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L'espionnage allemand a obtenu du Novitchok dans les années 1990, selon les médias

© AFP | Graphique décrivant les effets des agents innervants et ce que l'on sait du Novitchok, utilisé le 4 mars pour empoisonner un ex-agent double russe en Grande-Bretagne.

BERLIN (AFP) - 

Les services secrets allemands se sont procuré dans les années 90 via un transfuge russe un échantillon de l'agent neurotoxique Novitchok, récemment utilisé pour empoisonner un ex-espion russe en Grande-Bretagne, affirment jeudi plusieurs médias allemands.

Les renseignements extérieurs allemands, le BND, ont ainsi eu accès "dans la première moitié des années 90" soit après la chute de l'URSS à un échantillon de cet agent qui a servi à empoisonner début mars l'ancien agent double Sergueï Skripal et sa fille.

Tous les deux ont survécu mais l'affaire a déclenché une tempête diplomatique, Londres accusant Moscou d'avoir tenté de l'empoisonner. La Russie dément formellement, affirmant même n'avoir jamais eu de programme Novitchok.

Le transfuge russe, dont l'identité n'a pas été précisée, a proposé aux renseignements allemands de leur fournir un échantillon en échange d'une protection pour lui et sa famille, relatent les journaux Süddeutsche Zeitung, Die Zeit ainsi que les chaînes WDR et NDR, qui citent des sources ayant "participé à la décision" de se procurer le poison.

Une fois obtenu, l'échantillon a été analysé dans un laboratoire suédois, l'Allemagne ne voulant pas être accusée de travailler sur des armes chimiques. Le BND et le ministère de la Défense ont ensuite récupéré la formule chimique du Novitchok.

Berlin a également informé les renseignements américains et britanniques de l'existence de cet échantillon, selon ces médias allemands.

De petites quantités de l'agent neurotoxique ont ensuite été produites dans certains pays de l'OTAN à des fins de test, notamment pour déterminer si les équipements de protection étaient capables de résister, et de trouver des antidotes contre le poison.

L'existence du Novitchok n'a pas été rendue publique afin de ne pas nuire à la relation avec le président russe de l'époque, Boris Eltsine, affirme encore l'enquête des journalistes allemands.

Interrogés par ces médias, le gouvernement allemand et le BND se sont refusés à tout commentaire.

© 2018 AFP