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EUROPE

Tusk contre Trump : la guerre des Donald

© John Macdougall, AFP | Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le chef d'État américain, Donald Trump, lors du sommet du G20 à Hambourg, le 8 juillet 2017.

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 17/05/2018

L'Union européenne tente de faire entendre sa voix face au président américain. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a eu des mots très durs pour Donald Trump, à l’occasion d’un sommet informel entre les pays européens à Sofia.

Aucun haut dirigeant européen n’avait encore osé cela. "Quand on regarde les dernières décisions du président Trump, on pourrait se dire : avec des amis pareils, qui a besoin d'ennemis ?", a lancé Donald Tusk, mercredi 16 mai, avant le début d’une réunion informelle des 28 pays européens à Sofia. Une critique franche et caustique à l’égard du locataire de la Maison blanche dans un contexte de tensions causées par le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien et les menaces d’une guerre commerciale transatlantique au sujet des droits de douanes sur l’acier et l’aluminium.

"Nous sommes témoins aujourd'hui d'un phénomène nouveau, l'attitude ‘capricieuse’ de l'administration américaine", a dénoncé le président du Conseil européen. Et de surenchérir : "Honnêtement, l'Europe devrait être reconnaissante envers le président Trump car, grâce à lui, toutes nos illusions ont disparu."

L'imprévisibilité de Trump irrite Donald Tusk

"Il est très rare d’entendre des propos d’une telle virulence dans la bouche d’un président du Conseil européen" souligne Caroline de Camaret, spécialiste des questions européennes à France 24. "L'univers des sommets européens est habituellement beaucoup plus feutré et consensuel. On voit bien qu’on est passé à l’ère de Trump : on s’invective des deux côtés de l’Atlantique et c’est un fait nouveau" analyse-t-elle.

"Il est très rare d’entendre des propos d’une telle virulence"

"Notre Donald" vs "l’autre Donald"

Il faut dire que celui que les dirigeants européens surnomment "notre Donald" n’a jamais été un grand fan du président américain. Sans doute à cause de sa proximité avec Barack Obama, à qui il a réservé sa toute première visite après sa prise de fonction à la tête de la présidence du Conseil européen en décembre 2014. Dès janvier 2017, après l’investiture de Donald Trump, Tusk alertait déjà sur les déclarations "inquiétantes" de la nouvelle administration américaine en matière de politique étrangère.

Cette fermeté renouvelée vis-à-vis de Washington arrange en tout cas les Européens. "Face aux caméras, à Sofia, les 28 – Royaume-Uni compris – donnent l’impression d’afficher une détermination et une unité face à une Amérique très instable", explique Caroline de Camaret. Ceux-ci multiplient d'ailleurs les réunions pour forger une réponse collective face aux défis imposés par le revirement américain sur le nucléaire iranien et le commerce international. Ils doivent se retrouver de nouveau pour en discuter à Vienne, la semaine prochaine.

Merkel soigne Trump

Affaiblie depuis plusieurs années par le Brexit et la montée de gouvernements eurosceptiques, l’UE pourrait retrouver un nouveau dynamisme à travers ce front commun. Dans le détail toutefois, les positions individuelles restent plus nuancées. La chancelière allemande, Angela Merkel, a ainsi rappelé qu’il s’agissait aussi de préserver l’allié américain. "Malgré toutes les difficultés que nous rencontrons ces jours-ci, les relations transatlantiques sont et resteront d'une importance capitale", a-t-elle affirmé devant le Bundestag avant de rejoindre Sofia mercredi.

La France, quant à elle, demeure partisane d’une ligne plus ferme, tout en soignant son langage diplomatique. Sur l'Iran, "il y a une unité très forte des trois pays, Grande-Bretagne, Allemagne et France, sur ce sujet et il y a eu hier une vraie unité européenne pour rappeler notre engagement dans ce cadre et notre volonté de préserver une souveraineté stratégique et économique de l'Europe", a déclaré le président français Emmanuel Macron jeudi. "Les Britanniques sont presque ceux qui parlent le plus, bien qu’ils soient au bord du départ. Paradoxalement, ils sont très véhéments contre Washington", indique Caroline de Camaret.

"Les Européens affichent un front uni face à Trump"

Reste que pour le moment, aucune décision formelle défiant les États-Unis n’a été prise. Sur le dossier du nucléaire iranien, l'enjeu est pourtant de taille. "Il s’agit pour les Européens de prouver qu’ils sont capables d’assurer la continuité de cet accord sans les Américains", estime Alix Le Bourdon, correspondante de France 24 à Bruxelles. Ils feraient ainsi preuve d’"autonomie diplomatique", analyse la journaliste.

Première publication : 17/05/2018

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