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Estrosi (LR) reproche à la Cnil d'être un "frein" dans la lutte contre le terrorisme

© AFP/Archives | Le maire de Nice Christian Estrosi lors des funérailles de l'historien Max Gallo à Paris le 21 juillet 2017

PARIS (AFP) - 

Le maire LR de Nice Christian Estrosi reproche à la Cnil d'être "un frein dans le développement de nouveaux moyens de lutte contre le terrorisme", après le veto opposé par la Commission à un test pour appeler la police municipale en direct et en vidéo.

En mars, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) avait justifié son veto au dispositif testé à Nice, appelé "Reporty", expliquant que ce système importé d'Israël était "très intrusif" mais également risqué pour les personnes l'utilisant.

"Il est temps désormais que la Cnil cesse d'être un frein dans le développement de nouveaux moyens de lutte contre le terrorisme", écrit M. Estrosi dans une tribune transmise à l'AFP.

"Cette application avait pour but de permettre à chaque personne dotée d'un smartphone de pouvoir prévenir instantanément la police municipale lorsqu'elle était témoin d'une infraction ou d'un fait suspect, en donnant les informations nécessaires à une intervention rapide", explique le maire de la ville frappée par un attentat majeur le 14 juillet 2016 (86 morts et plus de 400 blessés).

"En prenant une telle décision, la Cnil démontre qu'elle ne vit pas avec son temps. Elle reste enfermée dans une époque où les smartphones et les réseaux sociaux n'existaient pas. A l'heure où chacun prend des photos sur l'espace public et les conserve sur son téléphone portable, où n'importe qui peut publier des photos sur Instagram et diffuser des films sur Facebook, l'application Reporty était sans doute plus respectueuse des libertés individuelles que certains réseaux sociaux", argumente M. Estrosi.

Pour l'ancien ministre, "la protection des données personnelles ne doit pas être le chiffon rouge qui empêche notre pays d'avoir les moyens de combattre les nouvelles menaces que connaît cette société".

Par ailleurs, estime M. Estrosi, "cette situation est, tout d'abord, très révélatrice d'un problème structurel: la France ne croit pas en l'expérimentation menée par les collectivités locales". "La sécurité est une mission régalienne. Néanmoins, face à cette guerre à laquelle la France est désormais confrontée, les collectivités territoriales ont un rôle à jouer en matière de sécurité".

"Dans le cadre de la mise en place du nouveau règlement européen sur la protection des données, j'aspire à ce qu'une autorité européenne soit réellement créée en lieu et place de la Cnil, et que les recommandations de cette entité s'appliquent de manière harmonieuse dans l'ensemble de l'espace Schengen".

© 2018 AFP