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Afrique

Au Kenya, le gouvernement a perdu la trace de 400 millions de dollars d'argent public

© Tony Karumba, AFP | Le rapport relève toutes sortes de gaspillages et erreurs comptables sous le gouvernement du président Uhuru Kenyatta,

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/03/2018

Le gouvernement kényan ne parvient pas à expliquer où sont passés 400 millions de dollars de fonds publics, selon un rapport de l'auditeur général, qui pointe du doigt l'échec du pays à lutter contre la corruption et le détournement d'argent public.

Où sont passés les 400 millions de dollars de fonds publics manquants dans les caisses de l'État Kenyan ? C'est la question que pose l'auditeur général, Edward Ouko, dans son rapport 2015-2016 présenté début mars devant le Parlement. Il y décrit toutes sortes de gaspillages et erreurs comptables sous le gouvernement du président Uhuru Kenyatta, réélu en octobre pour un second mandat sur la promesse de lutter contre la corruption.

Certains organismes n'ont pas présenté tous leurs états financiers, d'autres ont été incapables de justifier des transferts se chiffrant à des millions d'euros, des retraits en espèces illégaux ou des doubles facturations "frauduleuses".

>> À voir : La folie du Bitcoin s'empare du Kenya

Le ministère de la Défense a été pointé du doigt pour l'acquisition de sept avions de l'armée de l'air jordanienne pour 15 millions de dollars en 2007. Ces avions n'ont jamais fonctionné car défectueux, et sont maintenant utilisés en "pièces détachées", ont découvert en 2016 les auteurs du rapport.

Le même ministère a également payé cinq fois le prix du marché pour deux pelleteuses, et dépensé 8 millions de dollars pour des projets qui n'ont débouché sur rien et des équipements non utilisés.

Le ministère de l'Intérieur, pour sa part, n'a pu justifier l'achat de 51 500 paires de chaussures, d'une valeur de 1,7 million de dollars. Ces chaussures étaient normalement destinées à des policiers, qui ne les ont jamais reçues et ont parfois dû se résoudre à en acheter eux-mêmes.

"On n'en fait jamais rien"

Par ailleurs, moins d'un tiers des états financiers des ministères et différents services de l'État examinés dans le cadre de ce rapport sont exempts de toute erreur. Edward Ouko a cependant remarqué une amélioration puisqu'il y a cinq ans, seulement 6 % de ces états étaient exacts.

Des quelque 12,4 milliards de dollars de dépenses courantes et d'investissement, seulement 3,45 % ont été utilisés "de manière légale et efficace", conclut le rapport.

En 2017, le Kenya est tombé en 143e position sur 180 dans le classement annuel de Transparency International sur la perception de la corruption dans le monde. La même année, Edward Ouko a dû se battre pour rester en fonction. Un tribunal a bloqué une tentative par des parlementaires de le débarquer pour des faits présumés d'abus de pouvoir.

Avec AFP

 

Première publication : 08/03/2018

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