Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Côte d'Ivoire : l'eau coule à nouveau des robinets à Bouaké

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Élections anticipées en Turquie : Erdogan est-il toujours l'homme fort du pays ?

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Devenir Français, mode d'emploi

En savoir plus

VOUS ÊTES ICI

À la découverte du sanctuaire Pélagos en Méditerranée

En savoir plus

TECH 24

Handigamer : le jeu vidéo pour tous

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Présidence Macron : l'avalanche de réformes

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Métamorphoses du monde : le multilatéralisme menacé

En savoir plus

FOCUS

Footballers binationaux : le choix du drapeau

En savoir plus

#ActuElles

Roxanne Varza : "C’est le moment pour les femmes de s’investir dans le numérique"

En savoir plus

Rigueur, audace, humour: cocktail gagnant du concours "Ma thèse en 180 secondes"

© AFP/Archives | Des spectateurs assistent à la finale de "Ma thèse en 180 secondes", le 3 juin 2015 à Nancy

TOULOUSE (AFP) - 

"Observer l'univers, c'est facile, il suffit de lever la tête", assure Philippe Le Bouteiller. "Mais comment faire pour voir à l'intérieur de la terre ? Eh bien, j'ai une partie de la réponse", affirme le jeune doctorant, un des 16 candidats engagés dans la grande finale de "Ma thèse en 180 secondes".

Sur la scène mercredi du Théâtre de la Cité, à Toulouse, le jeune homme, 31 ans, de l'université Grenoble-Alpes, n'a, comme ses adversaires d'un soir, que 3 petites minutes pour développer le sujet de sa thèse, la très énigmatique -et incompréhensible pour les néophytes - "approche eulérienne de l'équation de Hamilton-Jacobi par une méthode Galerkin discontinue en milieu hétérogène anisotrope", appliquée à l'imagerie sismique.

Les choses deviennent un peu plus claires avec sa présentation du "fabuleux voyage des ondes sismiques" dans la terre. Et de ses recherches sur une méthode "permettant de calculer le temps qu'elles mettent à se propager dans des milieux très complexes, avec une précision 1.000 fois supérieure aux méthodes de calcul déjà existantes", explique-t-il, déconcertant d'aisance.

Captiver l'audience, vulgariser des sujets de thèses aux titres parfois rébarbatifs, convaincre un jury et un public - au milieu duquel avait pris place à Toulouse la ministre de l?Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal: les 16 finalistes rivalisent de rigueur, d'audace mais aussi d'humour pour présenter leur thème de recherches.

A l'image de Matthieu Lewis (Université de Bordeaux), qui a imaginé un dialogue entre le cancer et le thésard. Penché, bras écarté, il se présente, visage diabolique: "Je suis une leucémie, un cancer qui envahit votre sang et je ne fais que pousser, proliférer, prospérer". "Sauf que lui, le thésard cherche à me détruire", en allant "fouiller dans mon intimité cellulaire, pour découvrir mes failles et mes faiblesses".

Et le candidat de se redresser, faisant front à la maladie, avec son CRISPR (prononcer Crispère), un "ciseau génétique" hyper précis qui coupe l'ADN et va permettre de cibler un gène, le découper et étudier sa fonction face à la résistance au traitement anti-leucémique.

- Sciences mais aussi littérature -

Christelle Kouakam, de l'Université de Picardie, n'y est pas allée par quatre chemins, tandis que s'égrènent devant elle, sur un écran, les secondes : "le caca, plus il y en a, plus je me réjouis", lance-t-elle.

Mais pas n'importe lequel: celui des bébés, qui lui permet de mesurer +L'impact de l'exposition prénatale aux pesticides sur les fonctions neurophysiologiques du nouveau-né prématuré+.Santé, environnement, géophysique, "désportivation" des adolescents, gaspillage alimentaire, prolifération des algues vertes... mais aussi littérature, avec la plongée de Camylla Lima de Medeiros (Aix-Marseille Université) dans les récits d'exil, ceux de Marguerite Duras, de l'Argentine Alejandra Pizarnik et de la Brésilienne Clarice Lispector. "Car la littérature accueille la complexité et les tensions des expériences humaines", dit avec gravité la jeune femme, avec la pointe d'accent de son Brésil natal.

Pour le vainqueur de la soirée, le défi des 180 secondes n'est pas terminé: le premier prix du jury lui donne droit à participer à la grande finale internationale, en septembre à Lausanne.

Et c'est finalement, après délibération des cinq membres du jury, Philippe Le Bouteiller et son récit sur la propagation des ondes sismiques qui se voit remettre le premier prix et le prix du public de ce concours organisé par la Conférence des présidents d'université et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), dont c'était mercredi la 5è édition.

"Figurez-vous qu'avec les cartes (des trajets des ondes), les scientifiques sont capables de mieux comprendre les risques naturels majeurs liés aux séismes ou aux volcans", ou "d'anticiper la disparition des ressources naturelles stratégiques, telles que le pétrole ou les métaux précieux", a-t-il fait valoir sur scène.

"Il faudrait penser à préserver notre chère planète, car si vous voulez mon avis, on y habite encore pour un bon bout de temps", avait-il conclu sous les applaudissements.

© 2018 AFP