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Erdogan en campagne en Bosnie demande aux Turcs de la diaspora de s'engager

© TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP | Recep Tayyip Erdogan, sa femme Emine Erdogan et le président de la présidence collégiale de Bosnie-Herzegovine Bakir Izetbegovic lors d'un meeting électoral à Sarajevo le 20 mai 2018, sur une photo fournie par le service de presse de la présidence turque

SARAJEVO (AFP) - 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé dimanche la diaspora turque à s'engager dans la politique de leur pays, lors d'un meeting électoral à Sarajevo, après que d'autres Etats européens lui ont refusé de faire campagne dans leurs pays.

"J'ai une demande à vous faire, prenez un rôle actif dans les partis politiques dans les pays où vous vivez", a-t-il dit à la foule, pendant un discours de près d'une heure pour mobiliser les plus de 3 millions d'électeurs turcs de la diaspora, dont 1,4 million en Allemagne, avant le scrutin présidentiel et parlementaire du 24 juin. "Vous devriez prendre place dans ces parlements".

"Allah Akbar!" et "Sultan Erdogan!", a clamé la foulé lorsque le président turc est arrivé avec Bakir Izetbegovic, le membre bosniaque musulman de la présidence tripartite bosnienne.

M. Izetbegovic, qui ce pays multicommunautaire avec un Serbe et un Croate, a appelé le public à voter pour M. Erdogan "un homme que Dieu vous a envoyé".

Plusieurs milliers de Turcs, venus de toute l'Europe, notamment d'Allemagne, d'Autriche, de France ou du Danemark, se pressaient dans la salle Zetra, patinoire des jeux Olympiques d'Hiver de 1984 sous d'immenses portraits de Recep Tayyip Erdogan et d'Atatürk, le premier président turc.

Muhamed Yanik, un étudiant de 20 ans, avait voyagé 28 heures en bus de Dortmund (Allemagne) pour assister à ce meeting.

"S'il nous disait de mourir pour lui, nous mourrions pour lui", assurait-il.

Les mesures de sécurité étaient importantes pour le seul meeting électoral prévu par le président turc hors de son pays.

En avril, les autorités néerlandaises ont prévenu qu'elles ne voyaient pas d'un bon ?il la tenue d'une telle réunion politique. Le gouvernement autrichien les a interdites.

Plusieurs pays de l?Union européenne, notamment l?Allemagne, avaient déjà empêché la tenue de meetings pro-Erdogan avant le référendum d?avril 2017 sur le renforcement de ses pouvoirs.

A Sarajevo, il n'y avait aucun risque de s'exposer à un tel rejet, étant donné les liens que le président turc entretient avec Bakir Izetbegovic, qu'il a invité au mariage de sa fille en 2016.

Sa formation politique, le SDA, affiche sa proximité avec le parti de la Justice et du développement (AKP) islamo-conservateur de M. Erdogan. Selon les médias bosniens, l'AKP compte d'ailleurs ouvrir prochainement une antenne en Bosnie.

Pourtant, dans ce pays des Balkans ravagé dans les années 90 par une guerre entre Serbes orthodoxes et Bosniaques musulmans, cette visite ne faisait pas l'unanimité.

Beaucoup y voient l'expression d'un "néo-ottomanisme". Les Balkans, et notamment la Bosnie, ont été sous tutelle ottomane pendant plus de quatre siècles, jusqu'en 1878.

Le metteur en scène de Sarajevo Dino Mustafic a ironisé sur son compte Twitter, sur ce "rassemblement émouvant et romantique des temps coloniaux", où "le pauvre sujet local applaudira avec ferveur son sultan".

"Pourquoi fait-il ce meeting en Bosnie et pas en Turquie", s'offusquait Spomenka Beus, une retraitée de 74 ans.

Le chef des Serbes de Bosnie Milorad Dodik a accusé M. Erdogan "d'ingérence" dans les affaires bosniennes.

La moitié des 3,5 millions de Bosniens sont des Bosniaques musulmans, un tiers sont serbes orthodoxes, les Croates catholiques comptant pour environ 15% de la population.

La Turquie a joué un rôle important dans la reconstruction de la Bosnie après la guerre et y mène une politique d'investissement dynamique comme dans tous les Balkans.

Le vote des Turcs émigrés dans les pays européens, généralement en provenance de la campagne, est favorable à l'AKP qui cherche à les mobiliser pour qu'ils participent fortement aux élections.

S'il remporte ces élections présidentielle et législatives anticipées le 24 juin, soit un an et demi plus tôt que prévu, il exercera un nouveau mandat aux pouvoirs considérablement renforcés.

© 2018 AFP