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FRANCE

Financement libyen de la campagne de Sarkozy : qui sont les protagonistes ?

© Eric Feferberg, AFP | Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi sur le perron de l'Élysée en 2007.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/03/2018

L'ex-président Nicolas Sarkozy a été mis en examen, mercredi, dans l'enquête sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Kadhafi. Retour sur les principaux protagonistes "libyens" dans cette affaire.

Après plus de 20 heures de garde à vue, l’ancien président français Nicolas Sarkozy a été mis en examen, mercredi 21 mars, pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens" dans l'enquête sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi. C’était la première fois que l’ancien chef d’État français était entendu par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) dans cette affaire instruite par le pôle financier depuis 2013.

>> À lire : Nicolas Sarkozy, un ancien président face à ses dossiers judiciaires

Cette nouvelle étape marque un coup d'accélérateur dans cette enquête tentaculaire, née de la publication en 2012 par le site d’information Médiapart d’une note datée de 2006, attribuée à un dignitaire libyen, laissant penser à un tel financement d’un montant de 50 millions d’euros. Un "faux grossier", a dénoncé Nicolas Sarkozy.

Voici les principaux protagonistes "libyens" cités dans cette affaire.

Mouammar Khadafi, le "Guide suprême"

L’autoproclamé "guide suprême" libyen, Mouammar Kadhafi, au pouvoir dès 1969, est mort le jeudi 20 octobre 2011 en Libye, sept mois après le début de l'intervention de l'Otan. La France est alors en première ligne face au dictateur. Nicolas Sarkozy avait été le premier chef d’État à reconnaître le Conseil national de transition (CNT) comme seul représentant légitime du peuple libyen en mars 2011, prenant de court ses partenaires européens.

Mouammar Kadhafi, longtemps mis au ban de la communauté internationale pour son soutien au terrorisme, avait alors qualifié de "fou" le président français alors que les deux hommes entretenaient quelques années plus tôt des relations diplomatiques. L’illustration la plus marquante des liens entre les deux pays avait été l’accueil pendant cinq jours du "Guide" à Paris, en 2007, qui avait installé sa vaste tente bédouine dans les jardins de l’hôtel Marigny.

Selon Médiapart, Nicolas Sarkozy aurait sollicité un appui financier à Mouammar Kadhafi "dès son premier voyage officiel en Libye en octobre 2005, lors d’une rencontre en tête-à-tête, selon (l’intermédiaire) Ziad Takieddine, présent sur place ce jour-là." Il était alors ministre de l’Intérieur. Quelques jours avant l'intervention de la coalition, le fils du dictateur, Seïf al-Islam, avait affirmé sur Euronews que la Libye avait financé la campagne du candidat Sarkozy, sans fournir de preuves

Ziad Takieddine, l'intermédiaire

Ziad Takieddine, très proche conseiller de Mouammar Kadhafi,serait le destinataire du document daté de 2006, révélé six ans plus tard par Médiapart, attestant du financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions, ce qu’il dément. Quelques jours après la publication de cette note, entre les deux tours de la présidentielle, l’homme qui se trouvait en France depuis la chute du dictateur a été extradé discrètement en Afrique du Sud où il est toujours exilé, malgré un mandat d’arrêt international émis à son encontre pour détournement de fonds publics en Libye. Cette extradition, via le Niger, aurait été réalisée par l'intermédiaire d'Alexandre Djouhri avec l'aide du patron de la DCRI, Bernard Squarcini, selon les informations du Monde. Quand les juges français se sont déplacés en avril 2017 en Afrique du Sud pour l’interroger, l’ancien conseiller a exercé son droit au silence.

La justice française s’intéresse aussi à la vente suspecte en 2009 d'une villa située dans les Alpes-Maritimes à un fonds libyen qu’il gérait. Les magistrats soupçonnent l'homme d'affaires Alexandre Djouhri, encore lui, d'avoir été le véritable propriétaire du bien et de l'avoir cédé pour 10 millions d'euros, soit plus du double du prix du marché, une transaction qui aurait pu être effectuée pour dissimuler d'éventuels versements occultes.

Moussa Koussa, l’ex-chef des renseignements réfugié au Qatar

L’ancien chef des renseignements libyens puis ministre des Affaires étrangères serait l’auteur de la note révélée par Médiapart. Entendu en août 2014, au Qatar, où il est réfugié depuis la chute du régime libyen, il avait contesté sa signature, tout en déclarant que "le contenu" du document n’était "pas faux", selon les informations du Journal du Dimanche. Moussa Koussaattribue la paternité du document au chef de l'exécutif libyen d'alors, Baghdadi el-Mahmoudi.

Ce n’est pas l’avis du collège d’experts en écritures désigné par les juges Français. "Rendue le 6 novembre, la conclusion des trois graphologues est formelle : la signature figurant sur le document est "de la main de Moussa Koussa", l’ancien chef des services secrets du régime libyen, révèle Médiapart.

Choukri Ghanem, l’ancien ministre du pétrole, mort dans des conditions troubles

Les juges ont entre leurs mains un carnet appartenant à cet ancien ministre libyen du Pétrole dans lequel il mentionne trois paiements destinés à Nicolas Sarkozy en avril 2017, pour au moins 6,5 millions d'euros selon Mediapart, qui a révélé son existence. "C’est un petit carnet qui pourrait bien devenir le pire cauchemar de Nicolas Sarkozy", écrit le site d’information en introduction de ces nouvelles révélations.

Choukri Ghanem n’est plus là pour en parler puisqu’il a été retrouvé noyé dans le Danube en 2012. Le décès de cet ancien directeur de recherche de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), chef du gouvernement entre 2003 et 2006, est jugé "hautement suspect" d’après des courriels envoyés à Hillary Clinton par la police autrichienne et Interpol, et révélés par WikiLeaks.

Abdahallah Senoussi, l’ancien chef du renseignement militaire qui parle

Le placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy serait la conséquence de nouveaux éléments apportés aux enquêteurs par plusieurs dignitaires libyens, dont Abdahallah Senoussi, ancien chef du renseignement militaire libyen et beau-frère de Khadafi, selon les informations publiées par l’Obs.

C’est lui déjà qui, en 2012, lors d'une audition à la Cour pénale internationale, alors qu'il est incarcéré par le nouveau pouvoir libyen, avait affirmé avoir supervisé le transfert de 5 millions d'euros pour la campagne de Sarkozy par l'intermédiaire de Claude Guéant et Ziad Takieddine.

Première publication : 21/03/2018

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