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EUROPE

L'Arménie face au spectre du pouvoir à vie pour Sarkissian

© Vano Shlamov, AFP | Manifestation contre Serge Sarkissian, le 19 avril 2018 à Erevan.

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 18/04/2018

L'ex-président arménien Serge Sarkissian, élu par le Parlement Premier ministre, avec des pouvoirs renforcés, cherche-t-il à conserver le pouvoir à vie ? C’est ce que redoute l'opposition, à l’origine d'un mouvement de contestation qui s'amplifie.

"L'Arménie sans Serge". Mercredi 18 avril, pour la sixième journée consécutive, des milliers d’Arméniens ont manifesté dans les rues de la capitale Erevan, scandant ce slogan, pour protester contre l’élection par le Parlement de leur ancien président, Serge Sarkissian, au poste de Premier ministre.

Serge Sarkissian, 63 ans, qui vient d'achever son second et dernier mandat présidentiel possible, se maintient dans les faits au pouvoir, grâce à une réforme constitutionnelle adoptée en 2015. En effet, son successeur, Armen Sarkissian (sans lien de parenté), exerce dorénavant des fonctions largement protocolaires.

"Frustration et colère accumulées"

Pour l’opposition, aucun doute : Serge Sarkissian "veut rester au pouvoir éternellement", assure un de ses représentants, Raffi Hovannissian, interrogé par l’AFP.

>> À voir : en Arménie, le premier temple yazidi construit hors d'Irak fête ses cinq ans

Figure phare du mouvement de contestation , le député de l’opposition Nikol Pachinian a annoncé mardi "le début d'une révolution pacifique de velours", référence au mouvement qui a accéléré la chute du Parti communiste en Tchécoslovaquie en 1989. Il a également appelé ses soutiens à former des "comités révolutionnaires" à travers le pays, alors que la vague de mécontentement a gagné deux autres grandes villes de ce petit pays du Caucase d'un peu plus de 3 millions d'habitants.

"Ces manifestations sont l’expression de l’exaspération des Arméniens pour le maintien des élites au pouvoir et l’absence de renouvellement de la classe politique", constate Laurent Leylekian, analyste politique intérrogé par France 24.

"Ce sont les manifestations les plus massives depuis l’indépendance, incontestablement", souligne Ara Toranian, coprésident du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) et directeur des Nouvelles d’Arménie Magazine, joint par France 24. Il fait état de "beaucoup de frustration et de colère accumulés dans le pays", en particulier dans les rangs de la jeunesse. Et ça, l’opposition l’a bien compris. Nikol Pachinian a demandé aux étudiants de rejoindre le mouvement. "Vous êtes des jeunes gens, vous n'êtes pas des prisonniers, sortez et rejoignez-nous !", a-t-il lancé, appelant à une nouvelle grande manifestation mercredi soir.

"Le modèle de Poutine et Medvedev"

"Je crois que ce maintien au pouvoir était totalement prémédité dès 2015", analyse Ara Toranian. "À l’époque, explique-t-il, Serge Sarkissian sait qu'il n'a pas la possibilité de prétendre à un nouveau mandat après 10 ans d’exercice. Il a donc trouvé cette solution, sur le modèle de Poutine et Medvedev (en 2008, ne pouvant exercer plus de deux mandats consécutifs, Vladimir Poutine a confié le Kremlin à son Premier ministre Dmitri Medvedev, et pris la tête du gouvernement, NDLR). Et il a transformé un régime présidentiel en régime parlementaire". Poutine n’a d'ailleurs pas manqué de féliciter Serge Sarkissian, réputé pro-russe, pour sa nomination.

>> À voir : "Mémoires vives", le webdoc de France 24 sur le génocide des Arméniens

Ce dernier a tenté de se justifier devant les députés avant le vote, usant d'une métaphore aussi lyrique qu'obscure . "Pour vivre dans une Arménie prospère, dans un pays où la loi règne, il faut que les volcans dormants ne soient pas en éruption. Et les volcans ne sont pas en éruption si on ne les incite pas à le faire". Les partisans du parti présidentiel assurent, eux, avoir remporté les élections législatives loyalement et rappellent que, disposant de la majorité au Parlement, ils ont le droit de nommé qui ils désirent. Circulez…

"Serge Sarkissian cherche à se maintenir c’est incontestable, mais à vie, sans doute pas", nuance Laurent Leylekian. "Nous ne sommes pas dans un schéma d’homme qui aurait tous les pouvoirs comme c’est le cas dans les régimes autoritaires. En revanche, c’est sans doute un moyen pour lui de continuer à bénéficier de la corruption pyramidale importante dans le pays. Il est probable qu’il trouvera ensuite un nouveau point de chute".

 

 

Première publication : 18/04/2018

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