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EUROPE

107 millions de Russes appelés aux urnes pour une présidentielle "sans surprise"

© Kirill Kudryavtsev, AFP | Un électeur sort de l'isoloir, dans un bureau de vote de Moscou, le 18 mars 2018.

Vidéo par Elena VOLOCHINE

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/03/2018

À 65 ans et après 18 années passées au pouvoir, en tant que président ou Premier ministre, Vladimir Poutine devrait être confortablement réélu dimanche à la présidence russe, au terme d'un scrutin présenté comme joué d'avance.

Son sacre ne fait aucun doute. À 65 ans dont 18 ans passés à la tête du pays, Vladimir Poutine devrait être réélu haut la main dimanche 18 mars pour un quatrième mandat à la tête de la Russie. Plus de 107 millions d'électeurs sont appelés aux urnes à travers le plus grand pays du monde, où le vote a débuté dès samedi soir et dans la nuit en Sibérie et en Extrême-Orient, compte tenu du décalage horaire.

"Vous souvenez-vous de l'état de désolation dans lequel le pays était après Eltsine ? Personne ne nous respectait. Et maintenant ?", a déclaré à l'AFP une électrice de Saint-Pétersbourg de 70 ans, après avoir voté pour Vladimir Poutine.

"Il faut juste que ce ne soit pas pire qu'avant. [Vladimir Poutine] fait tout correctement en politique étrangère, mais en économie, tout va mal", explique une autre électrice. "Poutine n'a aucun programme. Rien ne change et plus ça va, pire c'est", affirme de son côté un électeur du candidat communiste Pavel Groudinine.

Interrogé après avoir déposé son bulletin dans l'urne à Moscou, Vladimir Poutine a assuré qu'il se satisferait de n'importe quel score du moment qu'il lui "donne le droit d'exercer la fonction de président".

Des fraudes dénoncées

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, exclu de la course après avoir été déclaré inéligible par la Commission électorale en raison d'une condamnation judiciaire pour détournement de fonds, a appelé au boycott de l'élection. Il a également dépêché plus de 33 000 observateurs dans les bureaux de vote. L'opposant a diffusé dès dimanche matin une vidéo qu'il a présentée comme montrant un bourrage d'urne dans un bureau de vote en Extrême-Orient. Ses partisans ont pour leur part dénoncé des entraves au travail des observateurs.

Interrogé par France 24, l'historien et géographe spécialiste de la Russie Oleg Kobtzeff estime que cette élection sera marquée par "l'émergence d'une future opposition". "Évidemment, le grand absent, c'est Navalny [...]. Pour le remplacer, [se présente] Ksenia Sobtchak, fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg et ancien mentor de Vladimir Poutine. Sera-t-elle vraiment celle qui pourra organiser une opposition libérale ? Parmi les opposants libéraux, on a beaucoup de doutes sur les intentions réelles de Ksenia Sobtchak, qui est une personnalité des médias beaucoup plus qu’une figure politique. On a des doutes sur sa légitimité. Beaucoup l’accusent de s’être entendue avec Vladimir Poutine pour faire figure de fausse opposante. Même si ce n’était pas vrai, il lui resterait à convaincre ceux qui suivent Alexei Navalny", juge Oleg Kobtzeff.

L'enjeu de la participation

Faute de suspense et vu les appels au boycott, le Kremlin a tout fait pour que la participation, seul véritable baromètre de ce scrutin, soit aussi forte que possible dimanche. Une campagne massive d'information et d'incitation au vote a ainsi été lancée et les autorités ont également facilité le vote hors du lieu de résidence. Selon des médias, des pression sur les fonctionnaires ou les étudiants pour aller aux urnes ont aussi été signalées.

L’envoyé spécial de France 24 Raphaël Kahane a aussi pu constater que tout avait été fait pour motiver les électeurs à se rendre aux urnes. "Nous avons entendu autour de nous des récits de Russes qui nous ont montré un billet de concert ou de spectacle qu’ils ont reçu pour les inciter à venir. On les a fait venir en masse également en car. Tout est fait pour doper ce taux de participation, car de cela dépendra la légitimité de Vladimir Poutine". Selon les premiers chiffres rapportés par l'agence publique TASS, la participation dépasse les 50 %, voire les 70 % dans plusieurs régions de l'Extrême-Orient.

Dimanche, le ministère français des Affaires étrangères a indiqué que "la France ne reconnaît pas l'organisation de l'élection présidentielle russe en Crimée", péninsule urkainienne annexée il y a quatre ans par Moscou. Pour le Quai d'Orsay, "la France reste fermement attachée au plein rétablissement de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues."

 

Les explications de notre envoyé spécial

Un contexte tendu avec l'Occident

La dernière semaine de campagne a été marquée par un regain de tension entre Moscou et les Occidentaux en raison de l'empoisonnement en Angleterre de l'ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille. Moscou n'a pas attendu que la présidentielle soit passée pour annoncer samedi 17 mars l'expulsion de 23 diplomates britanniques en rétorsion aux mesures de Londres.

Symboliquement, le scrutin se tient quatre ans jour pour jour après la ratification du rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie, décidé à l'issue d'un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

Avec AFP

Première publication : 17/03/2018

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