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EUROPE

L'Autriche va expulser jusqu'à 60 imams liés à la Turquie et fermer sept mosquées

© Robert Jäger, APA, AFP | Conférence de presse du chancelier autrichien Sebastian Kurz (2e à g.) et du vice-chancelier d'extrême droite Heinz-Christian Strache (2e à d.), à Vienne le 8 juin 2018.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/06/2018

Le gouvernement conservateur autrichien a annoncé vendredi son intention de fermer sept mosquées et d'expulser près de 60 imams dans le cadre de mesures contre l'islam politique et le financement étranger de groupes religieux.

Le gouvernement conservateur autrichien, composé des partis conservateurs ÖVP et d'extrême droite FPÖ, a lancé vendredi 8 juin une offensive contre "l'islam politique" qui devrait conduire à l'expulsion de dizaines d'imams et à la fermeture de sept mosquées financées par la Turquie.

L'annonce a été faite par le chancelier Sebastian Kurz dans la foulée d'un scandale suscité par la reconstitution, dans une des principales mosquées de Vienne affiliée à la communauté turque, d'une bataille emblématique de l'histoire ottomane jouée par des enfants habillés en soldats.

"Des sociétés parallèles, l'islam politique et la radicalisation n'ont pas leur place dans notre pays", a argumenté le chef du gouvernement autrichien lors d'une conférence de presse.

Ankara a rapidement et vivement réagi : ces annonces sont "le résultat de la vague populiste, islamophobe, raciste et discriminatoire dans ce pays", a dénoncé sur Twitter le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan.

>> Lire le grand format de France 24 : le virage à droite de l'Autriche

"Le cercle de personnes qui pourraient être affectées par ces mesures comprend environ 60 imams", a précisé le ministre de l'Intérieur, Herbert Kickl (FPÖ). Leurs familles sont également concernées et 150 personnes au total pourraient perdre leur droit de résidence en Autriche, a-t-il indiqué, ajoutant que dans certains cas, le processus d'expulsion d'imams financés par la Turquie a d'ores et déjà commencé.

Reconstitution de la bataille de Gallipoli

Les photos de la reconstitution de la bataille de Gallipoli, durant la Première Guerre mondiale, jouée par des enfants dans les locaux de la mosquée, ont été publiéesrécemment par l'hebdomadaire de centre gauche Falter et ont largement ému la classe politique autrichienne, toutes tendances confondues.

>> À lire : Erdogan et l’extrême droite, d’ennemis jurés à alliés stratégiques

Les clichés montraient les jeunes garçons en tenue de camouflage alignés en rang, faisant le salut militaire et agitant des drapeaux turcs, devant un public d'enfants. Sur une autre photo, certains sont allongés pour figurer les victimes de la bataille, leur corps enroulé dans un drapeau turc.

"Ce qui s'est passé dans cet endroit (...) n'a pas sa place en Autriche. Le gouvernement fera preuve d'une tolérance zéro", avait alors déclaré Sebastian Kurz, promettant une réaction "forte".

Le lieu de culte est géré par l'Union islamique turque d'Autriche (Atib), directement liée à la Direction turque des Affaires religieuses (Diyanet). L'Atib avait qualifié la mise en scène de "hautement regrettable", indiquant dans un communiqué être intervenu auprès de la mosquée avant que la controverse éclate dans les médias et avoir demandé la démission du responsable.

360 000 personnes d'origine turque en Autriche

La bataille des Dardanelles a débuté en février 1915 par la tentative d'une flottille franco-britannique de forcer le détroit pour s'emparer d'Istanbul, capitale de l'Empire ottoman. Repoussés, les Alliés ont débarqué le 25 avril à Gallipoli mais ont été défaits après de longs mois d'offensive. L'Empire ottoman a fini la Première Guerre mondiale dans le camp des perdants et été démantelé. Mais la bataille de Gallipoli est devenue un symbole de la résistance qui a abouti à l'avènement de la République turque moderne en 1923.

>> À lire : Les "Dardas", ces poilus tombés dans le "cul-de-sac de la mort"

Environ 360 000 personnes d'origine turque vivent en Autriche, dont 117 000 de nationalité turque. Les relations entre Ankara et Vienne sont particulièrement tendues depuis la répression qui a suivi la tentative de putsch contre Recep Tayyip Erdogan en juillet 2016.

Avec AFP

Première publication : 08/06/2018

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