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Affaire Seznec: les fouilles ont repris sous le contrôle de la police

© AFP/Archives | Un os humain découvert dans la maison où habitait la famille Seznec, dans une photo diffusée le 25 février 2018 par l'auteur d'un livre sur l'affaire Seznec, Bertrand Vilain

MORLAIX (FRANCE) (AFP) - 

Les fouilles pour retrouver le corps de Pierre Quémeneur près d'un siècle après sa disparition, ont repris dimanche cette fois sous le contrôle de la police à Morlaix (Finistère) dans l'ancienne maison de la famille Seznec où un os humain a été retrouvé samedi, selon un correspondant de l'AFP.

Des fouilles "privées" ont été entamées samedi par une dizaine de bénévoles. La propriétaire de la maison, actuellement inoccupée, a donné son autorisation pour qu'elles soient menées dans l'ancienne cave et l'ancien cellier.

Après la découverte d'un os humain et d'un morceau de pipe, la police et la justice ont repris le contrôle du chantier.

"La police scientifique est sur les lieux aujourd'hui", a déclaré à l'AFP, un des initiateurs des fouilles, Bertrand Vilain, auteur d'un livre sur l'affaire.

"Il y aura d'autres choses. On s'attendait à faire des découvertes à un mètre de profondeur et on trouve à la surface", a-t-il précisé.

"On avait une information solide, un témoignage précieux. On n'a pas creusé au hasard", a-t-il ajouté.

Ces nouvelles recherches sont motivées par la révélation, dans un ouvrage paru en 2015, du témoignage inédit d'un des enfants du couple Seznec, âgé de 11 ans au moment des faits. Il a été enregistré en 1978 par l'un de ses neveux.

En ce jour ensoleillé de mai 1923, "Petit-Guillaume" raconte avoir entendu sa mère repousser les avances d'un certain "Pierre", puis avoir vu Quémeneur par terre et sa mère debout devant lui.

"Je crois qu'elle a dû se défendre et le frapper à la tête", racontait-il, selon le récit qu'en a fait Denis Langlois, ancien avocat de la famille, dans "Pour en finir avec l'affaire Seznec".

En 2015, M. Langlois avait demandé au procureur de Brest de faire procéder à des investigations dans l'ancienne maison familiale pour savoir si le corps y était enfoui.

Le procureur avait rejeté cette demande, estimant qu'elle ne pouvait émaner que du condamné, de ses descendants ou des autorités judiciaires compétentes.

Guillaume Seznec a été condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère avec lequel il était associé en affaires, ainsi que pour des faux en écriture.

Mais le corps de Quémeneur n'a jamais été retrouvé et Seznec, condamné sans preuves, n'a jamais avoué.

© 2018 AFP