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FRANCE

Festival de Cannes : la Palme d'or au Japonais Kore-Eda, Godard primé

© AFP | Le Japonais Hirokazu Kore-Eda a remporté la Palme d'or pour "Une affaire de famille".

Texte par Guillaume GUGUEN

Dernière modification : 20/05/2018

Retour sur le palmarès du festival de Cannes, qui s’est achevé samedi. Le jury a attribué la Palme d’or à "Une affaire de famille", du Japonais Kore-Eda. Jean-Luc Godard, lui, s'est vu décerner une Palme d'or "spéciale" pour "Le livre d'image".

Après 12 jours d’une compétition solide, le jury présidé par Cate Blanchett a décerné la Palme d’or du 71e festival de Cannes à "Une affaire de famille" d’Hirokazu Kore-eda. Grand habitué de la compétition, le réalisateur japonais remporte ainsi, à 55 ans, sa première récompense suprême avec une chronique familiale, genre qu'il n’a eu de cesse d'explorer, de "Nobody Knows" à "Notre petite sœur" en passant par "Tel père, tel fils", prix du Jury en 2013.

"Une affaire de famille" suit le quotidien d'une famille de voleurs qui recueille dans son modeste foyer une enfant battue par ses parents. Bijou de pudeur, le 13e long-métrage de Kore-eda évoque la force des liens qui unissent les désœuvrés, les laissés-pour-compte, les invisibles. Une Palme d’or de très bonne tenue (sans doute la meilleure depuis "La Vie d’Adèle" en 2013) dans un palmarès somme toute assez bancal.

Plus rentre-dedans que le cinéma de Kore-eda, l’Américain Spike Lee s’installe, grâce à son Grand Prix, sur la deuxième marche du podium de la compétition avec "BlacKkKlansman", réjouissante comédie retraçant l’enquête d’un flic noir des années 1970 qui était parvenu à infiltrer le Ku Klux Klan. Un prix évidemment politique pour cette satire féroce présentant le président Donald Trump comme l’agent des divisions raciale qui rongent les États-Unis.

Tout aussi en colère mais moins inspirée, la Libanaise Nadine Labaki remporte le Prix du jury avec "Capharnaüm", drame à gros sabots sur les enfants des rues de Beyrouth qui a ému les festivaliers mais divisé la critique.

Jafar Panahi, un absent primé

L’Italienne Alice Rohrwacher et l’Iranien Jafar Panahi se partagent le prix du scénario pour, respectivement, "Heureux comme Lazzaro" et "3 visages", magnifique road-trip minimaliste sur lequel plane l’ombre d’Abbas Kiarostami. Par la voix de sa fille venue chercher le prix sur la scène du Grand Théâtre Lumière, le cinéaste iranien, assigné à résidence dans son pays, a d’ailleurs rendu hommage à son défunt compatriote avec qui il avait pour habitude de regarder à la télévision la remise des prix du festival de Cannes.

Sans grande surprise, le prix de la mise en scène est revenu à Pawel Pawlikowski pour le très maîtrisé et figé "Cold War", histoire d’amour en noir et blanc entre un pianiste et une chanteuse séparés par le rideau de fer.

Du côté des acteurs, c’est une vraie gueule de cinéma, Marcello Fonte (sorte de cousin d’Angel di Maria et de Luis Rego), qui glane le prix d’interprétation masculine pour son rôle de malheureux toiletteur pour chiens dans le décevant "Dogman" de Matteo Garrone. Chez les dames, c’est la Kazakhe Samal Yeslyamova qui est honorée pour sa prestation très "frères Dardenne" dans le sombre et épuisant "Ayka" du Russe Sergey Dvortsevoy.

Godard, l'autre Palme d'or

Enfin, Jean-Luc Godard s’est vu décerner (enfin sa productrice puisque le cinéaste suisse a préféré rester chez lui) une Palme d’or spéciale, créée rien que pour lui par les membres du jury. Une récompense qui vient confirmer que le réalisateur concourt dans une autre catégorie : la sienne.

Tous les Français en lice sont donc repartis bredouille de cette édition (si on considère que Jean-Luc est citoyen helvète). Avec 21 réalisateurs en compétition et seulement huit prix à distribuer, il y a forcément des oubliés. On regrettera notamment l’absence de "Plaire, aimer et courir vite" de Christophe Honoré, qui signait là son meilleur film depuis longtemps. Autres réalisateurs boudés : le Chinois Jia Zhang-ke et sa puissante fresque féministe "Les Éternels" et le Russe Kirill Serebrennikov, auteur d’un impeccable film musical sur une bande de rockers dans l’URSS de Leonid Brejnev.

Mais le plus grand absent du palmarès reste "Burning" (notre Palme de cœur) du Sud-Coréen Lee Chang-dong qui signe ici un thriller tout en ambiguïté sur un étrange triangle amoureux. Bref, une merveille de cinéma qui aurait pu prétendre à chacun des prix du palmarès. Il n’en a reçu aucun. Dommage.

Au-delà du palmarès, le cru 2018 restera marqué par l’impressionnante puissance du cinéma asiatique. Alors que les studios américains désertent d’année en année la Croisette pour la Mostra de Venise, on saura gré aux sélectionneurs d’être allés explorer des territoires moins évidents pour composer le programme d’un festival qui se targue d’être le plus grand du monde.

Première publication : 19/05/2018

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