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Deux combattants français, rentrés en 2014 de Syrie, jugés aux assises

© AFP/Archives / Par Caroline TAIX | Entrée de la Cour d'Assises au palais de justice de Paris, le 6 octobre 2017

PARIS (AFP) - 

Les deux Français, dont un ancien militaire, étaient apparus ensemble en avril 2014 dans une vidéo de propagande du groupe État islamique tournée en Syrie. Détenus depuis leur retour en Europe en juin 2014, ils sont jugés aux assises à Paris à partir de lundi.

Tewffik Bouallag, 34 ans, a été arrêté à Berlin le 14 juin 2014, à sa descente d'un vol en provenance d'Istanbul, un mandat d'arrêt ayant été délivré contre lui. Il aurait rejoint la Syrie fin décembre 2013. Cet ancien délinquant, surnommé "Touf touf le ouf", reconnaît avoir participé à un combat, au cours duquel il a été blessé, indique une source proche du dossier.

Âgé de 29 ans, Erwan Guillard est rentré en Europe quelques jours plus tôt, le 8 juin 2014: il a pris un vol Istanbul-Berlin, puis un train, et s'est rendu le jour même au commissariat de police de Redon (Ille-et-Vilaine), ville où résidaient sa femme et ses enfants. Cet ancien parachutiste, converti à l'islam en 2009, était parti en Syrie en août 2013. Il reconnaît avoir combattu mais affirme ne pas avoir commis d'exactions, même si des photographies de têtes coupées ont été retrouvées dans ses affaires, selon l'enquête.

Tous deux seront jugés à Paris jusqu'au 26 mars par la cour d'assises spéciale, compétente pour statuer sur les crimes commis en matière de terrorisme et composée uniquement de magistrats professionnels. Ils comparaissent pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime d'atteinte aux personnes".

- Guérison miraculeuse -

C'est une vidéo de propagande, intitulée "Une journée passée avec les moudjahidine en France" et diffusée en avril 2014, qui a attiré l'attention sur ces deux hommes.

On y voit plusieurs Français inciter d'autres musulmans à venir faire le jihad en Syrie. Tewffik Bouallag, portant un fusil d'assaut, montre ses blessures à la tête et au mollet et raconte sa guérison qu'il juge miraculeuse. Erwan Guillard est présenté comme "un ex-soldat repenti de l'armée française dans les rangs de la dawla (l?État, pour l?État islamique, ndlr)". Une photo de lui en uniforme de l'armée française est montrée, alors qu'il raconte son parcours et explique qu'il appartient désormais au camp adverse.

Les deux accusés figurent également dans un document de l'EI, dévoilé par un jihadiste repenti, qui révélait des milliers de noms de personnes ayant rejoint l'organisation en 2013 et au premier semestre 2014, selon les enquêteurs.

Ils sont revenus en France quelques jours avant que l?État islamique en Irak et au Levant (EIIL) proclame un "califat" dirigé par son chef Abou Bakr al-Baghdadi sur les territoires conquis en Irak et en Syrie. Le groupe s'est fait ensuite appeler État islamique.

Après la déroute de l'EI ces derniers mois, la question du retour des combattants jihadistes se pose désormais avec une acuité nouvelle aux autorités françaises.

Erwan Guillard est l'un des rares "revenants" de cette zone à avoir reconnu avoir combattu. Mais il assure que son objectif était de soutenir la population syrienne contre Bachar al-Assad. Il affirme être rentré en France pour retrouver sa famille, déçu par les combats fratricides.

Une troisième personne sera jugée, Nayl Abou Bacar. Il est recherché et peut-être mort en Syrie.

Par Caroline TAIX

© 2018 AFP