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Huit ans de prison pour une mère dont le nourrisson est mort de faim

© AFP/Archives | Huit ans de prison pour une mère dont le nourrisson est mort de faim

DOUAI (AFP) - 

Une peine de huit ans de prison a été prononcée jeudi par la cour d'assises du Nord à l'encontre d'une mère dont le nourrisson est mort de faim en 2015 à Saint-Pol-sur-Mer, dans l'agglomération de Dunkerque.

A 34 ans, Gwenaëlle Palussière avait fait une dénégation de grossesse (différente du déni), cachant celle-ci à son compagnon et à ses deux enfants, avant d'accoucher seule dans sa salle de bains.

Elle avait ensuite dissimulé le bébé dans son lit et l'avait nourri de yaourt, de compote et de camembert, selon ses enfants qui avaient fini par comprendre l'existence de l'enfant.

Son fils de 15 ans, qui avait retrouvé le nourrisson mort, avait alerté les secours début février. La mère est accusée d'avoir privé de soins et d'aliments son enfant au point d'avoir entraîné sa mort, un crime passible de 30 ans de prison.

L'avocate générale, Alexia Gonnet, avait requis 12 années de prison contre l'accusée, qui a déjà effectué trois ans de détention provisoire.

"On dirait qu'elle joue à la poupée: elle laisse l'enfant dans sa chambre, elle ferme la porte et cet enfant n'existe plus", a critiqué dans son réquisitoire l'avocate générale. "Elle l'investit quand ça l'arrange, quand elle a envie de jouer à la poupée".

Dans cette affaire, "la passivité et l'immobilisme coûte la vie à une enfant", a-t-elle estimé.

L'avocat de la défense, Bruno Dubout, a pour sa part rappelé l'enfance difficile de l'accusée: "Sa vie commence par un abandon, son père signe une déclaration d'abandon, ce qui est rare", a-t-il rappelé. "Puis un placement en famille d'accueil, et l'agrément de (celle qu'elle considère comme) sa +seconde maman+ est retiré parce que son mari a commis un viol incestueux sur une enfant de la famille".

Après un second placement, au retour dans sa famille, sa mère lui assène "un coup de couteau dans la main", a raconté Me Dubout. "C'est le contact qu'elle a avec la maternité: abandons et violences. (...) Dès lors pour la mère, à cause de ces blessures d'enfance, c'est impossible d'accepter la grossesse".

L'accusée, cheveux bruns mi-long sur des épaules tombantes, est souvent restée silencieuse face aux questions de la cour. "J'ai honte de ce qui s'est passé. (...) J'ai essayé de la nourrir, mais elle ne prenait pas le sein", a-t-elle toutefois lâché mercredi. Elle a aussi confié se sentir "coupable" d'avoir "tué quelqu'un".

Mercredi, les deux enfants de l'accusée ont témoigné à la barre: "Il y a une vie qui a été enlevée, celle de ma petite s?ur. C'est une bêtise ce qu'elle a fait, mais ça restera ma mère", a dit l'aîné de 17 ans.

© 2018 AFP