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A Paris, des salariés du Crédit Mutuel Arkéa manifestent pour leur indépendance

© AFP | Des salariés d'Arkea manifestent à Paris le 17 mai 2018

PARIS (AFP) - 

"Vive, vive Arkéa", chantent des milliers de banquiers en tenue rouge, pour l'essentiel Bretons, lors d'une manifestation atypique à Paris pour soutenir leur entreprise, le Crédit Mutuel Arkéa, en plein divorce avec le reste du groupe bancaire mutualiste.

"Bercy, Bercy, entends nous! Pour nos emplois, on ira jusqu'au bout!", scandent les participants, partis jeudi à 13H00 de la place de la Bastille pour rejoindre le ministère de l'Economie et des Finances, a constaté sur place un journaliste de l'AFP.

Cette manifestation est préparée de longue date par Arkéa, regroupement des fédérations de Crédit Mutuel Bretagne, Sud-Ouest et Massif Central, qui a engagé en début d'année une procédure pour sortir de l'ensemble mutualiste après des années d'une guerre interne fratricide.

Dans les rues ensoleillées de la capitale, certains brandissent des pancartes marquées de slogans comme "Je suis Arkéa" ou "Banque plus avenir = Arkéa", d'autres des drapeaux estampillés "Indépendance pour Arkéa".

En début d'après-midi, le nombre de manifestants atteignait plusieurs milliers, a estimé l'AFP sur place.

Les organisateurs revendiquaient une participation de 6.000 personnes, dont 5.500 salariés d'Arkéa et plus de "500 soutiens"; parmi eux, des élus et divers acteurs du monde économique et numérique, comme l'homme d'affaires Pierre Kosciusko-Morizet, le cofondateur d'Ubisoft Christian Guillemot, ou Jean-Guy Le Floch, patron de la société textile bretonne Armor-Lux.

Ces personnalités, comme les manifestants, venaient majoritairement de Bretagne: les organisateurs ont largement joué la carte régionaliste (bagad en clôture du cortège, bonnets fournis par Armor Lux, drapeaux bretons), même si certains groupes venus du Sud-Ouest portaient des bérets rouges.

- L'emploi en question -

L'objet du conflit? La direction d'Arkéa accuse la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), l'organe central du groupe, de vouloir, entre autres, porter atteinte à son autonomie en tentant de renforcer la centralisation du groupe et de menacer ses emplois.

"L'enjeu central c'est l'emploi, nos estimations c'est 4.500 emplois menacés", affirme à l'AFP Anne-Katell Quentric, porte-parole du collectif Indépendance pour Arkéa, qui rassemble des salariés favorables au divorce.

Selon elle, "ce qui est menacé c'est l'informatique, nos filiales qui sont toutes en doublon avec celles de CM11-CIC", l'entité dominante du Crédit Mutuel qui regroupe 11 des 18 fédérations.

La Confédération se défend en assurant n'avoir jamais eu l'intention d'entraver le développement d'Arkéa, jugeant ces accusations d'autant plus infondées que son affilié a dévoilé pour 2017 des résultats financiers records.

Ce conflit, difficile à démêler tant les divergences entre les deux camps sont nombreuses, a depuis plusieurs mois pris l'allure d'une guerre des tranchées où chacun campe sur ses positions et tente de faire basculer les esprits en sa faveur à grand renfort de communication.

La direction d'Arkéa n'a pas lésiné sur les moyens pour garantir le succès de la manifestation en faveur de son indépendance ce jeudi.

Le groupe a pris à sa charge les frais de déplacement et de repas, et la participation est considérée comme une journée travaillée.

- "Lavage de cerveaux" -

La Confédération a indiqué à l'AFP avoir saisi la justice pour un éventuel abus de bien social autour de l'organisation de cette manifestation.

"C'est une opération de com'", s'étrangle une source proche de la CNCM, accusant la direction d'Arkéa d'avoir multiplié les pressions depuis des mois sur les salariés pour garantir leur présence jeudi.

Les salariés "subissent un lavage de cerveaux permanent, ils baignent dans un univers de communication incessante, il est difficile de résister et de dire à son chef, +non je n'y vais pas+", confirme à l'AFP une source syndicale interne à Arkéa sous couvert d'anonymat.

"Beaucoup de gens doutent du bien-fondé d'une sortie, d'autant que les projets de nos gouvernants ne sont pas connus", ajoute la même source.

Du côté des organisateurs de la manifestation, on évacue ces accusations, alléguant qu'elles sont issues de syndicats "dépassés par ce qui se passe", selon les termes de Mme Quentric.

Si des pressions sont évoquées, "c'est qu'il doit y avoir des raisons, il ne peut pas y avoir de vision uniforme", juge un salarié de Rennes. "Mais moi je suis venu librement."

© 2018 AFP