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Moyen-Orient

Syrie : Yarmouk, un camp de réfugiés palestiniens devenu le dernier refuge de l'EI à Damas

© Maher Al Mounes, AFP | Les bombardements du camp de Yarmouk sous les bombardements, le 24 avril 2018.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 25/04/2018

Le camp de Yarmouk, dans le sud de Damas, vit un calvaire depuis le déclenchement du conflit syrien en 2011. Ce camp de réfugiés palestiniens est aujourd'hui l'un des derniers bastions de l'EI et la cible des forces du régime syrien.

Après la misère, le siège, la faim et la domination jihadiste, un déluge de bombes depuis la mi-avril : le camp de Yarmouk, dans le sud de Damas, vit un calvaire depuis le déclenchement du conflit syrien en 2011.

Ce camp de réfugiés palestiniens, devenu au fil des ans un quartier résidentiel, ainsi que les districts voisins de Hajar al-Aswad, Qadam et Tadamoun, forment le dernier bastion de l'organisation État islamique (EI) dans la capitale syrienne, désormais une cible prioritaire de l'armée.

À l'origine, un camp de réfugiés palestiniens

Situé à 7 kilomètres du centre de Damas, Yarmouk était initialement un camp de réfugiés créé par l'ONU dans les années 1950 pour accueillir les Palestiniens chassés de leurs terres ou fuyant la guerre israélo-arabe après la création de l'État hébreu en 1948.

Il s'est transformé au fil des décennies en un quartier résidentiel et commercial, qui s'étend sur 2 km², mais a gardé son nom de "camp".

Avant le début du conflit syrien en 2011, il abritait environ 160 000 réfugiés palestiniens, ainsi que des Syriens. Désormais, seules quelques milliers de personnes y vivent. Fin 2012, quelque 140 000 réfugiés ont fui Yarmouk en une semaine, alors que le régime y menait une campagne de bombardements pour tenter de contrer l'avancée des jihadistes.

L'un des derniers bastions de l'EI

L'organisation État islamique, avec l'aide des combattants du Front al-Nosra, l'ex-branche d'Al-Qaïda, s'est emparée en avril 2015 du camp de Yarmouk avant d'en expulser un an plus tard son rival jihadiste.

>> À lire aussi : Réfugié en Allemagne, le "pianiste de Yarmouk" joue pour rapprocher deux mondes

Comme pour la Ghouta orientale avant sa récente reconquête sanglante par le pouvoir syrien, Yarmouk est pilonné jour et nuit depuis le jeudi 19 avril par l'aviation et l'artillerie du régime, soutenue par l'aviation russe, qui entend parachever son emprise sur la région.

Des bombardements sur le camp de Yarmouk, l'un des derniers bastions de l'EI

Au total, 52 combattants prorégime et 35 jihadistes ont été tués en six jours, estime l'ONG l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Il y a plus d'un millier de combattants de l'EI dans le secteur, à Yarmouk, Hajar al-Aswad, Tadamoun, Qadam", estime Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Nombre de combattants radicaux ont rallié la bannière noire du groupe jihadiste dans son fief, d'où l'on peut apercevoir le palais présidentiel de Bachar al-Assad. On compterait maintenant dans les rangs de l'EI "le courant radical d'Al-Nosra" ainsi que "d'anciens groupes rebelles islamistes locaux, palestiniens et syriens", toujours selon l'OSDH.

Un camp "symbole de l'immense coût humain du conflit syrien"

Yarmouk vit assiégé depuis juin 2013. Les habitants y survivent dans la désolation et un dénuement extrême. Avant la dernière offensive du régime, en cours depuis le jeudi 19 avril, quelque 6 000 réfugiés palestiniens y vivaient encore, et 6 000 dans les alentours, selon l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

"La situation humanitaire est depuis longtemps très dure et elle continue de se détériorer rapidement. Les réserves de nourriture et de médicaments sont faibles. Il n'y a pas d'eau courante, très peu d'électricité", a déploré lundi 23 avril l'organisation dans un communiqué. Le dernier hôpital dans le camp, l'hôpital Palestine, est désormais hors service, selon l'agence onusienne.

En 2014 déjà, l'UNRWA s'alarmait de la situation à Yarmouk. Son porte-parole Chris Gunness assénait notamment : "Dans le lexique de l'inhumanité de l'Homme envers son frère s'ajoute un nouveau terme : Yarmouk".

À l'époque, une photo de milliers d'habitants en attente d'aide, visages émaciés, avait fait le tour du monde. "Les gens sont réduits à manger des aliments pour animaux et des femmes meurent en couche, faute de soins", déplorait-il.

La réaction de Pierre Krähenbühl, Commissaire général de l'UNRWA, aux bombardements sur le camp de Yarmouk.

Mardi 24 avril, le Commissaire général de l'UNRWA, Pierre Krähenbühl, a déploré sur Twitter "la sévère escalade des combats" à Yarmouk, parlant de "symbole tragique de l'immense coût humain du conflit syrien". Et de préciser que l'UNRWA "se tient prête à fournir une aide d'urgence aux familles réfugiées qui fuiront dès que les conditions le permettront."

Avec AFP

Première publication : 25/04/2018

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