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EUROPE

Malgré les tensions, la visite de Giuseppe Conte à Paris aura bien lieu

© Ian Langsdon, AFP | Le président français Emmanuel Macron et le président du Conseil italien Giuseppe Conte, le 8 juin 2018, lors du G7, à Charlevoix au Canada.

Vidéo par Armelle CHARRIER

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/06/2018

Malgré de vives tensions entre Paris et Rome mercredi et des excuses demandées par l'Italie, la visite de Giuseppe Conte à Paris vendredi aura bien lieu, a annoncé l'Élysée jeudi matin.

Les cuisiniers de l'Élysée peuvent se tenir prêts. Après une journée marquée par de vives tensions autour de la question migratoire entre Paris et Rome et un doute entretenu sur la visite du président du Conseil italien à Paris vendredi, l'Élysée a finalement fait savoir, jeudi 14 juin, que le déjeuner entre Emmanuel Macron et Giuseppe Conte aurait bien lieu.

Lors d'une conversation téléphonique mercredi soir, le président français "a souligné qu'il n'avait tenu aucun propos visant à offenser l'Italie et le peuple italien", selon un communiqué de l'Élysée.

Par ailleurs, les deux dirigeants "ont évoqué la situation du navire 'Aquarius' et ont pu échanger sur leurs positions". Ils ont estimé que "l'Italie et la France [devaient] approfondir leur coopération bilatérale et européenne pour mener une politique migratoire efficace avec les pays d'origine et de transit". Ils "sont convenus, en vue du prochain Conseil européen fin juin, que de nouvelles initiatives étaient nécessaires et devaient être discutées ensemble", précise l'Élysée.

Un peu plus tôt jeudi matin, le vice-président du Conseil italien, Luigi Di Maio, avait pourtant affirmé que l'Italie attendait toujours des excuses de la France. "Nous attendons des excuses. Si nous en recevons, nous pourrons entamer un nouveau parcours", a-t-il déclaré à la radio. "Il est encore temps de revenir en arrière, de s'excuser et de repartir de zéro."

Le refus du gouvernement italien de laisser accoster sur ses côtes le navire humanitaire 'Aquarius', à bord duquel se trouvaient quelque 629 migrants, a provoqué de nouvelles crispations diplomatiques sur la question des migrants.

>> À lire sur France 24 : "L''Aquarius', un navire pris dans la tempête européenne"

Emmanuel Macron a dénoncé mardi le "cynisme" et "l'irresponsabilité" du gouvernement italien, déclenchant la colère des autorités transalpines qui ont fustigé une forme "d'hypocrisie" d'un pays bloquant régulièrement l'arrivée de migrants sur son sol à la frontière franco-italienne.

Des tensions si fortes que Giuseppe Conte songe à "repousser son voyage à Paris", avait déclaré mercredi une source gouvernementale. "Pour le moment, les conditions [d'une réunion] ne sont pas réunies", avait-elle ajouté.

Visite annulée pour le ministre de l’Économie, ambassadeur convoqué

Mercredi matin, le ministre des Affaires étrangères italien, Enzo Moavero Milanesi, avait, de son côté, convoqué l'ambassadeur de France, Christian Masset. En l’absence de ce dernier, c’est la chargée d’affaires de l’ambassade de France, Claire Raulin, qui a été reçue. Enzo Moavero Milanesi a souligné lors de cet échange que les déclarations françaises mettaient "en péril les relations" bilatérales et a jugé le "ton employé 'injustifiable' ".

Quelques minutes plus tard, le ministre français des Affaires étrangères publiait un communiqué pour dire que la France était ouverte au dialogue et à la coopération avec Rome dans le domaine de l'immigration. Le Quai d'Orsay s'y dit "parfaitement conscient de la charge que la pression migratoire fait peser sur l'Italie et des efforts que ce pays fournit".

>> À lire sur France 24 : "L'Europe n'a plus les moyens de sanctionner l'Italie"

Dans la foulée, c’est le ministre italien de l'Économie, Giovanni Tria, qui a annulé une rencontre prévue mercredi après-midi avec son homologue français, Bruno Le Maire, à Paris. Un nouveau rendez-vous aura lieu dans quelques jours, assurait-on mercredi après-midi à Bercy.

La France a accueilli près de 32 000 migrants en 2017, sur un total de 100 000 demandes. Ces cinq dernières années, l'Italie a reçu elle plus de 640 000 migrants qui traversent la Méditerranée en partant des côtes africaines pour accoster sur l'île sicilienne de Lampedusa.

"Si les Français ont l'humilité de s'excuser, nous pourrons mettre cette histoire derrière nous et redevenir amis comme avant", a souligné dans la matinée Matteo Salvini.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 14/06/2018

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