocratiques syriennes (FDS - au sein desquelles les YPG sont majoritaires), à la formation d'une nouvelle force frontalière de 30 000 hommes. Pour la Turquie, cette formation légitimerait les YPG, qu’elle considère comme une organisation terroriste.

Alors que la guerre locale contre le groupe État islamique (EI) semble toucher à sa fin, la bataille d’Afrin fait ressurgir les tensions que la lutte commune contre l’organisation jihadiste avait laissé en suspens. Face à ce conflit régional, les puissances extérieures – Russie et États-Unis en tête – jouent également leur carte.

Qui affronte qui sur le terrain, qui soutient qui et pourquoi ?

• Des factions de l’Armée syrienne libre aux côtés de la Turquie

Dès le départ, des factions de l’Armée syrienne libre (ASL) se sont engagées auprès de la Turquie dans la bataille d’Afrin. Ces groupes de rebelles s’étaient constitués pour lutter contre le régime de Bachar al-Assad au début de la guerre civile syrienne, en 2011. Aujourd’hui, selon le centre d’études Jussoor, proche de l’opposition syrienne, cité par Le Monde, entre 5 000 et 7 000 de ses combattants seraient déployés auprès des Turcs. "Ces brigades de l’ASL sont armées et payées par Ankara", indique Wassim Nasr, journaliste spécialiste de la question syrienne à France 24. Par le passé, entre 2014 et 2018, ces factions de l’ASL avaient également combattu les jihadistes de l’EI.

• Des milices pro-Assad veulent repousser l’offensive turque

Alors que Damas avait annoncé que des forces pro-régime allaient entrer dans l’enclave kurde d’Afrin, des milices pro-Assad ont pénétré mardi 20 février dans la région à l'appel des YPG afin de repousser l'offensive turque. L'armée turque et les rebelles de l’ASL ont tenté de leur faire rebrousser chemin par des tirs d'arvertissement, et le président Erdogan a menacé le pouvoir syrien de "graves conséquences".

"Dans cette affaire, au-delà de l’action de ces milices pro-Assad, le régime soutient incontestablement les Kurdes puisqu’il les a laissés transiter sur son terrioire pour rejoindre l'enclave d'Afrin dès le début des combats", explique Wassim Nasr.

Le gouvernement syrien a une relation complexe et ambiguë avec les Kurdes de Syrie, qui ont établi trois cantons autonomes – dont celui d'Afrin – dans le nord de la Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011.

>> À lire : L’entente entre les Kurdes et le régime syrien, "une question de survie"

• Des combattants étrangers dans les rangs des YPG

Les YPG comptent également dans leurs rangs des combattants étrangers, qui luttent aux côtés de la minorité kurde par idéalisme. Parmi eux, le Français Olivier Le Clainche, alias "Kendal Breizh", 41 ans, tué le 10 février dans la région d’Afrin, lors d’un bombardement aérien turc, en compagnie notamment d'un ressortissant espagnol, Baran Galicia. Les YPG ont également annoncé la mort d’un Néerlandais de 25 ans.

• La Russie, soutien d’Assad et de la Turquie

La Russie, soutien-clé du régime de Damas dans la région, est également l’alliée de la Turquie. Pour preuve, avant même que ne débute la bataille d’Afrin, pour "empêcher d'éventuelles provocations" et "exclure toute menace contre la vie et la santé des militaires russes", le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, avait ordonné le retrait des troupes russes de la zone d'Afrin. Cet allié de poids contrôle l’espace aérien dans le nord de la Syrie.

Mais Moscou a beau avoir tacitement donné son feu vert à l’offensive d’Afrin, le Kremlin n’a pas manqué de manifester sa mauvaise humeur à l’égard d’Ankara en fermant l’espace aérien pendant plusieurs jours après qu’un appareil russe eut été abattu début février dans un territoire du nord de la Syrie, où des observateurs militaires turcs sont censés faire respecter une zone de désescalade.

• Les États-Unis, alliés de circonstance des Kurdes

La milice kurde des YPG a été un allié incontournable des États-Unis dans la lutte contre l’EI en Syrie, mais Washington n’a pu empêcher l’offensive turque sur Afrin. Les États-Unis cherchent désormais à modérer la position turque et veulent éviter qu’Ankara ne poursuive son offensive sur Manbij (autre enclave kurde située à l’est d’Afrin), où les forces américaines sont présentes.

Le 15 février, depuis Ankara où Recep Tayyip Erdogan recevait le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, les États-Unis et la Turquie ont ainsi annoncé la création d’un "groupe de travail"  pour surmonter "ensemble" la grave crise les opposant depuis le début de la bataille d’Afrin. Leur priorité : trouver une solution pour la ville stratégique de Manbij.

Avec AFP

Première publication : 21/02/2018

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