Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DANS LA PRESSE

"Plus de 68 millions de personnes chassées de chez elles à-travers le monde, en 2017"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Emmanuel Macron recadre un édutiant qui l'appelle "Manu"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Inondations en Côte d'Ivoire, au moins 18 morts à Abidjan

En savoir plus

LE DÉBAT

Migrants : l'Europe à l'épreuve

En savoir plus

MARDI POLITIQUE

Marine Le Pen : "Jean-Marie Le Pen va mieux"

En savoir plus

MARDI POLITIQUE

Marine Le Pen : "Le parlement européen est dans une démarche d'agression, tous nos droits ont été violés"

En savoir plus

FOCUS

VIH en Chine : la jeunesse particulièrement exposée

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Ingrid Chauvin et Jimmy Jean-Louis, stars du petit écran

En savoir plus

L’invité du jour

Chef Simon : "Ce n’est plus notre corps qui décide de ce que l’on va manger, mais notre cerveau"

En savoir plus

Après les droits civiques, le réalisateur Raoul Peck explore Marx

© AFP/Archives | Le réalisateur haïtien Raoul Peck reçoit le Bafta du meilleur documentaire, à Londres le 18 février 2018

LOS ANGELES (AFP) - 

Toujours auréolé du succès de son documentaire sur le mouvement noir aux Etats-Unis, le réalisateur haïtien Raoul Peck revient dans les salles obscures avec un biopic sur la jeunesse de Karl Marx.

Il n'avait pas encore achevé "Je ne suis pas votre nègre" sur l'écrivain James Baldwin, engagé dans la lutte pour les droits civiques des Noirs dans les années 1960, que le réalisateur lançait son projet suivant: "Le jeune Karl Marx", qui sort vendredi en Amérique du Nord.

Hasard du calendrier, ce documentaire sur les jeunes années du père du communisme sort quelques jours après la victoire aux Bafta --récompenses britanniques du cinéma-- de "Je ne suis pas votre nègre", qui avait été nommé aux Oscars.

Dans sa dernière ?uvre, le réalisateur de 64 ans entraîne le spectateur dans l'Europe des années 1840 avec la rencontre entre le philosophe allemand et Friedrich Engels, riche héritier remonté contre les méthodes de son industriel de père.

Il s'est agi pour M. Peck, co-auteur du scénario avec le Français Pascal Bonitzer, de montrer une vision réaliste du monde où des problèmes complexes exigent des solutions rigoureuses plutôt qu'une pensée à court terme que le réalisateur attribue au président américain Donald Trump.

"Toute difficulté que vous pouvez soulever est un problème facile pour (M. Trump). C'est soit la faute de plusieurs personnes, soit d'un individu et il suffit de se débarrasser de la personne et le problème disparait", relève Raoul Peck à l'AFP.

"Non, ça ne marche pas comme ça. C'est pourquoi nous sommes dans une période populiste, de simplification, de réactions très individualistes. Parce qu'on a perdu de vue la perspective générale", dit-il.

Avant de souffler leur trentième bougie, Marx et Engels avaient rédigé le "Manifeste du Parti communiste", un appel au soulèvement de la classe ouvrière et l'un des textes les plus influents de tous les temps.

La dernière chose que M. Peck voulait faire, c'est un film "sur un Marx assez revêche mais un peu gentil, à l'air fatigué, parlant en anglais à travers sa barbe touffue dans un vague contexte politique, tout en versant quelques larmes au sujet des morts successives de ses enfants, et qui trompe son épouse".

Les deux scénaristes ont délaissé biographies et autres travaux académiques pour s'intéresser à la correspondance respective des deux comparses, dont l'amitié s'est épanouie dans les cafés de Paris.

- Vivacité et humour -

"Ces lettres étaient très vives, très vivantes. Elles ont de l'humour, elles sont marrantes", raconte M. Peck. Et de glisser: "Bien sûr qu'ils parlent de théorie et d'histoire mais aussi de leurs amis, de leur prochain voyage, des difficultés à trouver une maison, etc".

Né en Haïti, Raoul Peck a grandi au Congo, en France et aux Etats-Unis. Il a été ministre haïtien de la Culture en 1996 et 1997.

L'ONG Human Rights Watch lui a décerné en 2001 un prix pour son action en faveur des droits humains, notamment avec "Lumumba" (2000) qui raconte l'ascension et l'assassinat du premier dirigeant congolais élu démocratiquement, Patrice Lumumba.

Les inégalités, entre Noirs et Blancs aux Etats-Unis ou entre le prolétariat et la bourgeoisie dans l'Europe du 19e siècle, sont l'une des préoccupations majeures de son travail.

"Les gens savent aujourd'hui --même les personnes de droite l'admettront-- que si vous êtes né dans une famille pauvre, il y a une très forte probabilité que votre vie sera misérable", relève-t-il.

"Même si certains diront +mais si vous travaillez dur, vous y arriverez+, regardez n'importe quelle enquête statistique et vous verrez que ce n'est pas vrai", insiste le natif de Port-au-Prince.

Son engagement politique a pris forme lorsqu'il étudiait l'ingénierie économique à Berlin, où il s'est familiarisé avec l'ouvrage majeur de Marx, "Le Capital".

Marx et Engels ont-ils laissé un monde meilleur? Ils "ont fait leur travail" et ça dépend de nous de veiller à leur héritage, selon Raoul Peck.

"Grâce à leur travail, j'ai compris le monde dans lequel je vis donc j'ai essayé de faire pareil avec ce film: tenter de donner à une nouvelle génération, dans une forme qu'ils puissent comprendre, les instruments pour leur propre changement".

© 2018 AFP