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La prison ultrasécurisée d'Alençon prépare l'arrivée de détenus radicalisés

© AFP / Par Chloé COUPEAU | Des gardiens de prison portant des uniformes de policiers entrent dans une cellule de la prison ultrasécurisée de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon le 12 mars 2018

CONDÉ-SUR-SARTHE (FRANCE) (AFP) - 

Des grilles à la place des barreaux, des espaces verts retirés des promenades afin que rien n'y soit caché : derrière ses murs plus élevés qu'ailleurs et ses miradors plus nombreux, la prison déjà ultrasécurisée de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon, prépare l'ouverture d'un quartier pour détenus radicalisés, en renforçant encore la forteresse.

Cette maison centrale flambant neuf inaugurée en mai 2013 est "une structure sécuritaire qui va être renforcée en plus. Si il y a un incident, on a déjà montré qu'on est en capacité de retenir" la violence, estime Jean-Paul Chapu, directeur de cette prison spécialisée - comme l'établissement jumeau ouvert en 2015 à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) - dans l'accueil les détenus qui ont posé problème ailleurs.

C'est dans ces deux prisons, les plus sécurisées de France, que doivent être créés les deux nouveaux quartiers de prise en charge des personnes radicalisées (QPR) annoncés en février par le gouvernement. Il n'en existe qu'un aujourd'hui en France, à Lille-Annoeulin (Nord).

Ici à Condé, les surveillants sont habitués à revêtir casques et combinaisons pare-coups, qui ressemblent à celles de CRS, pour servir le repas à certains détenus en quartier disciplinaire. Car si les agressions sont "beaucoup moins nombreuses" qu'ailleurs, elles sont aussi "beaucoup plus violentes", selon direction et syndicat. Mardi un détenu doit être jugé en correctionnelle pour avoir en février agressé de trois coups de stylo à la gorge un surveillant qui s'est vu prescrire 45 jours d'ITT.

Après des débuts difficiles, l'établissement est aujourd'hui "stabilisé", assure toutefois la direction. "Il y a eu des aménagements de peine, ce qui n'était pas acquis d'avance. C'est une petite soupape", explique M. Chapu.

Condé va donc pouvoir à partir de "fin août/début septembre" accueillir jusqu'à une quarantaine de détenus en QPR, ou en quartier d'évaluation de la radicalisation (QER), par lequel passent durant quatre mois les détenus avant d'être orientés vers un QPR ou une cellule classique. Le nombre de détenus pourrait ainsi atteindre 140 avant 2019 dans cet établissement de 204 places.

- Miradors et passe-menottes -

Près de 600.000 euros vont être investis dans cette prison qui en a coûté 67 millions pour adapter celui des trois bâtiments converti en QER/QPER. Les barreaux vont être remplacés par des grilles aux fenêtres ; la vidéo surveillance sera encore renforcée ; les cellules vont être équipées de passe-menottes, qui permettent de menotter le détenu avant d'ouvrir sa porte.

Les espaces verts vont être arrachés des espaces promenades pour que les détenus n'y cachent pas d'objet. Les ateliers vont être aménagés afin que les détenus soient surveillés de l'extérieur.

Ces renforcements viendront s'ajouter aux spécificités de la prison encadrée par quatre miradors, un mur d'enceinte trois mètres plus haut qu'ailleurs.

Reste que le bâtiment, lumineux et coloré, a ses défauts : il est dépourvu de gymnase et de salle de spectacle, et les détenus ne peuvent jamais apercevoir la ligne d'horizon, admet la direction.

Mais "notre meilleure arme c'est la communication avec le détenu. Nous ne sommes pas des CRS", plaide le directeur qui a demandé pour les QER/QPER 18 surveillants en plus des 210 actuels. Si Paris donne son feu vert, il faudra encore parvenir à les recruter, souligne FO sur ce site très mobilisé lors du mouvement social national des surveillants en janvier.

"Il faut vraiment qu'on contre-balance l'aspect sécuritaire de l'architecture avec plus de communication pour obtenir l'adhésion des personnes qui nous seront confiées (...)", souligne Julia Riquet, lieutenant pénitentiaire et responsable du futur QPR. 50 personnels vont suivre trois semaines de formation d'ici à fin juin.

Avec les 600.000 euros de travaux "on rassure les gens mais il faut surtout un programme de prise en charge des détenus avec un budget pérenne", estime de son côté le premier secrétaire du syndicat national des directeurs pénitentiaires Damien Pellen, interrogé par téléphone. Une enveloppe est prévue dont le montant est en train d'être définie en fonction des besoins, assure M. Chapu.

Par Chloé COUPEAU

© 2018 AFP