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FRANCE

Violences à Gaza : un 17e Palestinien décède, Israël refuse toute enquête indépendante

© Said Khatib, AFP | Des Palestiniens protestant contre les violences israéliennes, le 1er avril.

Vidéo par Noémie ROCHE

Dernière modification : 02/04/2018

Un Palestinien est décédé, lundi, après avoir été blessé par des tirs de soldats israéliens vendredi. Au total, 17 personnes ont été tuées lors de manifestations. Israël refuse toute enquête indépendante souhaitée par la communauté internationale.

Un Palestinien est décédé, lundi 2 avril, après avoir été blessé par des tirs de soldats israéliens lors des manifestations de vendredi. Ce décès porte à 17 le nombre de Palestiniens tués lors du rassemblement, a indiqué le ministère de la santé dans la bande de Gaza.

Faris al-Raqib, 29 ans, avait été blessé à l'estomac dans le sud de la bande de Gaza durant une marche qui avait réuni des dizaines de milliers manifestants palestiniens. Ce vendredi a constitué la journée la plus sanglante depuis la guerre de 2014 menée par Israël dans l'enclave palestinienne. Outre les manifestants tués, plus de 1 400 personnes ont été blessées, dont 758 par des tirs à balles réelles.

>> À voir sur France 24 : "Reportage : les Gazaouis veulent poursuivre leur 'marche du retour'"

L'usage de balles réelles par l'armée israélienne lors des manifestations est au cœur des interrogations de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l'Homme. Les Palestiniens accusent les soldats israéliens d'avoir tiré sur des manifestants qui ne représentaient aucun danger immédiat.

Violences à Gaza : "Netanyahou pense avoir toute marge de manœuvre"

"Hypocrites"

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont réclamé une "enquête indépendante" sur l'usage par Israël de balles réelles, une demande rejetée par l'État hébreu.

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a qualifié d'"hypocrites" les appels à ouvrir une enquête. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a également rejeté toutes les critiques, félicitant même l'armée, "la plus éthique du monde".

De son côté, Washington a bloqué samedi soir un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appelant "toutes les parties à la retenue et à prévenir toute escalade supplémentaire" et demandant une enquête sur les affrontements.

"Graves incidents"

Vendredi, des dizaines de milliers de Palestiniens avaient afflué vers la barrière séparant Israël de la bande de Gaza, au premier jour de "la marche du retour". Cette protestation, censée durer six semaines, vise à réclamer "le droit au retour" des Palestiniens qui, par centaines de milliers, ont été chassés de leurs terres ou ont fui lors de la guerre ayant suivi la création d'Israël en 1948.

L'armée israélienne a ouvert le feu sur les manifestants qui s'étaient approchés à quelques centaines de mètres de la clôture ultra-sécurisée. Israël a défendu son armée qui, selon elle, a tiré contre ceux qui jetaient des pierres et des cocktails Molotov sur les soldats, ou tentaient d'endommager la clôture et de s'infiltrer en Israël.

>> À voir dans notre Revue de presse : "À Gaza, ce n'était pas Woodstock"

L'armée a de son côté assuré, samedi soir, que dix des Palestiniens tués avaient des "passés terroristes" au sein du Hamas et d'autres groupes. Mais des organisations de défense des droits de l'Homme se sont interrogées sur la réaction disproportionnée des forces de sécurité israéliennes.

"Alors que certains manifestants palestiniens ont jeté des pierres et d'autres objets vers la barrière, il est difficile de croire qu'il s'agit d'une menace imminente pour la vie de soldats bien équipés et protégés par des tireurs d'élite, des tanks et des drones", affirme Amnesty International dans un communiqué.

La France a pour sa part exprimé sa "plus vive préoccupation" face à ces "graves incidents", appelant les autorités israéliennes à agir "avec la plus grande retenue" et rappelant "le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement", selon un communiqué du Quai d'Orsay.

Avec AFP

Première publication : 02/04/2018

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