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G20 Finances : bras de fer sur l'acier entre les Etats-Unis, la Chine et l'UE

© G20 Press Office/AFP | Réunion des ministres du G20 Finances, à Buenos Aires, le 19 mars 2018

BUENOS AIRES (AFP) - 

La réunion des ministres des Finances de Buenos Aires a tourné lundi au bras de fer sur l'acier entre les Etats-Unis, la Chine et l'UE, chacun campant sur ses positions, sur fond de risques de guerre commerciale.

Le rendez-vous de Buenos Aires, premier de la présidence argentine du G20, intervient quatre jours seulement avant l'entrée en vigueur, vendredi, des droits de douane américains de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium, à l'exception du Canada et du Mexique.

Du coup, la Chine et les Etats-Unis ont "montré leurs muscles" lors de la première journée du G2O Finances, notamment lors de la rédaction du communiqué final qui sera diffusé mardi, ont indiqué des sources proches des négociations.

Quant aux Européens, ils ont demandé aux Etats-Unis de les exempter des taxes douanières, rappelant qu'ils sont des alliés de Washington et qu'ils ne sont pas la source du problème, contrairement à la Chine.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, l'a rappelé au secrétaire au Trésor Steven Mnuchin lors d'un entretien en marge du G20, où il a reconnu l'existence de surcapacités dans l'acier, pointant du doigt le géant asiatique, dont la production abondante est décriée depuis des années par ses partenaires au G20.

Mais il a lancé aussi un avertissement à Washington. "Personne ne comprendrait que l'UE, au bout du compte, ne soit pas exemptée globalement de cette augmentation des tarifs sur l'acier et l'aluminium décidée par les Etats-Unis", a affirmé le ministre à l'AFP.

Les déclarations de M. Le Maire sont intervenues alors que le ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier a estimé à Washington que les Etats-Unis et l'UE pourraient trouver un compromis dès cette semaine dans ce conflit les opposant sur les taxes américaines.

- Duel fiscal entre les USA et l'UE -

Autre sujet de tension entre les Etats-Unis et l'Europe : la taxation des géants du numérique, ou Gafa. Cet acronyme désigne les quatre mastodontes américains du secteur (Google, Amazon, Facebook, Apple), dont les pratiques d'optimisation fiscale sont régulièrement pointées du doigt.

Avant la réunion de Buenos Aires, les membres du G20 ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur la manière de les imposer, ni à long terme ni à court terme, ouvrant la voie à des mesures unilatérales en attendant que la communauté internationale s'entende sur un accord global.

L'élaboration du communiqué reflète ces difficultés. Les pays du G20 devraient y exprimer "la volonté de travailler ensemble pour trouver une solution d'ici 2020", ont indiqué les sources à l'AFP. La question est de savoir s'ils vont mentionner "leurs points de vue divergents" dans le texte, ont-elles ajouté.

La Commission européenne doit présenter ses propres mesures dès mercredi à Bruxelles, dans la foulée du G20 Finances de Buenos Aires.

Dans un entretien à l'AFP, le commissaire européen Pierre Moscovici a nié que ces mesures soient des représailles contre les Etats-Unis après leur mesures sur l'acier et l'aluminium.

"Il ne s'agit en rien de mesures qui sont une riposte à une situation et il ne s'agit en rien d'une mesure anti-américaine", a-t-il affirmé, soulignant que la proposition européenne allait au-delà des Gafa.

"Nous définissons une stratégie pour la fiscalité des géants du numérique dans leur ensemble, quelle que soit leur nationalité", a-t-il assuré.

Il n'empêche que M. Mnuchin a lancé un avertissement dès vendredi. "Les Etats-Unis s'opposent fermement aux propositions de quelque pays que ce soit de cibler les compagnies numériques", a-t-il prévenu.

Dans ce contexte tendu, les ministres des grandes puissances éviteront une fois de plus de condamner le "protectionnisme", mot banni des déclarations du G20 depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Il devrait être remplacé par une pudique critique des "inward looking policies", c'est à dire "des politiques tournées vers l'intérieur".

M. Le Maire s'est voulu plus explicite. "Je dis les choses de façon beaucoup plus nette : Oui, l'augmentation des mesures tarifaires, c'est du protectionnisme. Oui, le protectionnisme est une menace pour notre croissance. Regardons les choses en face", a-t-il déclaré.

© 2018 AFP