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L'université de Nanterre débloquée dans le calme après deux mois d'occupation

© AFP/Archives | Des étudiants et des gendarmes face-à-face devant l'entrée de l'université de Nanterre, le 9 avril 2018

NANTERRE (AFP) - 

Les derniers étudiants qui occupaient un bâtiment de l'université de Nanterre pour protester contre les nouvelles modalités d'entrée à la fac, ont quitté les lieux mercredi soir dans le calme, après des négociations avec la présidence de l'établissement, mettant fin à deux mois de blocage, a-t-on appris auprès de la présidence.

Cette université de la banlieue ouest de Paris, qui compte 32.000 étudiants, était la dernière à être bloquée, après l'évacuation de Rennes-2 à la mi-mai par les forces de l'ordre, et des semaines de contestation débutée en mars d'opposants à la nouvelle loi d'accès à l'enseignement supérieur. Au plus fort de la mobilisation, quatre universités (sur 73) ont été bloquées et une dizaine de sites perturbés. Plusieurs sites avaient été débloqués par les forces de l'ordre.

"Ils sont partis d'eux-mêmes, le bâtiment E", occupé nuit et jour par plusieurs dizaines d'étudiants depuis plusieurs semaines, "est vidé et ça s'est bien passé, sans faire appel aux forces de police", selon la même source.

Certains occupants de ce bâtiment avaient déjà commencé à plier bagage dès mardi, avait constaté une journaliste de l'AFP.

"C'est le fruit d'un long dialogue", a-t-on précisé à la présidence, en soulignant que ce dialogue donnerait lieu "à une consultation plus globale et participative sur l'avenir de l'enseignement supérieur, comme cela a été demandé par plusieurs membres de la communauté universitaire" ces derniers mois.

Une des "occupantes", "étudiante en droit", a confirmé à l'AFP qu'ils avaient "décidé de stopper l'occupation" après une "réunion avec la présidence" en fin d'après-midi. Entre autres thèmes abordés, les occupants ont notamment obtenu de l'université que soient transmis les "attendus et algorithmes locaux de Parcoursup", la nouvelle plateforme d'admission post-bac.

L'université de Paris Nanterre était rentrée de plain-pied dans la contestation anti-loi ORE -la loi Orientation et réussite des étudiants votée début 2018, qui a modifié les modalités d'accès aux filières non sélectives- après l'intervention musclée de CRS demandée par la présidence en avril. Celle-ci souhaitait voir évacuer ce même bâtiment E, estimant qu'il était occupé par des individus extérieurs à l'établissement.

"L'occupation était juste un moyen de lutte, on va en trouver d'autres", avait estimé un étudiant en sociologie de 22 ans, rencontré mardi par l'AFP dans le bâtiment occupé.

"Le combat contre la loi ORE va recommencer en septembre avec la question des "sans-fac" (les bacheliers se retrouvant sans affectation), a-t-il dit.

© 2018 AFP