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Le Brésil au bord du chaos malgré la trêve négociée avec les routiers

© AFP | Des manifestants brûlent une voiture sur une route pour dénoncer la hausse des prix du diesel à Ribeirao das Neves au Brésil, le 25 mai 2018

BRASILIA (AFP) - 

Une grève d'ampleur des transporteurs routiers au Brésil commençait vendredi à clouer des avions au sol et à paralyser des secteurs entiers de l'économie, en dépit de l'annonce la veille par le gouvernement d'un accord sur une trêve de 15 jours.

Au cinquième jour de ce mouvement contre la hausse du prix du diesel, de nombreuses routes restaient bloquées par des barrages dans tout le pays, ainsi que l'accès aux raffineries, la plupart des stations-service de nombreuses grandes villes étant à sec.

La préoccupation est montée d'un cran avec l'annonce de l'annulation des premiers vols à l'aéroport de Brasilia, dont deux internationaux, les réserves kérosène étant épuisées.

La compagnie américaine American Airlines a décidé d'annuler un vol en provenance de Miami qui aurait dû atterrir à Brasilia dans la matinée, ainsi que celui du soir qui devait repartir de la capitale brésilienne à destination de la Floride.

La situation était également critique dans d'autres aéroports du pays et de nombreux avions pourraient être cloués au sol rapidement en l'absence de ravitaillement.

Pourtant, le gouvernement affichait un certain optimisme jeudi soir, une partie des dirigeants syndicaux s'étant engagés à "suspendre le mouvement de grève pendant 15 jours, jusqu'à une nouvelle rencontre avec le gouvernement" en échange notamment de la suppression d'une taxe sur le diesel.

Mais la mobilisation restait très forte vendredi matin, avec des barrages routiers dans quasiment tous les 27 Etats que comptent le Brésil.

La trêve négociée pendant plus de sept heures la veille n'ayant clairement pas été respectée, le chef du gouvernement Eliseu Padilha a affirmé à des journalistes qu'il fallait "donner du temps" aux leaders syndicaux pour convaincre les grévistes de se démobiliser.

Cet accord ne peut pas avoir d'"effet immédiat, instantané", a déclaré M. Padilha, expliquant toutefois qu'il avait "la certitude" que les syndicalistes allaient honorer l'accord de jeudi.

Mais pour l'Association brésilienne des Camionneurs (Abcam), syndicat qui représente 700.000 chauffeurs routiers, "l'idée est de maintenir la grève, les barrages routiers".

"L'Abcam n'est pas d'accord (avec la trêve) parce que (le gouvernement) n'a pas tenu sa promesse initiale d'annuler les taxes avant la fin de la semaine", a expliqué une porte-parole de ce syndicat à l'AFP.

- Chaînes de montage à l'arrêt -

Les problèmes d'approvisionnement majeurs causés par cette grève ont affecté l'ensemble de l'économie, dans cet immense pays qui n'a quasiment pas de réseau ferroviaire et où 60% du transport de marchandises passe par la route.

Les exportations du pays sont en passe d'être fortement affectées, et l'industrie automobile est déjà totalement à l'arrêt.

"Les chaînes de montage de l'ensemble des usines de fabrication de véhicules du Brésil sont à l'arrêt", a averti l'Association nationale des fabricants de véhicules à moteur dans un communiqué.

Les usines automobiles ne reçoivent plus de pièces détachées et ne peuvent pas non plus acheminer les véhicules fabriqués vers les concessionnaires.

Dans de nombreuses grandes villes brésiliennes, les automobilistes ont affronté depuis plusieurs jours d'immense files d'attente pour faire le plein. Mais vendredi, de nombreuses stations-service étaient désertées, car totalement à sec.

La télévision brésilienne Globonews a également montré vendredi les étals du marchés au gros de Rio de Janeiro pratiquement vides, de nombreux supermarchés étant également à cours de produits frais.

Cette situation chaotique porte un rude coup à la crédibilité du gouvernement du président Michel Temer, dans un pays à l'avenir politique incertain à moins de cinq mois de la présidentielle d'octobre.

"Cela montre à l'opinion publique et au marché, au Brésil et à l'étranger, que le gouvernement Temer est un gouvernement nain, sans aucun pouvoir", a affirmé à l'AFP l'analyste politique André César, du cabinet de consultants Hold.

Si le mouvement dure, les conséquences économiques risquent d'être catastrophiques pour un pays qui a du mal à se remettre sur pied après la récession historique de 2015-16.

Les engagements pris par le gouvernement pour tenter de sortir de l'impasse risquent également de plomber les finances publiques.

Outre la promesse d'annulation d'une taxe, Brasilia doit, grâce à des subventions, prolonger une réduction du prix du diesel de 10% annoncée la veille par le groupe pétrolier public Petrobras pour 15 jours seulement.

Les prix du diesel ont fortement augmenté récemment en raison de la hausse du cours du pétrole et d'une nouvelle politique de tarifs de Petrobras, qui s'est alignée depuis la fin 2016 sur les cours internationaux.

© 2018 AFP