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Moyen-Orient

Israël : ces affaires qui empoisonnent le Premier ministre Benjamin Netanyahou

© Thomas Coex, AFP | Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou le 21 février 2018, à Jérusalem.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/03/2018

Benjamin Netanyahou a été une nouvelle fois entendu par des policiers dans le cadre des enquêtes menées pour corruption présumée. Retour sur les affaires qui fragilisent le Premier ministre israélien.

Cerné par les affaires et les enquêtes, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n'a de cesse de clamer son innocence et de répéter : "il ne se passera rien parce qu'il ne s'est rien passé".

Pourtant, la police, qui l’a entendu une nouvelle fois, ce vendredi 2 mars, assure de son côté "qu'il existe suffisamment de preuves" contre lui, dans deux affaires de corruption. Elle avait même recommandé, le 13 février, de l'inculper pour corruption, fraude et abus de confiance. Elle lui reproche d’avoir agi "contre l’intérêt public".

>> À liresur France 24 : "Face au scandale de corruption en Israël, Netanyahou exclut de démissionner"

Et ce n’est pas tout, deux autres affaires touchent des proches de Benjamin Netanyahou, qui dénonce pour sa part "une chasse aux sorcières" menée par la gauche, la police et certains médias israéliens visant à l’abattre politiquement. Retour sur ces affaires politico-judiciaires qui empoisonnent l’homme qui dirige les destinées de l’État hébreu depuis près de douze ans au total, et dont le sort est entre les mains du procureur général Avishaï Mandelblit, qui pourrait mettre plusieurs semaines ou mois, avant de décider d’une éventuelle inculpation.

"L’affaire des cigares et du champagne" ou affaire 1 000

La principale affaire, dite l'affaire 1 000, met en cause directement le Premier ministre. Elle a trait à des cadeaux somptueux offerts au chef du gouvernement, à sa femme et à l’un de leurs fils, Yaïr, par de riches hommes d'affaires. Précisément un producteur de cinéma israélien vivant à Hollywood, Arnon Milchan, et un Australien, James Packer, qui auraient bénéficié, en échange de leurs largesses, de divers avantages et de passe-droits.

Les éléments de preuves récoltés par les enquêteurs seraient accablants selon les médias locaux, qui estiment le montant total de leurs présents à près d’un million de shekels (environ 236 000 euros).

Le couple Netanyahou auraient fréquemment reçu des caisses de champagne et des boîtes de cigares de luxe, hors de prix en Israël. L’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahou, par ailleurs soupçonnée d'avoir détourné de l'argent public pour des dépenses d'ordre privé, aurait reçu en cadeau de sa part des bijoux. Le fils Netayanhou a quant à lui profité de voyages tous frais payés. Si pour sa défense, Benjamin Netanyahou assure qu’il s’agit de simples présents entre amis, la police de son côté, disposerait de bons de commandes détaillés.

En retour de cette générosité, Arnon Milchan, détenteur de la nationalité israélienne, aurait bénéficié d’une loi fiscale favorables aux expatriés revenant s’installer en Israël qui lui aurait rapporté des sommes considérables, et aurait obtenu, par l’entremise du Premier ministre un visa de dix ans pour les États-Unis. La police a recommandé à la justice d’engager des poursuites contre lui.

Pour sa part, James Packer n’est pas inquiété par la police.

• L’affaire 2 000

Dans cette affaire de corruption, baptisée l’affaire 2 000, Benjamin Netanyahou est directement mis en cause par la police. Cette dernière suspecte le chef du gouvernement d'avoir essayé de s’arranger avec le propriétaire du quotidien Yediot Aharonot, Noni Mozes, afin d’obtenir un fléchissement de la ligne éditoriale de ce journal très critique à l’égard de sa politique.

La police dispose d'un enregistrement d’une conversation téléphonique entre les deux hommes, dans lequel Benjamin Netanyahou propose, en échange, de réduire l'influence d'un quotidien gratuit, Israel Hayom, propriété de l’homme d’affaires américain Sheldon Adelson et concurrent du Yedioth Aharonot. Dernier né dans le paysage médiatique local, Israel Hayom est devenu le plus gros tirage du pays, et soutient activement le Premier ministre, mais aussi de Donald Trump.

Dans cette affaire aussi, la police a demandé l'inculpation d'Arnon Moses pour corruption. De son côté, Benjamin Netanyahou a plaidé le second degré, arguant que le ton de la conversation était peu sérieux et voulait simplement tester Noni Mozes, l’un de ses principaux pourfendeurs.

• L’affaire des sous-marins

Le nom de l’avocat personnel de Benjamin Netanyahou, David Shimron, apparaît dans cette autre affaire de corruption présumée et potentiellement explosive. Et pour cause, elle est liée à l'achat de sous-marins allemands par Thyssen-Krupp à la marine israélienne. L’avocat de Netanyahou représentait aussi l'agent local du conglomérat allemand, qui devait livrer les navires en question.

La police suspecte l’existence de rétrocommissions versées sur ce contrat passé en 2016, d’une valeur de 2 milliards d'euros. Le Premier ministre, qui n’est pas directement visé par l’enquête pour le moment, est toutefois soupçonné d’avoir fait surévaluer les besoins de la marine israélienne.

• L’affaire Bezeq

Dans cette affaire, la police soupçonne l'ex-directeur général du ministère des Communications décrit comme l'un des rares hommes de confiance du chef du gouvernement, Shlomo Filber d'avoir servi, à ce poste, d'intermédiaire entre les Netanyahou et Shaul Elovitch, le principal actionnaire de Bezeq, le plus important groupe de télécommunications israélien, et de l'influent site d'informations Walla.

La police veut savoir si les Netanyahou, qui ont été interrogés ce vendredi dans le cadre de cette affaire, auraient cherché à s'assurer une couverture propice de la part de Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales. Précisément des informations et des concessions, qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, dit la presse, alimentée par des fuites.

Les policiers sont en possession d'éléments très embarrassants, comme des enregistrements de conversations entre Shaul Elovitch, placé en détention depuis le 18 février, et le chef de Walla, ou des SMS envoyés par Sara Netanyahou à l'épouse de Shaul Elovitch, selon la presse.

Shlomo Filber a négocié avec les enquêteurs un accord de coopération en échange d'un statut de témoin protégé lui garantissant qu'il n'irait pas en prison, a rapporté la presse. Son témoignage pourrait être dévastateur pour Benjamin Netanyahou.

Avec AFP

Première publication : 02/03/2018

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