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FRANCE

NDDL : impasse des négociations entre zadistes et autorités, malgré la présence de Hulot

© Jean-Francois Monier, AFP | Le ministre de l'Écologie, Nicolas Hulot, se rend à une réunion avec le préfet du Pays de la Loire et une délégation d'occupants de la ZAD (Zone a Defendre), le 18 avril 2018, à Nantes.

Vidéo par FRANCE 3

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 19/04/2018

La situation n'est toujours pas débloquée à Notre-Dame-des-Landes, après deux heures de discussion entre autorités gouvernementales et les occupants de la zone à défendre. Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, parle de "gâchis".

Plus de deux heures n'ont pas suffi à débloquer la situation à Notre-Dame-des-Landes (NDDL) : la négociation entre les autorités et les zadistes reste dans l'impasse mercredi 18 avril au soir, laissant un sentiment de "gâchis" au ministre de l'Écologie Nicolas Hulot.

"Aucune ligne n'a bougé, les exigences posées" par le gouvernement restant les mêmes, a regretté à la sortie de la préfecture Marcel Thébault, l'un des quatre agriculteurs historiques de NDDL et un des membres de la délégation. Selon lui, le gouvernement n'a pas proposé de "recul du délai ni quoi que ce soit". Les délégués des opposants ont déploré une position figée du gouvernement qui leur a laissé jusqu'au 23 avril pour se régulariser. Le délai initial a expiré le 31 mars.

Mais, a répondu le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, "ce que réclame le gouvernement ne me semble pas hors de portée, en aucune façon un ultimatum". Exprimant un "sentiment de tristesse, de gâchis" qu'il espère "provisoire", il a encore appelé les opposants à saisir la "main du gouvernement".

"Ne ratons pas la dernière étape, ne rentrons pas dans une spirale de posture, de confrontation, de violence. Ne confondons pas écologie et anarchie. Et passons maintenant à une autre étape", a-t-il exhorté.

"Reconnaître les gestes faits"

Après l'abandon du projet d'aéroport pour lequel il avait milité, "le gouvernement est en droit d'attendre un geste, et plus qu'un geste, un retour à l'ordre", a insisté le ministre, demandant aux opposants de "reconnaître les gestes qui ont été faits".

Cruciale, la réunion visait à permettre de trouver une issue au conflit, au dixième jour d'opérations de gendarmerie sur le site de 1 650 hectares, marquées par des heurts entre opposants et forces de l'ordre.

La délégation reçue en préfecture doit faire "un retour" mercredi soir lors d'une assemblée réunissant les diverses composantes du mouvement anti-aéroport. La préfète Nicole Klein doit la rencontrer de nouveau vendredi.

En invitant les zadistes à reprendre le dialogue, interrompu le 9 avril par les opérations d'expulsions et la destruction de 29 "squats" en quatre jours, la préfète veut leur offrir "une porte de sortie" et tâcher d'éviter une évacuation de plus grande ampleur.

Le chef de l'État, Emmanuel Macron, l'avait affirmé : à l'issue du nouveau délai de régularisation, fixé au 23 avril, si les occupants n'ont pas déclaré leurs projets agricoles, "tout ce qui doit être évacué sera évacué".

Ils doivent "donner leurs noms", a souligné la préfète à une journaliste de l'AFP. "S'ils ne répondent pas a minima à cette demande, le président de la République a été très clair, il y aura de nouveau des expulsions".

"Faire cohabiter" tous les projets agricoles et artisanaux

À l'heure actuelle, "les seuls qui sont en situation régulière sont les quatre agriculteurs historiques qui ont demandé la rétrocession de leurs terres et ceux qui ont une convention d'occupation temporaire qui souvent exploitent les terres sans habiter là", avait détaillé Nicole Klein.

La déclaration d'intention que doivent remplir les zadistes souhaitant "entrer dans les règles" comporte leurs noms et les grandes lignes de leur projet agricole ou para-agricole. Sans valeur juridique, elle est un préalable à la signature ou non de baux agricoles précaires.

La préfète n'avait reçu, avant la réunion, que quelques "formulaires fantaisistes, de gens venant d'ailleurs", avait-elle indiqué à une journaliste de l'AFP. Les zadistes jugent le format de cette déclaration d'intention "trop individuel".

L'État ne fermera pas la porte à des coopératives ou à des GAEC (groupements agricoles d'exploitation en commun, NDLR), mais "ce ne sera pas le Larzac, ça a été dit", avait précisé à l'AFP Nicole Klein.

Le syndicat agricole Confédération paysanne, très impliqué sur le dossier Notre-Dame-des-Landes, estime qu'il est possible de "faire cohabiter" tous les projets agricoles et artisanaux sur le site, à condition que le climat s'apaise localement.

Sur le site, un calme précaire régnait depuis mardi. Les forces de l'ordre poursuivaient les opérations de déblaiement sur les deux axes routiers traversant la ZAD.

Avec AFP

Première publication : 18/04/2018

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