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FRANCE

Macron présente une version allégée du plan Borloo pour les banlieues

© Ludovic Marin / Pool / AFP | Emmanuel Macron, lors de son discours sur les quartiers difficiles, mardi 22 mai, à l'Élysée.

Vidéo par FRANCE 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 29/05/2018

Des "testings" contre les discriminations à l’embauche, des stages en classe de 3e, le financement des associations de terrain : seules quelques mesures préconisées par Jean-Louis Borloo pour les banlieues ont été reprises par Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron a promis de "changer de méthode" en entamant un discours qu’il voulait court et non-conventionnel sur les quartiers prioritaires, devant un parterre d’élus, de responsables associatifs et d’entrepreneurs, invités à l’Elysée mardi 22 mai. Son intervention en forme de stand-up a duré 1 heure et 40 minutes, le temps de faire un long bilan sur la politique de la ville menée par ses prédécesseurs, et de reprendre quelques mesures du rapport rédigé par Jean-Louis Borloo à la demande du gouvernement, sans endosser la totalité du travail de l’ancien ministre de la ville.

Le changement annoncé par le chef de l’État commence par le refus d'un nouveau "plan Marshall pour les banlieues", surnom donné à la politique de la ville initiée par Nicolas Sarkozy en 2008, et de nouvelles promesses de financement ambitieux. Emmanuel Macron parle également de lutter contre "l’assignation à résidence" qui maintient les habitants dans des quartiers défavorisés. Les premières séries de mesure ne seront pas mises en place avant le mois de juillet, d'autres attendront la consultation des acteurs locaux à la rentrée.

30 000 stages de 3e

Dans le concret, le président de la République a appelé à la bonne volonté des cent-vingt plus grandes entreprises françaises (SBF120), qui sont priées de "prendre leur part" dans la lutte contre le chômage. Une mesure de rétorsion est annoncée : le "testing", la pratique de tests anonymes pour détecter les cas de discrimination à l’embauche, au rythme de 40 par an pendant trois ans parmi les entreprises du SBF120. Il promet aussi 30 000 stages en entreprises et dans les structures étatiques pour les élèves de 3e, spécifiquement réservés pour les adolescents habitants dans des quartiers défavorisés.

Autre changement de méthode, cette fois dans le financement des associations : le chef de l’État veut en finir avec un système où les structures associatives sont "obligées de mendier pour les appels à projets". L'idée est de donner de la visibilité aux associations et d’être financées pour leur activité. C’était là aussi, une des propositions du rapport Borloo, réclamée par les acteurs de terrain.

Sur le plan de la sécurité, Emmanuel Macron a rappelé la mise en place de la police de sécurité du quotidien (PSQ) et a annoncé un plan de "mobilisation générale contre les trafics de drogue" qui sera finalisé d'"ici le mois de juillet". Dans le cadre de la lutte antiterroriste, il a également souhaité la mise en place d'un protocole "très clair" entre les maires et les préfets, notamment concernant les personnes fichées FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la
radicalisation à caractère terroriste). Des "propositions concrètes" seront faites en ce sens d'ici juillet.

Enfin, Emmanuel Macron envisage la création en juillet d'une "instance de recours pour les habitants comme les élus" : "Il y a des territoires en grande difficulté, et ils peuvent être très urbains, très ruraux, les raisons sont profondément différentes et (...) il faut une politique de droit réel, d'effectivité des droits dans ces endroits de la République", a jugé le chef de l'État. Il n’est toutefois pas "sûr de vouloir recréer" une nouvelle juridiction administrative, sous la forme d’une "Cour d’équité territoriale", comme le préconise Jean-Louis Borloo dans son rapport.

"Macron vient de liquider le plan Borloo"

L'ex-ministre de la ville s'est d’ailleurs dit très satisfait des annonces d'Emmanuel Macron pour les banlieues : "Les 19 points du rapport y sont tous, assure-t-il dans une interview donnée à l’AFP à l’issue du discours à l'Élysée. J'ai retrouvé la cour d'équité territoriale, la fondation, le campus numérique, la cité éducative, la mobilisation de tout le monde. Je n'en vois pas un qui manque, sauf peut-être le programme ‘à la rencontre de l'autre’". "Après c'est un art de l'exécution", a-t-il relativisé. Sur la mobilisation des entreprises, "j'aurais aimé que ça aille plus loin dans l'obligation, que le Parlement soit saisi dans 18 mois" pour décider d'éventuelles sanctions contre celles qui ne respecteraient pas leurs engagements à recruter un certain quota d'apprentis, a ajouté l’ancien ministre, qui préconisait dans son plan de telles sanctions.

Plusieurs acteurs de terrain et opposants politiques regrettent pourtant que la dynamique et les espoirs créés par le rapport Borloo aient été douchés par le chef de l’État. "Macron vient de liquider le plan Borloo dans un long stand up d'un président des riches. Aucune vision stratégique pour un Plan Banlieue, aucune annonce de financement comme pour les places en crèches. Les associations écartées et les élus locaux stigmatisés", écrit Luc Carvounas, élu socialiste dans le Val-de-Marne, sur Twitter.

Avec AFP

Première publication : 22/05/2018

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