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"This is America", le clip signé Donald Glover qui sidère les États-Unis

© capture d'écran youtube | Childish Gambino, dans la vidéo "This is America".

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/05/2018

Le clip "This is America", publié par l'acteur Donald Glover - alias Childish Gambino - s'attaque aux armes à feu, au consumérisme et au racisme vieux comme l'esclavage. Il a été vu plus de 70 millions de fois depuis le 5 mai.

Un concentré d’Amérique raciste, violente, ultra-consommatrice. Une vidéo de quatre minutes alternant rap sombre et chœurs enjoués, écrits et chantés par un Donald Glover dansant et grimaçant, mis en scène dans une succession de références politiques et culturelles : "This is America" a été vue plus de 70 millions de fois depuis sa mise en ligne samedi 5 mai.

Les médias américains n’ont pas fini de disséquer cette vidéo, tournée dans un hangar, par la caméra de Hiro Murai. L’acteur âgé de 34 ans, Donald Glover, alias Childish Gambino, son nom de musicien, l’a publiée au lendemain d’un passage au Saturday Night Live, émission très populaire aux États-Unis.

Dès les premiers accords, le malaise s’installe, le regard se fait insistant, et le premier coup de feu retentit dans la tête d’un homme encagoulé, jouant de la guitare. La vidéo est ainsi ponctuée de scènes choc : s’ensuit le massacre d’un chœur gospel, qui rappelle la tuerie dans l’église méthodiste de Charleston, en Caroline du Sud, le 17 juin 2015. Les dernières images sont une chasse à l’homme.

La fascination pour ces images est telle, qu’une multitude d’articles (New Yorker ou encore Vanity Fair) et de vidéos (voir celle très didactique de Time) tentent de décrypter un à un les clins d’œil : certains voient dans un cheval blanc galopant en arrière-plan, une allégorie de l’Apocalypse. D’autres perçoivent dans la scène finale une référence à l’univers de "Get Out", film de Jordan Peele, sorti en 2017. D’autres encore cherchent à disséquer la chorégraphie de jeunes danseurs habillés en uniformes proprets, reprenant la gestuelle du Gwara Gwara sud-Africain, danse popularisée récemment par Rihanna.

Mais surtout, la référence au "blackface" saute aux yeux, cette parodie raciste de la culture afro-américaine popularisée par le show "Jumping Jim Crow" dans les années 30 : la figure souriante et bondissante d’un esclave noir, joué par un homme blanc, grimé et déguisé en noir. Donald Glover en reprend les codes, les yeux qui roulent, les sourires forcés et la gestuelle de pantin.

Les fans se réjouissent que Donald Glover prennent l’exact contre-pied de Kanye West, rappeur né, comme lui, dans la ville d’Atlanta, et qui soutient un autre Donald, celui qui préside aux destinées des États-Unis. D’autres s’offensent face à une diatribe qu’ils jugent anti-américaine.

Que ce soit dans la série "Atlanta", qu’il a créée, avec ce mélange d’humour dérangeant et de politique, qu’il soit acteur, réalisateur, scénariste, producteur, humoriste, danseur, rappeur ou DJ, Donald Glover déploie une folle énergie pour remuer le glaive là où l’Amérique a mal.

 

Première publication : 11/05/2018

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