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FRANCE

Attentat du Drugstore Publicis en 1974 : Carlos de retour devant la justice

© Benoît Peyrucq, AFP | Carlos devant la cour d'assises, le 28 mars 2017.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/03/2018

Le procès en appel de cette figure mythique de l'activisme armé d'extrême gauche a commencé lundi, 44 ans après l'attentat du drugstore Publicis de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. En première instance, il avait été condamné à perpétuité.

Souriant, col roulé et costume noir, il a levé le poing droit en entrant dans le box des accusés, avant d'envoyer un baiser en direction des parties civiles et de la presse. Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, est de retour devant la cour d'assises de Paris où s'est ouvert, lundi 5 mars, son procès en appel pour l'attentat meurtrier du Drugstore Publicis en 1974.

"Je suis un révolutionnaire professionnel, la révolution, c'est mon métier", a-t-il déclaré, précisant être de "nationalités vénézuélienne et palestinienne", résidant "partout". À 68 ans, Carlos comparaît pour deux semaines devant une cour d'assises spéciale, uniquement composée de magistrats professionnels, en charge des crimes terroristes.

Ce sera son dernier procès, une dernière tribune pour la "résistance palestinienne", dont il se réclame toujours. Le "Chacal" avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en mars 2017 pour avoir lancé une grenade dans la galerie marchande du grand magasin parisien, faisant deux morts et 34 blessés. L'attaque avait eu lieu le 15 septembre 1974 à Paris, à 17 h 10, à l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue de Rennes.

Carlos commence par désigner ses avocats, demandant qu'Isabelle Coutant-Peyre – qu'il a épousée religieusement en prison – soit désignée d'office : "On est vraiment dans la misère", justifie-t-il.

"Illégalité de la cour d'assises spéciale"

Puis la défense attaque : Me Coutant-Peyre dénonce "l'illégalité de la cour d'assises spéciale" et surtout, demande "le renvoi du procès" jusqu'à ce que son client ait accès à son dossier et à son ordinateur, dont il a été privé depuis son transfert pour la durée de l'audience de la centrale de Poissy à la maison d'arrêt de Fresnes.

"Je ne peux subir un procès si je ne peux pas me défendre. Avoir accès à mon dossier, c'est la moindre des choses", plaide à son tour Carlos. La cour doit se prononcer sur cette demande, avant la poursuite des débats. À moins d'un renvoi surprise, la journée devait être consacrée au rappel des faits.

Incarcéré en France depuis son arrestation en 1994 au Soudan, Carlos a déjà été condamné deux fois à la peine maximale par la justice française, pour trois meurtres en 1975 et pour quatre attentats à l'explosif (11 morts et 191 blessés) en 1982 et 1983.

À l'issue du premier procès du Drugstore, la cour avait suivi les réquisitions du ministère public, estimant que "tous les éléments accumulés durant l'enquête" convergeaient vers le Vénézuélien.

Plaider l'acquittement

À l'audience de 2017, l'accusé avait dénoncé une enquête sabotée et une justice politique. Fier de son passé, il avait revendiqué "1  500 morts dont 80 de (ses) propres mains"", mais toujours nié sa participation à l'attentat du Drugstore.

Sa défense va à nouveau plaider l'acquittement et veut mettre en lumière les "fragilités spectaculaires dans ce dossier", notamment les témoignages contradictoires ou approximatifs d'un ancien compagnon d'armes de Carlos, d'une ex-compagne ou d'un avocat.

Pour les victimes, "le premier procès avait un sens, cela leur a permis d'être reconnues, de témoigner", a expliqué le président de l'Association française des victimes du terrorisme (AfVT), Guillaume Denoix de Saint-Marc. Quarante-quatre ans après les faits, ils n'attendent désormais qu'une chose, "la confirmation de la condamnation".

Avec AFP

Première publication : 05/03/2018

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