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L'humanité fait face à la plus grave extinction d'espèces depuis la disparition des dinosaures

© Tony Karumba, AFP | Sudan, le dernier rhinocéros blanc mâle du nord, est mort en mars, au Kenya, à l'âge de 45 ans.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/03/2018

La planète est confrontée à la sixième extinction d'espèces de plantes et d'animaux de son existence, la première depuis la disparition des dinosaures, révèle une étude.

C'est une première depuis la disparition des dinosaures il y a environ 65 millions d'années : l'humanité est confrontée à une extinction majeure d'espèces de la faune et de la flore dans toutes les régions du monde, selon une vaste enquête scientifique révélée vendredi 23 mars, qui pointe la surexploitation de la planète.

"Nous sommes en train de saboter notre propre bien-être à venir !", a déclaré à l'AFP Robert Watson, président de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), à l'origine de cette enquête. Durant trois ans, plus de 550 chercheurs ont travaillé bénévolement sur ces évaluations régionales, qui synthétisent les données d'environ 10 000 publications scientifiques, sur les Amériques, l'Afrique, l'Asie-Pacifique et l'Europe-Asie centrale. Le résultat final couvre la totalité de la Terre, hormis les eaux internationales des océans et l'Antarctique.

Si rien n'est fait pour enrayer la tendance, la ressource en poissons de la région Asie-Pacifique sera ainsi épuisée d'ici 30 ans et jusqu'à 90 % de ses coraux gravement détériorés d'ici 2050. En Afrique, ce sont plus de la moitié des espèces d'oiseaux et de mammifères qui seront perdues d'ici 2100, avertit cette étude compilée pour l'IPBES dans quatre énormes rapports régionaux.

"La biodiversité continue à décliner dans chaque région du monde, réduisant significativement la capacité de la nature à contribuer au bien-être de la population. Cette tendance alarmante menace des économies, des moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout" dans le monde, soulignent ces rapports longs de 600 à 900 pages.

"La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est pas trop tard"

"Trop de gens pensent encore que l'environnement est un luxe. Mais ce n'est pas le cas !", a déploré Robert Watson, en faisant le lien entre "biodiversité et changement climatique que nous devons considérer ensemble". En Europe et Asie centrale, "la population de la région consomme plus de ressources naturelles renouvelables que ce qu'elle produit", a pour sa part précisé le botaniste suisse Markus Fischer.

Au cours du siècle écoulé, deux espèces de vertébrés ont disparu chaque année en moyenne sur la Terre. Une autre est sur le point de disparaître avec la mort récente de Sudan, célèbre rhinocéros blanc du Kenya et dernier mâle de son espèce, décimée par le braconnage et dont il ne reste que deux femelles. "Si nous continuons ainsi, oui, la sixième extinction, la première causée par les humains, va se poursuivre !", a averti Robert Watson, ajoutant toutefois que "la bonne nouvelle, c'est (...) qu'il n'est pas trop tard".

Car les rapports de l'IPBES suggèrent aussi des pistes pour minimiser l'impact des activités humaines sur l'environnement : créer davantage d'aires protégées, restaurer les zones dégradées et développer l'agriculture durable.

"Le monde gaspille environ 40 % de la nourriture qu'il produit (...) Si nous pouvions réduire le gaspillage de nourriture, nous n'aurons pas nécessairement à doubler sa production dans les 50 prochaines années", a suggéré le président de l'IPBES.

Avec AFP

Première publication : 23/03/2018

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