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Amériques

Équateur : Lenin Moreno envoie l’armée à la frontière colombienne après la mort de deux journalistes

© Rodrigo Buendia, AFP | Le président Lenin Moreno a annoncé la nouvelle de l'assassinnat des deux journalistes et de leur chauffeur, vendredi 13 avril 2018.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/04/2018

Le président équatorien, Lenin Moreno, a confirmé vendredi que les deux journalistes et le chauffeur du quotidien El Comercio, enlevés fin mars à la frontière avec la Colombie, avaient été tués. L'armée va être déployée à la frontière.

C'est la voix brisée par l'émotion que le président équatorien, Lenin Moreno, a annoncé vendredi 13 avril ce que redoutait le pays tout entier : le reporter Javier Ortega, 32 ans, le photographe Paul Rivas, 45 ans, et leur chauffeur Efrain Segarra, enlevés fin mars à la frontière avec la Colombie, ont été tués par leurs ravisseurs.

"Malheureusement, l'information que nous avons confirme l'assassinat de nos compatriotes", a annoncé le chef d'État dans une déclaration à la presse à Quito. "Nous sommes en deuil", a-t-il ajouté alors que quelques heures venaient de s'écouler depuis la fin de l'ultimatum qu'il avait lancé aux ravisseurs, leur exigeant de prouver que les otages étaient encore en vie.

L'armée déployée

Le président, qui avait promis d'agir "avec la plus grande fermeté" pour "punir ces gens" en l'absence de réponse positive, a immédiatement mis sa menace à exécution. "Nous avons relancé (...) les opérations militaires et policières qui avaient été suspendues dans la zone frontalière et décidé le déploiement immédiat des unités d'élite des forces armées et de la police nationale à cet endroit", a-t-il annoncé.

Les espoirs concernant le sort des otages, enlevés le 26 mars lors d'un reportage à la frontière entre l'Équateur et la Colombie, s'étaient amincis au fil de la matinée, au lendemain de la diffusion de photos inquiétantes de leurs possibles cadavres.

Jeudi soir, Lenin Moreno avait quitté en urgence le Sommet des Amériques à Lima pour rentrer en Équateur et vendredi, il a tenu une réunion de crise avec son gouvernement et les responsables de la sécurité du pays.

Son homologue colombien, Juan Manuel Santos, a envoyé à Quito son ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas, ainsi que les plus hauts dirigeants de l'armée et de la police colombienne.

Période de troubles à la frontière

La confirmation de leur mort représente un coup terrible pour l'Équateur qui n'avait pas été confronté à un enlèvement de journalistes depuis des décennies et se targuait d'être un havre de paix face à la violence générée par le narcotrafic en Colombie.

Depuis le début, Bogota accuse des guérilleros colombiens dissidents, groupés sous le nom de "Front Oliver Sinisterra" et liés au trafic de drogue, d'être les ravisseurs. Cette organisation, qui compte entre 70 et 80 hommes, est dirigée par un Équatorien, Walter Artizala, surnommé Guacho, qui est l'un des hommes les plus recherchés aussi bien en Colombie qu'en Équateur.

L'assassinat des trois hommes est l'épisode le plus dramatique d'une vague de violence inédite qui secoue l'Équateur à sa frontière. Depuis janvier, cette zone où opèrent des dissidents de l'ex-guérilla des Farc a été le théâtre d'une série d'attaques qui ont tué trois soldats équatoriens et fait 43 blessés, civils et militaires.

Ces attentats pourraient être la conséquence directe de l'accord de paix historique signé fin 2016 entre le gouvernement colombien et les Farc. Le désarmement de ce qui fut la plus puissante guérilla d'Amérique latine, devenue depuis un parti politique, a en effet déclenché des guerres de territoires entre guérilleros dissidents, ex-paramilitaires démobilisés et autres groupes armés.

Avec AFP

Première publication : 13/04/2018

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