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Culture

France : des œuvres d'art vont voyager dans les régions reculées

© Domaine public | "Le Groom", huile sur toile peinte par Chaïm Soutine en 1925, détenue par le Centre Pompidou à Paris.

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 12/06/2018

Un "catalogue des désirs", constitué de tableaux et de pièces des musées nationaux, a été dévoilé par le ministère de la culture, le 11 juin. Les acteurs des territoires français éloignés des lieux culturels pourront piocher dans ce répertoire.

C’est un "Catalogue des désirs". Joli nom un brin lyrique donné par le ministère de la Culture aux quelque 477 œuvres autorisées à quitter les musées nationaux français et destinées à être "exposées auprès des Français qui sont les plus éloignés, et en priorité hors des grandes métropoles, dans des villes moyennes, des quartiers prioritaires, des centre-bourgs, des zones rurales", explique la ministre Françoise Nyssen, lundi 11 juin.

L’idée est partie d’un constat budgétaire : chaque Parisien bénéficie de dix fois plus d’argent public dédié à la culture qu’un habitant de Puiseaux dans le Loiret ou de Lunéville en Moselle : 139 euros pour les premiers et 15 euros pour les autres. La Guyane, la Guadeloupe et la Réunion sont également les grandes oubliées de la rue de Valois, là où siège le ministère de la Culture à Paris. Celui-ci a établi une carte de France afin de repérer des "zones blanches" où les théâtres, les musées, les cinémas, se font rares, c’est-à-dire les zones où il y a moins d’un établissement culturel pour 10 000 habitants.

La première ébauche du projet s’intitulait "Joconde etc., Culture près de chez vous" en mars dernier – laissant entendre que l’œuvre de Léonard de Vinci pourrait sortir du Louvre. Finalement, point de Joconde (trop fragile pour voyager), mais plusieurs centaines de pièces de musée, évoquant surtout l’Histoire en France et la diversité culturelle, prendront la route. D’où un "Catalogue des désirs", qui ressemble plutôt à un inventaire à la Prévert, à y regarder de près.

On y trouve pêle-mêle une "Tête" provenant de l’île de Kéros dans les Cyclades à la période du Bronze ancien, les fameux portraits de Victor Hugo, Louis Pasteur et de Marat assassiné qui figurent dans tous les manuels scolaires d’histoire, le "Groom" de Chaïm Soutine, cinq œuvres de Pablo Picasso... mais aussi le manteau du colonel Denfert-Rochereau, une boîte à gâteaux datant de 1900, une statue protectrice de l’île de Nicobar en Inde, un tambour de la région du fleuve Oubangui en République démocratique du Congo... ou encore, un document signé Gustave Eiffel présentant une "tour de 300 mètres", le premier bulletin du comité national de salut public édité en 1940, un dessin d’une élève de cours complémentaire illustrant "le départ, le 11 juin 1940", un "Coureur" sculpté par Germaine Richier, une "Eve" par Auguste Rodin, la robe noire d’Edith Piaf, la ceinture de bananes portée par Joséphine Baker, un maillot de Platini, une affiche de mai 1968... sans oublier quelques œuvres contemporaines, notamment "Réserve" une installation de Christophe Boltanski, et "Road to Exile" du Camerounais Barthélémy Toguo.

"Road to Exile" de Barthélémy Toguo, 2008. Barque en bois, ballots de tissu, bouteilles © Barthélémy Toguo / ADAGP, Paris 2018

Le catalogue est chronologique, et servirait idéalement à une première initiation à l’Histoire par le prisme de l’art. Les grandes institutions telles que le Louvre, la Bibliothèque nationale de France, le Centre Pompidou, le Musée des arts décoratifs ou encore le Mucem à Marseille, ont tous mis à disposition des œuvres-clé, jugées "iconiques", à en croire le catalogue, porteurs d’une part de "notre mémoire, de notre identité", écrit Françoise Nyssen.

Comment vont circuler ces œuvres ? À la demande. Au début du mois de juillet, un "Forum des désirs" réunira les représentants des musées nationaux et des acteurs des territoires pour un "speed dating" permettant de nouer des partenariats. Autres initiatives encouragées : celles du Centre Pompidou qui perpétue l'initiative "Un jour, une œuvre", présentation d’une pièce d’art contemporain dans un lieu de proximité (médiathèque, mairie ou centre commercial), ou encore les "Micro-folies", installation numérique d’approche des grandes œuvres d’art imaginées par le Parc de la Villette.

Les tableaux et les sculptures ne seront pas les seuls à voyager, la Comédie française ou encore l’Opéra de Paris sont aussi encouragés à prendre la route. Comment, sous quelle forme ? À la manière des "Tréteaux nomades", centre dramatique national itinérant porté par Robin Renucci ? François Nyssen ne le dit pas, mais laisse l’impression que l’argent ministériel – six millions et demi d’euros sont déboursés pour ce plan en 2018 – doit aider Paris à voyager dans les petites villes, plutôt que de soutenir ce qui existe déjà comme création artistique dans ces territoires, et qui peine parfois à se faire connaître, car noyée dans la récente fusion des régions. Drôle de décentralisation.

Première publication : 11/06/2018

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