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Moyen-Orient

Armes chimiques en Syrie : "la ligne rouge" et l'échec du désarmement

© Iakovos Hatzistavrou, AFP | Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont frappé ensemble l'arsenal chimique syrien, samedi 14 avril.

Texte par Romain HOUEIX

Dernière modification : 14/04/2018

Depuis le début du conflit, le régime syrien a été accusé à de nombreuses reprises d'avoir eu recours à des armes chimiques. Pourtant, un accord, conclu en 2013 sous le patronage de la Russie, prévoyait la destruction de cet arsenal.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont frappé ensemble un "centre de recherche" et "deux centres de production" dédiés à l'armement chimique syrien, dans la nuit du 13 au 14 avril. Des actions militaires que les trois alliés justifient par le franchissement de "la ligne rouge, définie par Barack Obama en 2012 : l'utilisation d'armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad.

Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, les forces en présence, en particulier celles du régime, ont été accusées à de nombreuses reprises d'avoir eu recours à des armes chimiques. En 2013, pour éviter une escalade du conflit, un accord americano-russe avait été signé sur la destruction de l'arsenal chimique du gouvernement syrien. Cinq ans plus tard, il semble que le démantèlement n'ait pas été mené à bien.

>> À lire aussi : Syrie : de la difficulté d'enquêter sur les attaques chimiques

La ligne rouge de Barack Obama

Dès juillet 2012, le régime de Bachar al-Assad a reconnu posséder des armes chimiques. En réaction, le président américain, Barack Obama, déclare un mois plus tard que l’utilisation d’armes chimiques constitue "une ligne rouge" à ne pas franchir sous peine "d’énormes conséquences". À l'époque, les États-Unis sont réticents à s'engager sur un nouveau terrain d'opération. La formule de la "ligne rouge" se veut avant tout dissuasive.

Pourtant, Barack Obama se retrouve au pied du mur un an plus tard lorsqu'en août 2013, l'opposition syrienne accuse le régime d'avoir eu recours à des gaz toxiques lors d'attaques dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, près de Damas. Près de 1 400 victimes sont à déplorer, dont 426 enfants.

Une coalition entre Washington, Londres et Paris se dessine pour frapper la Syrie. Mais au dernier moment, le Parlement britannique refuse de voter les frappes. Barack Obama, de crainte de se mettre à dos le Congrès, recule également. Isolé, Paris n'a d'autres choix que de le suivre. François Hollande reste convaincu qu'il s'est agi "d'une occasion manquée qui aurait pu changer le cours de la guerre".

>> À voir : "Les frappes ont une efficacité plus symbolique que militaire"

L'accord inachevé de 2013

La Russie profite de la reculade pour s’imposer dans le jeu syrien. Elle force Damas à adhérer à l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Le 14 septembre 2013, un accord américano-russe est signé à Genève sur le démantèlement de l'arsenal chimique.

Un an plus tard, le 19 août 2014, les États-Unis se félicitent de la destruction en Méditerranée des éléments de l'arsenal chimique syrien. Au total, 581 tonnes de matériel pour produire du sarin et 19,8 tonnes d’agents destinés au gaz moutarde ont été détruites, sous la supervision de l'OIAC.

Mais, parallèlement, Barack Obama s'inquiète de divergences et des omissions quant aux déclarations faites par la Syrie à l’OIAC et suspecte le régime d'utiliser désormais du chlore comme arme.

Fin août 2016, une commission d'enquête de l'ONU et de l'OIAC affirme que des hélicoptères militaires syriens ont répandu du chlore sur au moins deux localités de la province d'Idleb (nord-ouest), à Talmenes en 2014 et Sarmine en 2015. En octobre 2016, un rapport de cette même commission conclut que l'armée syrienne a mené une attaque à l'arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas (province d'Idleb) en 2015.

Il faut attendre l'attaque du 4 avril 2017 sur Khan Cheikhoun pour que l'Occident se décide à réagir. Dans cette localité contrôlée par les rebelles de la province d'Idleb, les symptômes relevés suite au raid aérien du régime sont similaires à ceux constatés sur des victimes d'une attaque chimique. Au moins 83 personnes meurent dans cette attaque.

En représailles, Donald Trump ordonne des frappes de missilles Tomahawk sur la base aérienne syrienne d'Al-Chaayrate (centre), dans la nuit du 6 au 7 avril. Les experts de l'OIAC et de l'ONU confirmeront par la suite que du gaz sarin a été utilisé et que le régime est responsable de l'attaque. Ce dernier dément.

La nouvelle ligne rouge

Élu en mai 2017, le nouveau président français Emmanuel Macron s'approprie le concept de "ligne rouge" de Barack Obama. Lors de la réception de Vladimir Poutine à Versailles, il reprend à son compte l'expression et affirme que le recours à de telles armes "par qui que ce soit" ferait l’objet d’une "riposte immédiate".

La Russie, alliée du régime, nie cependant l'existence d'un arsenal chimique. Mi-mars 2018, elle a même accusé les rebelles de chercher à mettre en scène des attaques chimiques qui serviraient de prétexte à des frappes occidentales.

Cependant, le 7 avril les Casques Blancs, des secouristes en zones rebelles, un groupe insurgé et l'opposition en exil accusent le régime d'avoir mené une attaque chimique à Douma, dans la Ghouta orientale. Le régime syrien dément, à nouveau, une telle attaque, tout comme son allié russe.

Cependant, dans une interview télévisée, le président français affirme que la France, sans attendre une enquête de l'OIAC, disposait de preuves d'attaque chimiques. De concert avec les États-Unis et le Royaume-Uni, Emmanuel Macron a donc ordonné des frappes sur le régime syrien.

Un rapport français déclassifié samedi pointe du doigt les responsabilités de la Russie dans l'attaque chimique du 7 avril attribuée "sans doute possible" au régime de Damas.

"Il n'existe pas d’autre scénario plausible que celui d’une action des forces armées syriennes dans le cadre d’une offensive globale dans l’enclave de la Ghouta orientale", peut-on lire.

L'utilisation de munitions chimiques  "permet de déloger des combattants ennemis abrités dans des habitations afin d’engager le combat urbain dans les conditions les plus avantageuses pour le régime", note le document.

Or la Russie, alliée indéfectible de la Syrie, "a indéniablement apporté un soutien militaire actif aux opérations de reconquête de la Ghouta orientale", peut-on y lire.

"Elle a par ailleurs constamment apporté une couverture politique au régime syrien sur l’emploi de l’arme chimique, que ce soit au Conseil de sécurité de l'ONU ou à l'OIAC, en dépit des conclusions contraires du JIM" - mécanisme conjoint d'enquête entre l'ONU et l'OIAC.

Avec AFP

Première publication : 14/04/2018

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