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Syrie : la trêve quotidienne ne permet pas d'acheminer l'aide à la Ghouta orientale

© HAMZA AL-AJWEH, AFP | Dans les couloirs d'un hôpital de fortune, dans la ville assiégée de Douma, dans la région de la Ghouta orientale, le 2 mars 2018.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/03/2018

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a reporté au lundi 5 mars un vote sur une résolution sur la situation humanitaire dans la Ghouta orientale, alors que les bombardements sont incessants et les habitants réfugiés dans les sous-sols.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a reporté à lundi 5 mars un vote sur une résolution proposée par le Royaume-Uni sur la situation humanitaire dans la Ghouta orientale en Syrie, plusieurs dizaines de réprésentants ayant souhaité s'exprimer avant le vote. Le texte réclame notamment une enquête "complète et indépendante sur les événements récents" dans cette région.

"Ce que nous voyons dans la Ghouta orientale et ailleurs en Syrie, sont probablement des crimes de guerre et potentiellement des crimes contre l'humanité", a lancé avant l'ouverture du débat, le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

>> Lire : Syrie : la Ghouta orientale, le verger de Damas qui, depuis six ans, résiste à Assad

Même si une trêve humanitaire quotidienne de cinq heures, annoncée par la Russie, est plus ou moins observée depuis mardi, les bombardements se poursuivent malgré une baisse en intensité.

Les quelque 400 000 habitants de cette enclave rebelle aux portes de Damas subissent au quotidien des pénuries de nourritures et de médicaments, en raison du siège imposé depuis 2013 par le pouvoir de Bachar al-Assad.

Vendredi 2 mars, frappes aériennes et tirs d'artillerie avant et après la trêve ont tué onze civils dans plusieurs localités de la Ghouta, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Quant aux aides attendues par les habitants de l'enclave, elles n'ont toujours pas été distribuées.

"Une honte pour l'humanité"

Pourtant, plus de quarante camions chargés d'aides sont prêts à entrer dans le fief rebelle. Mais selon l'ONU, la fenêtre de cinq heures n'est pas "suffisante" pour permettre leur livraison.

En attendant, les habitants survivent en puisant dans leurs réserves de nourriture, ou grâce au soutien d'associations caritatives locales qui organisent des distributions quotidiennes de repas, souvent une maigre portion de riz, selon un correspondant de l'AFP.

Sur les marchés, les produits de première nécessité (riz et pâtes) sont difficiles à trouver, ou se vendent à prix d'or. Le prix du pain a été multiplié par 25 en février selon l'ONU.

La nouvelle campagne aérienne lancée depuis le 18 février par le gouvernement syrien contre les rebelles a fait plus de 600 morts parmi les civils. La France, l'Allemagne et les États-Unis ont dénoncé les bombardements ainsi que des attaques chimiques présumées imputées au régime. Ce dernier devra "rendre des comptes" pour la "détérioration" de la situation humanitaire dans la Ghouta orientale, ont mis en garde Berlin et Washington.

Avec AFP

Première publication : 03/03/2018

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