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Le foot et la foi: Deogratias, avant-centre et futur prêtre

© AFP/Archives / Par Stanislas TOUCHOT | L'attaquant tanzanien et séminariste Deogratias Nyamwihula dans la chapelle du Collège Ecclésiastique International Sedes Sapientiae à Rome, le 14 avril 2018

ROME (AFP) - 

Deogratias Nyamwihula est un attaquant tanzanien de 27 ans, rapide, pénible pour les défenses, toujours à la limite du hors-jeu et qui sent bien les coups. Arrivé à Rome en 2015, il ne joue ni pour la Roma ni pour la Lazio, mais pour la Sedes Sapientiae, une équipe de séminaristes parmi les plus redoutables de la Clericus Cup.

Organisée chaque année à Rome sur les terrains du stade Pie XI, d'où on a l'une des plus belles vues de la capitale sur la coupole de la Basilique Saint-Pierre, la Clericus Cup est la Coupe du Monde des prêtres et des séminaristes.

Ce samedi du mois d'avril, la Sedes Sapientiae, un séminaire installé dans le quartier romain du Trastevere et géré par l'Opus Dei, a battu les Amici della Chape, une autre équipe d'aspirants-prêtres, pour atteindre sa troisième demi-finale en quatre ans.

Avec son N.10, Deogratias a touché peu de ballons, mais il a été dans la plupart des bons coups, a obtenu un penalty et a marqué le but du 3-1. En fin de partie, il est allé saluer torse nu la douzaine de supporters qui n'ont pas arrêté une seconde de frapper sur leurs tambours et de chanter "Forza, Forza Sedes !"

"J'ai toujours joué au foot dans mon pays. Sans chaussures, sur une terre très dure. J'ai eu tellement d'amis grâce au foot. Un match, c'est comme appeler un ami pour aller manger", a raconté à l'AFP ce supporter de Barcelone et du Brésil, qui termine sa troisième année de théologie.

- 'On joue, hein !' -

Chemise noire et col romain, transpirant sous le soleil de printemps, le coach de la "Sedes" José Huerta, un prêtre mexicain, a de son côté donné en italien ses consignes et ses félicitations à des joueurs venus du Mexique, du Salvador, d'Argentine, des Philippines, du Ghana, d'Afrique du Sud ou de Croatie.

"Le foot est quelque chose qui nous unit, au-delà des prières et des autres choses que nous faisons ensemble avec beaucoup de plaisir. Mais le foot est une activité vraiment très ludique, qui fait beaucoup de bien a la collectivité", explique-t-il.

A la Clericus Cup, la technique est parfois approximative et la condition physique souvent suspecte. Mais les âmes sont droites et même si l'on a vu un milieu de terrain brésilien de "Chape" distribuer quelques coups, tout se finit par la prière qui réunit tous les participants en cercle au centre du terrain.

"On joue, hein ! On se donne à fond, mais toujours avec un esprit, disons, chrétien. Nous n'oublions pas que nous sommes des prêtres, des séminaristes, des religieux quoi !", explique le "coach" Huerta.

- 'Formation humaine' -

Dans la chambre austère mais lumineuse qu'il partage avec deux autres étudiants au séminaire, Deogratias raconte une enfance "dans une famille très chrétienne", son prénom prédestiné et un petit frère baptisé Melchior, comme un des rois-mages.

"En grandissant, c'est devenu comme une histoire d'amour et j'ai eu cette vocation sacerdotale. A 17 ans, j'ai voulu faire ce parcours pour comprendre ce que Dieu voulait pour ma vie", explique-t-il.

"Mais notre formation ne tourne pas qu'autour de la prière. C'est une formation humaine, intellectuelle, et une partie de cette formation humaine c'est bien sûr le jeu. Certains jouent au volley, au basket. Comme ça on peut s'amuser un peu le week-end, souffler, pour recommencer en forme notre formation le lundi."

Dans les couloirs décorés de cartes anciennes du séminaire, on a interrogé Deogratias sur le concept de victoire et sur sa compatibilité avec les vertus chrétiennes.

"La question n'est pas de gagner mais de créer des amitiés. Et si nous sommes tous là, c'est pour la foi", a-t-il expliqué. Mais il sait tout de même parfaitement quand est programmée la finale de la Clericus Cup. "Le 26 mai, comme celle de la Ligue des champions."

Par Stanislas TOUCHOT

© 2018 AFP