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FRANCE

Syrie : la France justifie ses frappes "légitimes" et "circonscrites"

© Fred Tanneau, AFP | La France a riposté à l’attaque chimique du régime de Damas en utilisant pour la première fois des missiles de croisière navals (MCDN)

Texte par Romain HOUEIX

Dernière modification : 14/04/2018

La ministre française des Armées, Florence Parly, a détaillé samedi le dispositif militaire français ayant frappé le régime syrien. Elle défend une action visant à "empêcher le régime de faire à nouveau usage d'armes chimiques".

Sept jours après l'attaque chimique imputée au régime de Bachar al-Assad, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont effectué une série de frappes dans la nuit du 13 au 14 avril en Syrie. Les actions françaises ont visé "deux centres de production" du "programme clandestin chimique" du régime syrien, a annoncé samedi la ministre des Armées, Florence Parly.

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"C'est la capacité de développer, de mettre au point et de produire des armes chimiques qui est atteinte", a-t-elle déclaré au cours d'une déclaration conjointe avec Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires Étrangères, au palais de l'Elysée. "Le but est simple : empêcher le régime de faire à nouveau usage d'armes chimiques."

"Les infrastructures visées ont servi à développer et à produire des substances utilisées pour tuer des hommes, des femmes et des enfants syriens au mépris de toutes les normes du droit et de la civilisation", a insisté Florence Parly.

Des frégates et des avions de chasses français déployés

L'opération a été lancée aux alentours de 3 heures du matin (1 heure GMT), a expliqué Florence Parly.

"Des frégates multimissions, accompagnées de bâtiment de protection et de soutien, ont été déployées en mer Méditerranée. Dans le même temps un raid aérien est parti en début de nuit de plusieurs bases aériennes en France afin de rejoindre les côtes de la Syrie", a détaillé la ministre des Armées. "Ces différents moyens ont tiré de manière parfaitement coordonnée des missiles de croisière (...) en étroite synchronisation avec nos alliés américains et britanniques."

Selon l'Élysée, la France a engagé cinq Rafale, quatre Mirage 2000, deux Awacs, cinq tankers pour le ravitaillement et cinq frégates. Douze missiles français auraient été tirés dont 9 par des Rafale lors de ce raid.

"Rien ne nous laisse penser qu'ils puissent avoir été interceptés", a déclaré le porte-parole de l'état major des armées à des journalistes.

"Nous ne cherchons pas la confrontation et nous refusons toute logique d'escalade militaire. C'est la raison pour laquelle, avec nos alliés, nous avons veillé à ce que les Russes soient prévenus en amont", a tenu à souligner la ministre.

Florence Parly a déclaré qu'un bilan complet de l'opération allait être publié dans les prochaines heures.

Des actions "légitimes" et "circonscrites"

L'opération militaire menée par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France est "légitime", "proportionnée et ciblée", a estimé Jean-Yves Le Drian.

>> À lire aussi : Syrie : de la difficulté d'enquêter sur les attaques chimiques

"L'escalade chimique en Syrie n'est pas acceptable", a-t-il dit. "La fabrication et l'utilisation de ces armes représentent une menace pour la paix et la sécurité internationale."

"L'emploi de ces armes de terreur transgresse les conventions parmi les plus anciennes", a noté Jean-Yves Le Drian en évoquant le protocole de 1925 prohibant l'emploi guerre d'armes chimiques en temps de guerre et la convention internationale d'interdiction des armes chimiques de 1993.

"En septembre 2013, le Conseil de sécurité avait décidé par sa résolution 2118 que la Syrie devait se tenir à cet engagement sous peine d'encourir des mesures relevant du chapitre 7 de la Charte des Nations unies", a-t-il dit. "Le chapitre 7 a un sens clair, c'est le recours à des mesures militaires pour contraindre ceux qui menacent la paix et la sécurité internationale", a-t-il justifié.

Le ministre des Affaires étrangères a conclu sa déclaration en affirmant que la France voulait travailler "dès maintenant à la reprise" du processus politique syrien. "Un plan de sortie de crise doit être trouvé, avec une solution politique", a-t-il affirmé.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 14/04/2018

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