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L'université de Nanterre bloquée, les partiels de lundi matin reportés

© AFP/Archives | Des étudiants et des gendarmes face à face devant l'université de Nanterre le 9 avril 2018

NANTERRE (AFP) - 

La quasi totalité de l'université de Nanterre était bloquée lundi matin par des étudiants pour protester contre la réforme de l'accès à la fac, entraînant le report des partiels de la matinée, a annoncé l'université.

Dès 8H00, presque tous les bâtiments étaient bloqués dont les portes du bâtiment F, devant lequel des dizaines d'étudiants venus passer leurs partiels patientaient. Des banderoles proclamant "La fac n'est pas une boîte de nuit, non à la sélection", ou "Macron, la chienlit c'est lui" , étaient attachées à l'entrée du bâtiment, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Ce matin à Nanterre, on avait des examens qui se tenaient et une tentative de perturber ces examens avec des cheminots de SUD Rail. (...) Si maintenant les cheminots décident que les étudiants ne passent par leurs examens, on peut se poser des questions sur une récupération politique de ce mouvement", a réagi sur LCP la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal.

Selon la ministre, quatre universités demeurent bloquées et entre 10 et 12 sites font l'objet de perturbations.

A Nanterre, université emblématique de région parisienne d'où était partie la contestation en Mai 68, seuls la bibliothèque et le bâtiment des chercheurs restaient ouverts. Vers 10H00, environ 200 étudiants tentaient de bloquer la présidence aux cris de "Balaudé, démission", du nom du président de l'établissement, Jean-François Balaudé.

"Comment peut-on continuer à aller en cours, à faire nos partiels, alors que cette loi est en train d'être mise en place contre l'avis de la majorité des étudiants et du personnel, alors que des étudiants se font matraquer ?", a lancé Victor, militant à l'Unef et au NPA, à l'adresse des étudiants.

"Notre objectif c'est d'obtenir le retrait de cette loi. (...) C'est pour ça qu'on a voté deux mesures essentielles pour ne pas pénaliser les étudiants: annulation des partiels tant qu'il y a grève et la validation automatique des TD (travaux dirigés)", a-t-il expliqué, sous les applaudissements et les huées de certains étudiants rassemblés devant le bâtiment.

Le blocage avec occupation est prévu jusqu'à l'assemblée générale de mardi à 10H00, qui décidera ou non de la prolongation du mouvement.

Devant le bâtiment de langues, deux étudiantes en L2, d'accord "sur le fond" avec les grévistes, s'inquiétaient en vue de la préparation de leur année à l'étranger à la rentrée prochaine.

"Je serais allée manifester avec eux mais la fac allemande attend mes résultats", regrettait l'une d'entre elles, qui ne souhaite pas donner son prénom et qui avait six examens cette semaine.

Perrine, étudiante en L2 d'économie et plutôt favorable à la loi, faisait en revanche part de sa colère: "C'est n'importe quoi, tout le monde est énervé".

Lundi dernier, les CRS étaient intervenus à Nanterre pour évacuer un bâtiment de l'université occupé.

© 2018 AFP