Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Burundi : "Oui" à 73% pour la réforme voulue par Nkurunziza

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Les francs-maçons interdits de gouvernement en Italie

En savoir plus

LE DÉBAT

Italie : l'alliance qui fait trembler l'Europe

En savoir plus

LE GROS MOT DE L'ÉCO

Microfinance : on ne prête qu’aux pauvres

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Yves Duteil : avec "Respect", le poète chanteur signe son grand retour

En savoir plus

DANS LA PRESSE

"Le commandant Nicolas Maduro va poursuivre la révolution"

En savoir plus

L’invité du jour

Nadège Beausson-Diagne : "Nous sommes Noires avant d'être nous"

En savoir plus

FOCUS

Nicaragua : face au président Ortega, la colère des étudiants

En savoir plus

L'INFO ÉCO

Italie : un programme qui entend mettre fin à "l'austérité"

En savoir plus

Cannes: "Dogman", western urbain autour d'un toiletteur pour chiens

© AFP | Le réalisateur Matteo Garrone (g), les comédiens Alida Baldari et Marcello Fonte, posent à Cannes lors d'un photocall pour la présentation de "Dogman", le 17 mai 2018

CANNES (AFP) - 

Avec "Dogman", en lice pour la Palme d'or, Matteo Garrone a frappé un grand coup mercredi soir et révélé un acteur, Marcello Fonte, dans la peau d'un toiletteur pour chiens qui montre les crocs après avoir trop longtemps subi.

Loin de sa fresque sur la mafia, avec "Gomorra", couronnée du Grand Prix du jury par Cannes en 2008, le réalisateur italien s'est cette fois penché sur un homme simple, Marcello. Divorcé, il vivote, dans sa boutique, avec un petit trafic de cocaïne pour améliorer les fins de mois. Et ses seuls vrais amis sont les chiens qui viennent entre ses mains se refaire une beauté.

Trahi et humilié par celui qui a dû être un ami d'enfance, Simoncino (Edoardo Pesce), une montagne de muscles accro à la cocaïne, ce anti-héros parfait perd peu à peu toute son innocence. Jusqu'à sombrer dans une spirale de violence incontrôlable.

Parti d'une simple "suggestion visuelle, celle de quelques chiens enfermés dans une cage qui assistent comme témoins à l'explosion de la bestialité humaine", comme l'explique Matteo Garrone dans la note d'intention du film, "Dogman" interroge les conséquences de nos choix quotidiens. Pour Marcello, c'est notamment cette fidélité à une amitié ancienne, cette décision de ne pas trahir.

Découpé en trois actes, séparés par deux scènes de plongée sous-marine entre Marcello et sa fille, les seuls moments de paix du personnage, le film repose sur les épaules de Marcello Fonte. Aperçu dans "Gangs of New York" de Scorsese, chez Ettore Scola ou dans "Corpo Celeste" de Alice Rohrwacher, également en compétition à Cannes avec "Heureux comme Lazzaro", l'acteur italien est éblouissant.

Homme humilié, regard de chien battu, Marcello tente de rester fidèle à ses valeurs. Et finalement il va redresser la tête, peu à peu, pour tenter de regagner le respect qui lui est dû. Une performance qui ne devrait pas être loin de lui offrir le prix de l'interprétation masculine, pour lequel il pourrait être en compétition avec le Lazzaro de Alice Rohrwacher, lui aussi un innocent exploité par les autres.

Porté en triomphe par l'équipe du film, mercredi soir, Marcello Fonte a été longuement ovationné par les 2.300 spectateurs du Grand Théâtre Lumière. Parmi eux, visiblement admirateur, Matt Dillon, l'acteur américain, aperçu lundi sous les traits du serial killer de Lars von Trier dans "The House that Jack built".

Mais le film vaut aussi par la maîtrise technique de Matteo Garrone. Deux fois Grand Prix du jury cannois, avec "Gomorra" donc mais aussi "Reality", en 2012, le réalisateur italien rendrait presque belle cette cité balnéaire aux murs lépreux, quelque part dans le sud de la Péninsule, noyée sous une triste pluie d'hiver.

© 2018 AFP