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EUROPE

Cannes-2018 : la réalisatrice libanaise Nadine Labaki au plus près des réalités

© Anne-Christine Poujoulat, AFP | La réalisatrice libanaise Nadine Labaki lors du festival de Cannes-2018.

Texte par Guillaume GUGUEN , Florence RICHARD

Dernière modification : 19/05/2018

À Cannes, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki est pressentie pour remporter, samedi, la Palme d’or pour son film "Capharnaüm". Elle serait la première femme arabe et la deuxième réalisatrice de l'histoire du Festival à recevoir ce prix.

"Et maintenant, on va où ?", interrogeait en 2011 le titre du deuxième long-métrage de Nadine Labaki. Sans doute la cinéaste libanaise n'imaginait-elle pas encore qu'elle se dirigeait vers un succès international. Son film "Capharnaüm", une plongée dans l'enfer des enfants des rues beyrouthines présenté cette année en sélection officielle à Cannes, a ému aux larmes les festivaliers. À l'issue de sa projection jeudi 17 mai, la salle l'a ovationné une vingtaine de minutes.

Pressentie pour remporter la Palme d’Or remise samedi, Nadine Labaki deviendrait la première femme arabe et la deuxième réalisatrice de l'histoire du Festival à recevoir ce prestigieux prix. Jane Campion avait été couronnée en 1993 pour "La Leçon de piano".

>> À voir : Entretien à Cannes avec Nadine Labaki

Nadine Labaki œuvre depuis des années au rayonnement du septième art libanais, aux côtés, entre autres, de Ziad Doueiri, nommé l’an passé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger avec "L'Insulte". Son cinéma, très engagé, se saisissait des grandes problématiques de son pays, de la place des femmes dans la société, la religion, la pauvreté.

Après avoir réalisé des clips musicaux, la cinéaste s'est fait connaître du grand public avec "Caramel" présenté aussi à Cannes, mais dans la section Quinzaine des réalisateurs. Un film choral sur cinq femmes d'un institut de beauté de Beyrouth. Son deuxième film "et maintenant on va où ?" raconte les divisions confessionnelles du Liban à travers le quotidien d'un village où cohabitent chrétiens et musulmans.

"Ces enfants ne jouent pas, ils sont"

Dans "Capharnaüm", elle retrace le parcours d’un gamin des bidonvilles à Beyrouth qui décide d’attaquer ses parents pour lui avoir donné la vie, faisant de ce film un tableau explosif des enfants laissés-pour-compte.

Tourné en six mois, il est composé uniquement d'acteurs non professionnels dont Zain, réfugié syrien de seulement 14 ans repéré en 2016, dans la rue, lors d'un casting sauvage. Zain est né à Daraa, dans le sud-ouest de la Syrie, et réfugié avec sa famille au Liban depuis 2012. Installé à Beyrouth, il ne s'est pas adapté au système éducatif et cumule des petits emplois depuis l'âge de dix ans. Dont livreur de supermarchés, ce qui fait écho à son personnage.

Il joue notamment aux côtés d'un bébé dont il a la responsabilité à l'écran. "Ces enfants ne jouent pas, ils sont", affirme Nadine Labaki.

Dans un entretien à France 24, elle décrit l’émotion ressentie lors de l’ovation à l’issue de la projection cannoise : "J’étais fière, heureuse, comblée, entourée de mon équipe et de mes acteurs. C’était une belle revanche pour mes acteurs. Il y a quelques jours, Zain n’avait même pas un papier qui prouve qu’il existe et là, il monte les marches du plus grand festival, celui de Cannes, il est applaudi, regardé. Il était invisible aux yeux du monde il y a encore quelques jours."

Ce choix d’acteurs non-professionnels donne une force quasi-documentaire au film, montrant les marges de la société libanaise. En plus de Zain, "Capharnaüm" s'attarde sur un autre enfant laissé-pour-compte, Yonas. Non déclaré, il n'existe pas aux yeux de la loi, obligeant sa mère à cacher son existence. Pourtant quand Zain va se retrouver seul avec lui, il va devoir s'en occuper.

"Ce sont des exclus du système, de la vie"

Les scènes entre ces deux enfants, privés d'avenir, sont les plus belles du film. Nadine Labaki, qui a entamé le tournage juste après la naissance de sa fille, montre toutes les facettes de la relation à un enfant, de l'attachement à l'agacement en passant par l'attendrissement.

La réalisatrice espère que son film trouvera un écho auprès des autorités libanaises sur les conditions de vie des réfugiés syriens dans le pays. "Beaucoup d’enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Ce sont des exclus du système, de la vie", explique la cinéaste à France 24. "J’espère que ce film ouvrira un débat. J’aimerais croire que ce film permettra cela".

"Capharnaüm" va désormais poursuivre sa route, hors de Cannes. Pourquoi pas aux États-Unis, où ce film coup de poing pourrait prétendre à un Oscar.

Avec AFP

Première publication : 19/05/2018

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