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Economie

Zuckerberg au Parlement européen : beaucoup de bruit pour rien

© John Thys, AFP | Mark Zuckerberg à son arrivée à Bruxelles en compagnie de l'Italien Antonio Tajani, présidient du Parlement européen.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 23/05/2018

L’audition par le Parlement européen de Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, dans le cadre du scandale Cambridge Analytica n’a rien apporté au débat. La faute au format choisi.

“Il est inacceptable que Zuckerberg vienne au Parlement européen et n’ait répondu à aucune de nos questions. Nous n’en resterons pas là”. L’eurodéputé belge Guy Verhofstadt n’était pas content, mercredi 23 mai, de la prestation du PDG de Facebook devant le Parlement européen la veille.

On peut le comprendre. Le fondateur du géant des réseaux sociaux s’est, une nouvelle fois, excusé pour le rôle de son groupe dans le scandale Cambridge Analytica (le siphonage de données personnelles de 80 millions d’utilisateurs de Facebook à des fins de propagande politique)... sans plus.

Quarante questions sans réponse

Mark Zuckerberg s’est, en réalité, contenté de répéter ce qu’il avait déjà expliqué devant le Congrès américain. Il a reconnu que Facebook devait faire mieux [pour protéger la vie privée de ses utilisateurs], qu’il n’avait jamais imaginé en créant Facebook avoir un jour autant de responsabilités “sociales et démocratiques”, et qu’une “certaine forme de réglementation” était probablement nécessaire. “Mark Zuckerberg s’est joué des députés européens”, a conclu le site spécialisé Gizmodo. “Il a évité toute les questions difficiles et ne s’est jamais retrouvé en difficulté”, estime, pour sa part, le site technologique TechCrunch.

Après une audition devant le Congrès américain qualifiée de terne, malgré quelques échanges tendus, la venue du patron de Facebook à Bruxelles s’est transformée en non-événement. Gizmodo a résumé sa déception en listant quarante questions posées par les parlementaires auxquelles Mark Zuckerberg n’a pas répondu.

Certes, certaines remarques des eurodéputés relevaient davantage du plaidoyer anti-Facebook. Le Belge Guy Verhofstadt ne s’attendait probablement pas à une réponse en demandant à Mark Zuckerberg s’il se “voyait plutôt comme un Bill Gates et Steve Jobs, qui ont amélioré nos vies, ou comme un génie qui a créé un monstre digital qui est en train de détruire nos démocraties et nos sociétés”.

La plupart de ces questions sans réponses soulevaient pourtant de vraies interrogations sur le rôle du réseau social. Le milliardaire de 34 ans a ainsi évité de rassurer l’Allemand Manfred Weber, qui voulait savoir si “un nouveau scandale Cambridge Analytica allait survenir dans les prochains mois”. Il n’a pas non plus donné d’explication à un autre parlementaire allemand, Udo Bullmann, sur l’augmentation des faux comptes depuis le début de l’année 2018. Il n’a pas non plus promis au Belge Philippe Lamberts que Facebook paierait ses impôts dans tous les pays où il avait une présence opérationnelle.

Quinze minutes pour répondre à tout

Mark Zuckerberg s’en est sorti sans la moindre égratignure en grande partie grâce au format qui avait été choisi pour cette audition. Les députés ont, dans un premier temps, énuméré leurs questions, puis le patron de Facebook a disposé d’un peu plus de 15 minutes pour répondre. Il ne s’est donc pas privé de choisir les questions qui le dérangeaient le moins et s’est réfugié derrière le manque de temps pour justifier qu’il ne répondrait pas aux autres.

Les députés européens ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes pour avoir donné autant de liberté à un Mark Zuckerberg qui avait déjà traîné des pieds pour venir s’expliquer devant eux (au départ, il avait demandé à ce que l’audition se fasse à huis clos). Ce n’est pourtant pas l’avis de Philips Lamberts qui, vers la fin de la discussion, a interpellé le PDG américain, le critiquant pour “avoir choisi ce format” qui l’arrange.

Une affirmation démentie par Facebook. Un porte-parole du groupe californien, interrogé par le site TechCrunch, a rejeté la faute sur les parlementaires européens. Le député conservateur britannique Daniel Dalton a abondé dans le sens du réseau social soulignant, sur Twitter, “que c’est le format standard de toutes les auditions devant le Parlement européen. Si les députés voulaient de vraies réponses, ils auraient dû en trouver un meilleur”.

Qu’au lendemain d’une audition inédite, les débats tournent davantage autour de la forme que du fond en dit long sur la portée des échanges entre les députés et Mark Zuckerberg.

Première publication : 23/05/2018

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