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Gina Haspel, candidate à la tête de la CIA, promet de ne plus recourir à la torture

© Alex Wong, Getty images, AFP | Gina Haspel, candidate à la direction de l'agence américaine de renseignement (CIA) devant le Congrès américain, le mercredi 9 mai 2018.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 10/05/2018

Devant le Congrès américain, Gina Haspel, candidate à la direction de la CIA, a promis de ne plus recourir à la torture. Celle qui bénéficie du soutien de Donald Trump a dirigé en 2002 une prison secrète de l'agence où les détenus étaient torturés.

La CIA ne reprendra pas le programme d'interrogatoires poussés introduit après les attentats du 11-Septembre et assimilé à de la torture, même sur ordre du président, a assuré mercredi 9 mai devant le Congrès Gina Haspel, choisie par Donald Trump pour diriger l'agence américaine de renseignement.

"Mon code moral est solide. Je ne permettrais pas à la CIA de poursuivre des activités que j'estimerais immorales, même si elles étaient techniquement légales", a-t-elle assuré devant la commission sénatoriale du renseignement, chargée de valider sa candidature..

>> À lire : Gina Haspel, des prisons clandestines à la tête de la CIA

Agé de 61 ans, Gina Haspel, qui a passé 33 ans au sein de l'agence basée à Langley en Virginie, a créé la polémique pour avoir dirigé pendant au moins une partie de l'année 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où les détenus suspectés d'appartenir à Al-Qaïda étaient fréquemment torturés.

Ces séances d'interrogatoires incluaient des simulacres de noyade ("waterboarding"), une technique illégale selon le code militaire mais qui figurait parmi celles "autorisées par les plus hautes autorités judiciaires et aussi par le président" de l'époque, George W. Bush. Elles ont été définitivement bannies par son successeur, Barack Obama.

Après les attentats du 11 septembre 2001, "nous étions chargés de nous assurer que le pays ne soit plus attaqué", a-t-elle souligné. "Mes collègues et moi au sein de l'antiterrorisme avons travaillé aussi dur que possible avec les outils à notre disposition pour nous assurer que notre mission serait couronnée de succès".

Elle a également défendu devant les sénateurs la décision de détruire une centaine de cassette vidéo montrant les interrogatoires poussés d'un suspect, en raison des risques pour la sécurité des agents qui pouvaient être identifiés sur les images.

Longue carrière au sein de services clandestins de la CIA

Vêtue d'une veste beige, les cheveux bruns jusqu'aux épaules, Gina Haspel a profité de cette audition pour dévoiler quelques détails de sa longue carrière au sein de services clandestins de la CIA. Elle a ainsi dit avoir "excellé à trouver des informations confidentielles obtenues de la main à la main, dans des cachettes ou par des rencontres dans des rues sombres de capitales du tiers-monde".

Elle y a gravi tous les échelons, passant d'officier traitant en Afrique à chef de poste en Europe et en Asie, jusqu'au centre antiterroriste de l'Agence, qu'elle rejoint le 11 septembre 2001, alors que plusieurs attentats à New York et Washington faisaient près de 3 000 morts.

Onze ans plus tard, elle a été nommée directrice adjointe des opérations clandestines mondiales, puis directrice-adjointe de la CIA en 2017. Elle doit succéder à Mike Pompeo, nommé secrétaire d'État. La décision de la commission du renseignement quant à sa nomination pourrait être annoncée la semaine prochaine. Le Sénat, où les républicains disposent d'une courte majorité (51 contre 49), doit également se prononcer probablement d'ici fin mai.

Avec AFP

Première publication : 09/05/2018

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